Accueil > Alain Marty : la plupart des jobs de haut niveau se trouvent par relation

Alain Marty : la plupart des jobs de haut niveau se trouvent par relation

Entreprendre.fr

Dirigeant d’entreprise, homme de médias, Alain Marty signe la 6e édition de son ouvrage « Réseaux d’influence ». Président-fondateur du Wine & Business Club et du Club Entreprise & Rugby, il est également membre de plusieurs cercles prestigieux. Ce bouillonnant et charismatique catalan qui a réussi brillamment à Paris est certainement l’un des experts les mieux placés pour parler de l’influence des réseaux sur une carrière.

Entreprendre : Dans votre parcours personnel, avez-vous toujours su utiliser les réseaux pour avancer ?  

 

Alain Marty : Oui, cela a toujours été une évidence pour moi, et cela même avant de sortir diplômé de mon école de commerce (IPAG). A l’âge de 20 ans, dans ma première entreprise d’exportation de produits de luxe, j’ai su utiliser les réseaux et notamment à l’époque ceux de Pierre Cardin avec qui je suis toujours en contact aujourd’hui.  

 

Entreprendre : Pourtant, il y a 27 ans, en France, les réseaux n’étaient pas encore à la mode et pas aussi nombreux qu’aujourd’hui…  

 

Alain Marty : C’est vrai, mais j’ai toujours eu un tempérament et une façon de fonctionner à l’anglo-saxonne où le phénomène des réseaux était déjà bien en place. La France a toujours eu du retard en la matière qu’elle essaye heureusement, peu à peu, de rattraper. Les mentalités évoluent et le networking gagne aujourd’hui du terrain. La crise économique y est également pour beaucoup. On sait aujourd’hui que pour s’en sortir, il faut démultiplier ses contacts et son relationnel.   

 

à lire aussi

 

Entreprendre : Quelle est l’importance des réseaux - et leur impact - sur une carrière professionnelle ?  

 

Alain Marty : 80% des jobs de haut niveau se trouvent par relation, je parle des dirigeants, managers et cadres supérieurs. Et c’est encore plus vrai avec l’effet « crise ». D’où l’intérêt pour chacun d’entretenir en permanence ses réseaux, et bien entendu quand on est en poste dans une entreprise. Il ne faut surtout pas attendre de perdre son job pour s’y mettre ! Il faudrait dans l’absolu utiliser au moins 5% de son temps à travailler son capital relationnel. C’est vrai que c’est difficile quand on est à de hautes fonctions, que l’on a une famille et d’autres obligations, mais il faut s’y astreindre, car c’est utile tout au long de son cursus. Il ne faut surtout pas voir les réseaux uniquement comme un sésame pour trouver du boulot, ce doit être un enrichissement intellectuel, une ouverture aux autres et sur le monde, une source d’informations, une méthode de veille et un moyen de se faire plaisir.  

 

Entreprendre : A combien de réseaux, cercles et/ou clubs, conseillez-vous d’adhérer en moyenne ?   

 

Alain Marty :  Il n’y a pas de règle en la matière et chacun doit faire comme il l’entend, en fonction de ses possibilités et de son emploi du temps, mais je conseille en général d’en avoir au moins trois, ce qui est déjà bien, mais dans des univers différents, afin de démultiplier ainsi son relationnel. Premièrement, il faut faire partie et entretenir le réseau des anciens de son école de commerce ou de tout autre cursus d’études supérieures (ENA, ENM, Sciences Pô, écoles d’ingénieurs, de communication, de journalisme, etc.). Deuxièmement, il faut adhérer à un réseau « art de vivre » : un club autour du vin, du golf, du rugby, du football, des amateurs de cigares… bref un univers proche de ses hobbies. Troisièmement, il faut si possible s’inscrire à un Club de réflexion - comme l’Institut Montaigne  -, pour faire travailler ses méninges, faire valoir ses idées ou militer pour une cause qui nous intéresse ou nous passionne.  

 

Entreprendre : Et les clubs économiques ?   

 

Alain Marty : Bien entendu ! C’est une évidence si l’on est dirigeant ou créateur d’entreprise. Il en existe de très nombreux et de très sérieux : du Medef  et de la CGPME  à l’APM , en passant par le CJD , les DCF, Croissance Plus  ou d’autres. En fonction de sa zone, si l’on habite à Paris-RP ou en province, certains seront plus utiles, plus dynamiques ou plus efficaces que d’autres. Il faut donc se renseigner à l’avance, aller voir par soi-même et ensuite choisir.

 

Entreprendre : Faut-il aller encore plus loin dans la démarche en entrant dans les bureaux des instances dirigeantes de ces clubs ?   

 

Alain Marty : Tout dépend du temps que l’on a devant soi et que l’on pourra y consacrer, car ces activités sont très chronophages et généralement bénévoles. De nombreux dirigeants s’engagent dans cette voie pour en procurer un intérêt médiatique qui est souvent bien réel. En effet, les médias (télé, radio, presse écrite) sollicitent très régulièrement les présidents des associations et réseaux économiques pour les faire réagir sur l’actualité. Cela peut donc être aussi un bon moyen pour se faire connaître.  

 

Entreprendre : Les femmes s’engagent-elles plus qu’avant dans les réseaux et dans quelle proportion ?   

 

Alain Marty : Il y a toujours environ 80% d’hommes pour seulement 20% de femmes. Ceci étant dit, ça bouge en ce moment et de nombreux clubs sont même à 100% féminins, comme les Femmes Chefs d’entreprises (FCE), Financi’elles  (dans le secteur bancaire et financier) ou les Femmes Business Angels  qui se regroupent pour investir ensemble dans des start-ups d’avenir. Il y a encore 5 ans, certains de ces réseaux n’existaient pas, donc tout cela va dans le bon sens. Ceci étant dit, il ne faut surtout pas faire de féminisme dans ce domaine et je crois pour ma part plus que jamais à l’intérêt des clubs mixtes qui correspondent bien mieux au monde d’aujourd’hui et de demain. Car il existe encore des réseaux qui n’admettent pas les femmes.  

 

Entreprendre : La Franc-Maçonnerie est-elle à part ou doiton la considérer comme les autres ?   

 

Alain Marty : Il faut démystifier complètement la question aujourd’hui. Nous ne sommes plus sous la IVe  République et tout cela a bien évolué ! Oui, la Franc-Maçonnerie, c’est un réseau comme les autres. En fait, c’est devenu une grande tribu de 150 000 personnes environ en France qui se réunissent et réfléchissent ensemble.  

 

Entreprendre : Que dire et conseiller à celles et ceux qui aimeraient créer à leur tour un nouveau club, cercle ou réseau en France ?   

 

Alain Marty : Que cela relève du marathon et de la course de fond ! Il faut prioritairement avoir une bonne idée qui n’existe pas déjà sur son territoire, trouver les membres fondateurs bénévoles qui pourront y consacrer du temps, des compétences et de l’énergie et mettre en place une véritable méthodologie, à commencer par acheter mon livre sur le sujet ! (rires ) Je leur conseille de faire une petite étude de marché et de réfléchir en amont à l’organisation (publics ciblés, coût de l’adhésion, thématiques, fréquence des rencontres, outils de communication, état de la concurrence, etc.). C’est en répondant ensemble à ces questions de base qu’ils pourront avoir un véritable avis sur la faisabilité du projet et aller ensuite à la rencontre de leur réseau pour leur exposer l’idée.  

 

Entreprendre : Peuvent-ils s’adresser à vous pour avoir encore plus de conseils ? 

 

Alain Marty : Oui, si cela peut les aider, par mail : alainmarty@ winebusinessclub.fr . Je leur répondrai avec plaisir !

NOTRE KIOSQUE
En ce moment
A lire aussi
RECEVEZ
NOS DERNIERS
ARTICLES EN DIRECT
REJOIGNEZ LA COMMUNAUTE DES ENTREPRENEURS :