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Comment Trump a fait entrer Wall Street au coeur de la Maison Blanche

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Durant sa campagne électorale qui le mena à la victoire le 8 novembre 2016, le candidat Donald Trump s’était autoproclamé comme le représentant de l’Amérique des travailleurs, éloigné des compromissions avec « l’establishment de Washington, avec la finance ou les lobbies… ». Or, le nouveau président des Etats-Unis semble faire tout le contraire...

Lors d’un de ses discours au mois d’octobre 2016, le nouveau Président des Etats-Unis harangua la foule, réunie à Dallas, par un tonitruant : « Les gars des fonds spéculatifs s’en sont bien tirés durant la crise ! »

 

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Mais comme l’explique Stéphane Lauer, correspondant du quotidien « Le Monde » outre-Atlantique, « depuis l’élection de Donald Trump, il semble que « ces gars-là » aient à nouveau le vent en poupe. En témoigne l’aéropage de conseillers qui constituent l’équipe du Président élu et diont certains forment l’ossature du gouvernement. »

 

STEVE MINUCHIN, un pro de la spéculation au Trésor

Symbole de cette pénétration du pouvoir exécutif par les businessmen de Wall Street : Steve Mnuchin. Le nouveau Secrétaire au Trésor a effectué toute sa carrière professionnelle au cœur du temple financier de New York. Après dix-sept ans de bons et loyaux services dans la banque Goldman Sachs, où son père figurait comme associé, ce diplômé de la prestigieuse université de Yale a bifurqué vers le secteur des fonds spéculatifs avant de créer son groupe, Dune Capital.

 

L’un des principaux deals de Steve Mnuchin a consisté à conseiller de grands investisseurs comme George Soros pour acquérir en 2009 la société IndyMac une caisse d’épargne spécialisée dans les prêts hypothécaires à risques qui avait fait faillite en raison de la crise des subprimes.

 

Placée d’abord sous le contrôle du Federal Deposit Insurance Corporation, l’agence fédérale qui garantit les dépôts bancaires aux USA, IndyMac a été ensuite rachetée et rebaptisée OneWest Bank par Steve Mnuchin et ses partenaires moyennant 1,5 milliard de dollars. Devenue leader des saisies sur le segment des personnes âgées, OneWestBank a été revendue pour 3,4 milliards de dollars.

 

Après avoir expulsé de leurs maisons des dizaines de milliers d’Américains surendettés. L’agence de presse financière Bloomberg a accusé l’entreprise de Steve Mnuchin de « discrimination raciale ». Un autre « loup de Wall Street », nommé conseiller économique du Président Trump, s’était lui aussi illustré durant la crise des subprimes. Il s’agit de John Paulson, patron d’un important fonds spéculatifs qui avait engrangé des milliards de dollars lors du désastre immobilier de 2008 aux Etats-Unis.

 

De son côté, Wilbur Ross, surnommé « le roi de la faillite », est à 78 ans le nouveau Secrétaire au Commerce. Fondateur d’un fonds d’investissement dans les entreprises non côtées, The Will Ross and Co, Monsieur Ross s’est spécialisé dans le rachat à très bas prix de fabricants d’acier, de mines de charbon ou de sociétés de textiles qu’il revendra avec une grosse plus value non sans avoir procédé à des lourdes restructurations et des milliers de licenciements.

 

Wilbur Ross sera le maître d’œuvre de la politique des barrières douanières, promises par Donald Trump, et censée encourager le retour des emplois industriels aux USA. Pour justifier ces nominations, le Président Trump a finalement reconnu, dans un entretien à la chaîne CBS, « qu’il était difficile de trouver des gens pour travailler dans le gouvernement sans qu’ils aient des liens avec les lobbies ou la finance ». 

 

PAUL ATKINS, adversaire de la régulation financière

Considéré comme le « Monsieur Finance » du Président Trump, cet ancien membre de la Securities and Exchange Commission (SEC) a toujours été un adversaire de la régulation financière. Il condamne les amendes infligées aux entreprises, en estimant que ces sanctions punissent les actionnaires.

 

Conseiller de Donald Trump pour toutes les nominations à la Réserve fédérale (comme la Fed et la Banque centrale) et à la SEC, il va aussi superviser le démantèlement de la loi Dodd-Frank sur la régulation financière. Paul Atkins possède le cabinet Patomak Global Partners, qui apporte ses conseils aux institutions du monde de la finance au sujet des nouvelles normes qui régulent le secteur.

 

DAVID MALPASS a eu tout faux dans la crise des subprimes

Ancien conseiller du Président Reagan dans les années 1980, ce républicain pur jus a occupé pendant quinze ans la fonction d’économiste en chef de la banque d’affaires Bear Stearns qui fit faillite au mois de mars 2008. Il chapeaute toutes les questions économiques dans le cabinet de Donald Trump.

 

Dans une tribune publiée par « The Wall Street Journal » en août 2007, David Malpass avait écrit : « Les marchés immobiliers et de la dette ne sont pas une si grosse part de l’économie américaine et de la création d’emplois. L’économie est robuste et va croître solidement dans les prochains mois et peut-être dans les prochaines années… » Quelques mois plus tard, la crise des subprimes éclatait aux USA.

 

MICHAEL CATANZARO, lobbyste du ptérole

Lobbyiste pour les entreprises parapétrolières comme Halliburon et Koch Industries, cet important bailleur de fonds du Parti Républicain est le conseiller de la Maison Blanche pour l’énergie.

 

D’autres pros du lobbying comme Jeff Eisenach (consultant pour Verizon, le plus grand opérateur de télécommunications) ou Michael Torrey, dirigeant de l’American Beverage Association (le lobby des fabricants de boissons) vont travailler sur des secteurs qu’ils connaissent bien : la réforme de la Federal Communication Commission pour le premier et les questions agricoles pour le second.

 

 

 

 

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