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Carlos Tavares, président de Peugeot : "ma vision du management"

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Avec près de 200 000 salariés répartis dans le monde entier, le groupe Peugeot Citren est une entreprise à part. Comment manage-t-on une telle structure ? Rencontre avec  Carlos Tavares, Président  de PSA Peugeot Citroën.

Quelle est votre philosophie en termes da management ? Quel manager êtes-vous ?

 

Il serait préférable de poser la question à mes collaborateurs. J’essaye de manager afin de faire converger trois axes différents.

Le premier  axe est celui du produit et de la passion automobile qui m’anime depuis plusieurs décennies, celui de la passion du sportif qui essaye d’apporter aux  consommateurs des produits émotionnels qui donnent envie de les acheter.

Cela passe par l’émotion et ne dépend pas uniquement d’un volume de coffre, d’une habitabilité avec un rayon au genou ou de l’ergonomie d’un poste de conduite. Il faut tout cela mais avec en plus une dimension émotionnelle qui fait que les clients ont envie d’acheter cette voiture et non une autre.

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Le deuxième axe est celui de grands axes économiques d’entreprises de la taille de PSA Citroën pour ne pas dire d’axes financiers, le terme étant grossier. Il s’agit d’équilibres assez instables entre les montants des investissements d’un côté, les recettes attendues des produits de l’autre et les pentes de progrès de productivité, autant d’éléments devant être mis dans un certain ordre et compris afin que l’équilibre soit maintenu. Les grands équilibres passent par notre capacité à générer du cash flow positif récurent et à mettre notre point mort de marge opérationnelle significativement en dessous des facturations réelles.

Quand on pilote ces deux éléments, on protège l’entreprise et on la prépare pour l’avenir. La gestion de ces grands équilibres économiques est très intéressante car très compliquée, la complexité rendant précisément le sujet digne d’intérêt. J’ai la chance d’être entouré de gens qui m’aident dans la compréhension de ces phénomènes.  

Le troisième axe est celui de la dimension purement sportive, le rôle du capitaine étant d’entraîner une équipe vers la victoire.

Je souhaite me positionner à la convergence de ces trois  axes. Il ne m’appartient pas de dire si j’y arrive ou non, mais c’est là que je pense pouvoir apporter quelque chose à l’entreprise.

 

Y a-t-il une personne que vous admirez en termes de management, de philosophie ?

 

Je travaille dans l’industrie automobile depuis 33 ans. J’ai toujours eu le privilège d’avoir des patrons qui m’ont fait progresser, j’ai pu apprendre d’eux, du premier au dernier. En 1981, mon premier patron m’avait dit : « Je suis plus ingénieux qu’ingénieur ». Depuis, cette notion de frugalité m’habite.

Mes modèles, ce sont tous mes patrons mais aussi mon professeur de maths et de physique que j’avais au lycée à Toulouse. Il m’a inculqué le sens du travail et de la persévérance. Je me suis forgé un caractère me permettant de surmonter et dépasser les difficultés. La manière dont on se relève après un échec est au moins aussi importante que la qualité des résultats que l’on obtient.

 

Quelle place occupe les Ressources Humaines dans le dispositif du groupe ?

 

Chez PSA, nous appelons cela  le « talent management », soit la gestion du talent, ce paradigme tient une place très importante dans l’entreprise. Lorsqu’un employé a du talent, on peut le positionner dans des conditions optimales pour augmenter l’efficience de son travail. Le management des ressources humaines conditionne la progression de l’entreprise.

 

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