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Antoine Baschiera (Early Metrics) : “Les investisseurs sont moins sensibles à "l'effet waouh'”

Entreprendre.fr

Cofondateur de l'agence de notation de start-up Early Metrics, Antoine Baschiera porte un regard aiguisé sur le marché du private equity.

Le financement en private equity se porte-t-il bien en France ?

Antoine Baschiera : En effet, après une année record en 2015, la première moitié de 2016 confirme la tendance, avec des montants en hausse sensible. Mais on constate également un durcissement des règles. Les investisseurs sont plus rationnels et attentifs aux fondamentaux. Sur un plan structurel, il y a beaucoup d'argent en amorçage, mais il existe un trou pour les entreprises matures, qui réalisent un CA entre 1M€ et 5M€ et qui sont les vraies créatrices de valeur. Heureusement, celles-ci devraient pouvoir trouver un financement en crowdfunding, avec le relèvement du plafond de 1M€ à 2,5M€.

 

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Quels sont les secteurs qui intéressent plus particulièrement les investisseurs ?

AB : La faillite de Take Eat Easy a été révélatrice des faiblesses de l'économie collaborative, qui avait le vent en poupe. Les investisseurs sont moins sensibles à « l'effet Waouh ! » et aux phénomènes de mode. On constate une focalisation sur la technologie. Si les fintechs font le buzz, celles qui ont les faveurs des fonds sont celles qui ciblent le back office.

 

Les solutions d'optimisation du fonctionnement des grands groupes sont un secteur porteur, pas très sexy mais avec un vrai potentiel. Dans les grandes tendances, on peut citer le traitement des données et tout ce qui tourne autour de l'individualisation et de la personnalisation des contenus.

 

Vous avez un bureau à Londres. Quelle est la différence entre les écosystèmes de financement en France et au Royaume-Uni ?

AB : Les Britanniques ont une ventilation beaucoup plus large du financement, du démarrage jusqu'à des tickets de plusieurs dizaines de millions d'euros. En revanche, il y a une conséquence de la politique fiscale très incitative en early stage, qui peut atteindre 80%, ce qui réduit pratiquement le risque à zéro. Résultat, tous les projets trouvent assez aisément à se financer, même ceux dont le modèle économique n'est pas forcément pertinent.

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