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Alimentation : la grande arnaque de la contrefaçon

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À l’approche des fêtes, les contrefaçons de produits alimentaires se multiplient. Un foie gras du Sud-Ouest fabriqué en Hongrie, un caviar à base d’algues ou un mousseux qui se fait passer pour un champagne...

Des petits malins profitent de l’effervescence des fêtes et de la générosité des consommateurs pendant cette période pour s’en mettre plein les poches ! Si la DGCCRF veille, les fraudeurs jouent sur les mots, trichent sur les étiquetages ou remplacent tout bonnement un mets de luxe par un produit bas de gamme.

 

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Les prix trop bas doivent vous mettre la puce à l’oreille, et la lecture minutieuse des emballages peut vous éviter de vous faire rouler.

Coquilles Saint-Jacques à l’eau
Ces coquillages, à ne pas confondre avec les pétoncles plus petits, sont particulièrement appréciés pour les repas de fête. Relativement grandes, avec une valve bombée et une valve plate, striée, de couleur blanche et ocre, avec un corail bicolore, elles proviennent des côtes bretonnes ou normandes.

 

Mais, on trouve désormais sur les étals des «noix de Saint-Jacques françaises» (pecten maximus), des «noix de Saint-Jacques du Canada» (platopecten magellanicus), des «noix de Saint-Jacques du Chili» (argopecten purpuratus) ou des «noix de Saint-Jacques de Chine» (clamys farreri). Heureusement, la dénomination, le nom scientifique (ou nom latin), le mode de production (capture ou élevage), la zone de capture ou le pays d’élevage et le nom du pays d’origine sont obligatoires.

 

La provenance du produit a toute son importance quand on sait que le trempage des noix dans un bain d’eau pour leur faire gagner du poids est interdit en France, mais n’est pas sanctionné pour les noix provenant du Royaume-Uni, d’Écosse ou des États-Unis. Il arrive que soient vendues des préparations à base de noix de Saint-Jacques qui peuvent facilement être confondues avec les noix de Saint-Jacques non préparées.

 

Dans ce cas, la dénomination de vente doit indiquer clairement le traitement subi par la noix, il s’agit le plus souvent de «préparation de noix de Saint-Jacques avec eau ajoutée». Dans la liste des ingrédients, on trouve l’indication du pourcentage d’eau ajoutée, ainsi que la liste des additifs utilisés, généralement les polyphosphates et de l’acide citrique.

Foie gras sans foie
Morceau, bloc, parfait, lobe, mousse… que trouve-t-on vraiment dans le foie gras que l’on achète pour les fêtes ? Le décret n°1993- 999 du 9 août 1993 relatif aux préparations à base de foie gras fixe la réglementation en la matière.

 

En effet, le foie gras doit provenir exclusivement d’oies (mâles ou femelles) ou de canards (mâles uniquement) et les dénominations sont très strictes.

- «Foie gras entier» : préparations composées d’un foie gras entier ou d’un ou plusieurs lobes de foie gras et d’un assaisonnement.

- «Foie gras» : préparations composées de morceaux de lobes de foie gras agglomérés et d’un assaisonnement.

- «Bloc de foie gras» : préparations composées de foie gras reconstitué et d’un assaisonnement. La reconstitution, qui s’effectue par des procédés mécaniques (ou cutterage), consiste à émulsionner un mélange de foie gras et d’eau. Les quantités d’eau ajoutées directement et indirectement (par l’assaisonnement) ne peuvent excéder 10% de la quantité finale de préparation.

 

Lorsque le bloc contient des morceaux de foie gras, ces derniers doivent représenter au moins 30% du poids du produit ; le «bloc avec morceaux» constitue le haut de gamme du «bloc de foie gras». Par ailleurs, toutes les préparations dans lesquelles sont incorporées d’autres matières premières que le foie gras n’ont pas le droit de porter ce nom.

 

Ainsi, on trouve des «Parfaits de foie d’oie ou de canard» (contenant au moins 75% de foie gras auxquels sont ajoutés du foie maigre d’oie ou de canard et un assaisonnement), ou des «Galantines de foie d’oie ou de canard» (préparations contenant au moins 50% de foie gras ou de bloc de foie gras mélangés à une farce et un assaisonnement) ou encore des «Mousses de foie d’oie ou de canard» (préparations contenant au moins 50% de foie gras mélangés à une farce et un assaisonnement).

 

Enfin, sachez que la plupart des foies gras d’oie vendus en France proviennent de Hongrie. On pense pourtant souvent qu’il s’agit d’un produit du terroir et ignore cette origine étrangère. Gare aux étiquettes qui mettent en avant l’origine des matières premières «made in France» et pas sa production.

Huîtres «expédiées» d’Oléron
En France, les huîtres proviennent de 7 régions ou villes : Normandiemer du Nord, Bretagne Nord, Bretagne Sud, Région Centre- Ouest, Marennes-Oléron, Arcachon- Aquitaine, Méditerranée. Mais attention, elles sont parfois seulement expédiées depuis ces lieux. Il faut bien regarder les étiquettes.

 

Elles comportent le nom du producteur, la date de conditionnement, l’origine nationale de l’huître, son mode de production et la mention : «Ces coquillages doivent être vivants au moment de l’achat».

 

Certaines huîtres sont également importées de pays d’Europe. Dans ce cas, leur étiquetage doit comporter le pays d’élevage sous la forme «huîtres élevées en Irlande», par exemple. Des mentions d’origine plus précises peuvent être indiquées, comme, «huîtres élevées en France, affinées en Vendée». Une IGP (Indication géographique protégée, signe officiel européen) pour les huîtres affinées à Marennes- Oléron a été adoptée en 2006.

Utilisation abusive de l’appellation «caviar»
- Le terme «caviar», au sens propre, employé seul, est réservé aux oeufs d’esturgeons salés. Depuis 2006, la dénomination «caviar de polyodon » est toutefois autorisée pour la commercialisation des oeufs de poisson de la famille des polyodontidés ou «poissons spatules».

- La dénomination «caviar d’aubergine », utilisée dans le domaine culinaire, désigne un hors-d’oeuvre traditionnel de la cuisine méditerranéenne, obtenu en mélangeant de la pulpe d’aubergine avec du jus de pamplemousse ou de citron, du sel, de l’ail, du paprika, de la coriandre et de l’huile.

- L’appellation «caviar rouge» est employée abusivement pour désigner des oeufs de saumon. De même, le terme «caviar d’escargot» est abusivement utilisé pour des oeufs d’escargot. Se développent depuis quelques années des préparations à base d’algues ou de chair de poisson, d’eau, de gélifiants, d’arômes et de colorants, imitant l’aspect du caviar, vendues parfois sous des appellations ou des marques rappelant le terme caviar.

 

Bien que le prix soit un bon indice de la nature du produit, vous devez rester vigilant et bien lire les étiquettes. Ces dernières années, la DGCCRF a relevé des infractions dans la présentation de certains produits, notamment dans les publicités sur Internet : caviar d’élevage présenté comme sauvage, «caviar de polyodon » présenté comme du caviar, espèces hybrides mal ou pas indiquées, dénominations d’espèce fantaisistes. Méfiez-vous donc des sites qui vous paraissent suspects.

Trafic de faux champagne
Attention, la période des fêtes est propice à la vente de ce que la DGCCRF appelle du «faux champagne ».

 

Il s’agit en réalité de bouteilles de vin mousseux – Vouvray, Blanquette de Limoux… – dont l’étiquette a été enlevée et qui est revendu, selon les cas, sans aucune étiquette ou avec une fausse étiquette. Les bouteilles sont revendues entre 8 et 12 €, alors qu’il s’agit en fait de mousseux achetés 2 ou 3 € !

 

Alors comment ne pas se faire avoir par les fraudeurs ? La première précaution consiste à s’interroger dès lors que le prix proposé est très bas. Vous avez ensuite plusieurs possibilités de vérification. Le bouchon d’abord : la capsule fiscale doit être verte.

 

Et doit y figurer un numéro commençant par les 2 chiffres des départements producteurs : 51, 02 et 10. S’il commence par 37, c’est un vin de Loire… Attention, certains petits malins effacent ces chiffres. Autre moyen de contrôle : sur le bouchon de liège doit être écrit «champagne», mais ceci implique d’ouvrir la bouteille. Dans le doute, achetez d’abord à l’unité pour vérifier. Dans 99% des cas de fraude, ce n’est pas marqué.

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