60.000 entreprises sont mises en vente chaque année alors que seulement la moitié d’entre elles trouvent preneur ! Un marché qui séduit de plus en plus de cadres…
«Le marché est très dynamique et le sera plus encore dans les années à venir, les cédants étant de plus en plus nombreux. Ce sont pour le moment des ‘’papy-boomers’’ mais d’autres opportunités de reprise sont créées par des cédants plus jeunes qui veulent se lancer dans un nouveau projet. Ce marché se développe et sera sans nul doute un enjeu majeur dans les prochaines années» confie Dominique Lemaire, directeur de l’école de commerce l’IFAG, qui propose un cursus de reprise.
Une formation qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux étudiants munis d’un BAC+3. Pour attester de cette tendance, la BPCE (2ème groupe bancaire français) recense 75.000 transmissions par an.
Le phénomène séduit d’autant plus par son espérance de vie : en effet, les entreprises récemment cédées enregistrent un taux de survie bien supérieur aux créations, 60% à 5 ans contre 50%. Aujourd’hui, en France, 185.000 entreprises sont susceptibles d’être cédées. Pour 30% d’entre elles, elles seront reprises par la famille ou le personnel, 25% disparaîtront (faillite, absorption, fusion) et 45% seront rachetées par un repreneur.
Un profil type ?
L’âge moyen des repreneurs est de 41 ans pour les TPE selon la dernière estimation de Bpifrance, 48 ans pour les PME. «La reprise est plus appropriée aux cadres expérimentés», confirme Dominique Lemaire. Un tiers d’entre eux seraient ingénieurs. «La reprise est un excellent moyen de devenir enfin son propre patron après des années de salariat». Ainsi, 50% des repreneurs ont repris au sein même de leur département.
En moyenne, il leur faut de 6 à 24 mois pour ficeler la reprise, notamment les négociations avec le cédant. Du côté des financements, 64% des repreneurs disposent d’un apport personnel compris entre 100.000 € et 500.000 €, et 12% entre 500.000 € à 1 M€.
«La crise associée aux phénomènes de concentration des organisations et à l’internationalisation des marchés ont généré des ruptures de contrats de travail, notamment des ruptures conventionnelles qui permettent aux cadres de percevoir une rémunération tout en se consacrant à leur projet de reprise».
Des défis majeurs
Pour reprendre une entreprise, encore faut-il d’abord «s’entendre avec le cédant. Et pas uniquement sur le prix mais également sur une passation programmée et acceptée de tous : du cédant et des salariés», indique Dominique Lemaire. Mais ce n’est pas tout. Dans la majorité des cas, les cadres repreneurs ont une vision stratégique de l’entreprise à reprendre.
La raison ? Il se posent les bonnes questions : «Quels sont les facteurs clés de succès ? Quels sont les domaines d’activité stratégiques ? Comment va évoluer le marché dans les 5 à 10 ans ? Quelles sont les perspectives de développement pour l’entreprise ?». Reste ensuite une difficulté, celle de convaincre les fournisseurs et clients. «Parfois l’activité d’une entreprise repose fortement sur la personnalité de son dirigeant».
À ceux qui hésitent encore à sauter le pas, Dominique Lemaire confirme qu’il «ne faut pas hésiter à entrer directement en contact avec les dirigeants des entreprises visées. Un cédant dit rarement qu’il souhaite vendre. Lui faire part de votre intérêt ne le laissera pas de marbre… à condition de bien connaître le marché en s’appuyant sur des études sectorielles permettant également de comparer les différents ratios de performance». Certains ont franchi le pas avec succès… pourquoi pas vous ?
Source CRA Cédants & Repreneurs d’Affaires 2016/2017.