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Cinéma : les producteurs au secours de l'exception française

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Le 7ème art, fleuron de l’exception culturelle française, rayonne toujours et encore, notamment grâce à une production cinématographique portée par une nouvelle génération très ambitieuse.

Avec 250 films français produits par an, la production française est «un marché globalement assez dynamique», indique Benoît Danard, directeur des études au CNC (Centre national du cinéma), qui note néanmoins «un léger recul en 2014, où la valeur de la production a représenté environ 1 Md€, mais une reprise au 1er semestre 2015 avec une valeur autour des 550 M€».

 

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Il faut dire qu’en 2014, les investisseurs étrangers se sont fait plus rares. «Dans un contexte économique difficile, les producteurs ont plus de mal à mobiliser des partenaires. En outre, les distributeurs, qui pré-financent les films, ont pris moins de risques en 2014, en raison d’une année 2013 pas très bonne, donc moins d’argent à investir».

 

Deux facteurs qui ont joué sur la baisse du montant investi dans la production. De même, le devis moyen par film est également en baisse, «autour de 4 M€, contre 5 M€ en 2013. Mais il devrait également remonter», insiste le spécialiste.

 

Cinéma : la spécificité de la production française ?

«Elle est ouverte sur la coproduction étrangère. Ainsi, en 2014, environ 40% des films français ont été coproduits, avec 34 pays différents». Dans ce marché en léger recul, le producteur, dont le rôle est de rechercher des préfinancements et des partenaires afin de limiter sa prise de risque, porte en moyenne le financement d’un film à hauteur de 30%.

 

«Le rôle du producteur n’est pas d’apporter des fonds propres mais de chercher des partenaires, insiste Benoît Danard, auxquels il doit vendre les droits d’exploitation futurs du film. En clair, on lui fait crédit. À lui de rembourser après la sortie». Ainsi, le producteur commence à gagner de l’argent après avoir remboursé ses partenaires.

 

Ce qui n’empêche pas, ces dernières années, de jeunes producteurs, comme Thomas Langmann ou Dimitri Rassam, de faire exploser les compteurs. Une nouvelle génération ambitieuse qui truste le marché.

 

Diversification et vision internationales

«Cette nouvelle génération n’est pas plus argentée que les autres, elle ne possède pas plus de fonds propres. Ces “jeunes” producteurs sont dans le milieu depuis longtemps... mais pas nécessairement en tant que producteurs : ils ont travaillé pour des SOFICA [Sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel, NDLR], des groupes de production, chez des distributeurs... et se mettent à leur compte pour porter leurs projets».

 

Ce qui les différencie ? Leur expérience dans le secteur. «Tous connaissent parfaitement les mécanismes de financement du cinéma et leur complexité. Tous sont des professionnels aguerris», témoigne Benoît Danard. Le spécialiste note d’ailleurs que bon nombre d’entre eux s’associent sur la production d’un film : «C’est la coproduction déléguée». La raison semble évidente : «Trouver de l’argent est plus compliqué qu’il y a 10 ans», avoue simplement le directeur des études du CNC.

 

«C’est pourquoi, beaucoup évoluent désormais aussi dans la production télévisée, deux mondes qui ne se parlaient pas jusqu’à présent. Mais aujourd’hui, l’activité télévisée est régulière, permettant ainsi d’étendre son savoir-faire et de pérenniser son activité de producteur». Enfin, mondialisation oblige, cette nouvelle génération se tourne davantage vers l’international.

 

«Les sources de financement se sont diversifiées et les producteurs ouverts aux systèmes étrangers, donnant désormais plus facilement des mandats aux exportateurs. D’ailleurs, ce qui s’exporte ne fait pas forcément partie du box-office, beaucoup de films affichent de vraies ambitions cinématographiques», s’enthousiasme-t-il. De quoi trouver quelques avantages à l’exception culturelle française.

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