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Créer dans l'artisanat : bonne ou mauvaise idée ?

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L’artisanat rassemble déjà en France 1 028 340 entreprises et affiche un chiffre d'affaires de 300 milliards d'euros environ. Au cours de ces cinq dernières années, un créateur d’entreprise sur quatre était un artisan. Rejoindre la "première entreprise de France" est-elle une vraie bonne idée pour créer sa boîte en 2015 ? Notre enquête.

 

La vitalité des entreprises artisanales résulte largement de leur sens de l’innovation et de leur faculté d’adaptation, deux  qualités qui leur permettent d’accéder à de nouveaux marchés et de s’adapter aux nouveaux comportements des consommateurs.

 

Franchir le pas de la création

En période de crise économique et de recul de l’emploi salarié, les Français sont très nombreux à envisager de créer leur activité. Salariés désireux d’exercer un métier passion, chômeurs créateurs de leur emploi, jeunes diplômés de filières générales, ce sont ces nouveaux  profils qui rejoignent l’artisanat aux côtés des profils traditionnels.

 

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Pour autant, il est difficile de franchir le pas de la création. C’est  pourquoi les Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA), qui constituent le premier réseau d’accompagnement des créateurs, ont renforcé leurs solutions d’accompagnement. Le taux de pérennité à trois ans des  entreprises accompagnées par les CMA est de 76 %.

 

La création et la transmission des entreprises artisanales  constituent le cœur de métier du réseau des CMA et leur expertise est très largement reconnue. L’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA) et les CMA sont particulièrement attentives à ces questions et développent de nombreux  dispositifs de soutien aux chefs d’entreprise concernés.

 

Etre accompagné, un gage de pérennité

 Premier réseau d’appui aux entreprises artisanales, les chambres de métiers et de l’artisanat sont les partenaires incontournables des entreprises artisanales et ont pour objectif leur développement, leur compétitivité et leur pérennité : elles développent une offre de  services adaptée aux besoins spécifiques de chaque type de publics.

 

Cette offre couvre toutes les étapes de la vie de l’entreprise, de la création/reprise à la transmission, en passant par toutes les phases de développement, ainsi que par la formation de ses actifs. Les CMA constituent le premier réseau d’accompagnement des créateurs.

 

> Chaque candidat à la création d’entreprise peut  rencontrer un agent économique de la CMA et être  reçu individuellement pour évaluer les forces et faiblesses de son projet.

 

> Le futur artisan suit un stage préalable à la création  d’entreprise au cours duquel sont abordés tous les domaines tels que l’étude de marché, le choix du statut juridique  de l’entreprise, la gestion des ressources humaines et  la comptabilité (47 100 stages en 2012).

 

> Après la création, le nouveau chef d’entreprise  peut bénéficier de prestations complémentaires  d’accompagnement organisées avec des partenaires comme  les avocats, experts-comptables, banquiers, assureurs,  organismes sociaux.

 

Les chiffres clés de l'artisanat en France

- Plus de 4 800 annonces d’entreprises à céder sur le site de la bourse nationale d’opportunités artisanales (BNOA)

- 154 000 porteurs de projet accueillis en CMA

- 75 200 montages de projet

- 100 716 nouvelles entreprises artisanales classiques en 2011

- 50 000 entreprises visitées

- Les CMA ont formé plus de 56 000 stagiaires

- 47 100 en stages « courts » (inférieurs ou égal à 5 jours)

- 9 000 en stages « longs » (supérieurs à 5 jours)

- 16 000 entreprises ont bénéficié d’un suivi dans l’année suivant leur création

 

Comment devenir artisan ?

 

 > L'entreprise artisanale. Une entreprise artisanale est une entreprise qui exerce, à titre principal ou secondaire, une activité économique de production, de transformation, de réparation ou de prestations de services et dont l’effectif est inférieur ou égal à 10 salariés au moment de sa création. Elle doit en principe être inscrite au répertoire des métiers tenu par les chambres de métiers et de l’artisanat. Toutefois, pour les entreprises qui relèvent du régime micro-social et qui exercent une activité artisanale à titre complémentaire, cette immatriculation est facultative.

 

> La qualité d’artisan. La qualité d’artisan est attribuée de droit au chef d’entreprise :

- titulaire d’un CAP/BEP ou d’un diplôme équivalent dans le métier exercé,

- ou qui justifie d’une immatriculation au répertoire des métiers dans le métier d’une durée de 6 années.

 

Depuis le 1er septembre 2013, la qualité d’artisan est attribuée à tous les chefs d’entreprises du seul fait de leur immatriculation au répertoire des métiers. Ceux qui sont titulaires de la qualification professionnelle peuvent demander à bénéficier de la qualité «d’artisan qualifié ».

 

La qualité d’artisan d’art est attribuée au chef d’entreprise :

- qui exerce une activité relevant de l’artisanat d’art (liste fixée par arrêté),

- qui est titulaire d’un CAP, d’un titre équivalent ou qui justifie d’une immatriculation au répertoire des métiers dans le métier d’une durée de 6 années,

- et qui en fait la demande.

 

> Le titre de maître artisan. Le titre de maître artisan est attribué :

- au chef d’entreprise titulaire du brevet de maîtrise (BM) dans le métier exercé après deux ans de pratique professionnelle ;

- au chef d’entreprise titulaire d’un diplôme équivalent dans le métier exercé. Il doit alors justifier, auprès d’une commission régionale, de qualifications en gestion et en psychopédagogie équivalentes à celles des unités de valeurs correspondantes au brevet de maîtrise ;

- au chef d’entreprise immatriculé au répertoire des métiers depuis au moins 10 ans, justifiant d’un savoir-faire reconnu au titre de la promotion de l’artisanat ou de sa participation aux actions de formation.

 

Le titre de maître artisan en métier d’art peut également être attribué dans les mêmes conditions à ceux qui exercent un métier de l’artisanat d’art (liste fixée par arrêté) et qui en font la demande.

 

Attention : N’est pas artisan qui veut !

Seules les personnes immatriculées au répertoire des métiers, titulaires de la qualité d’artisan, d’artisan d’art, de maître artisan ou de maître artisan en métier d’art, peuvent utiliser le terme «artisan» ou ses dérivés pour l’appellation, l’enseigne, la promotion et la publicité de leur entreprise, de leurs produits ou de leurs prestations de services.
 

Votre projet de création d’entreprise artisanale

 Après avoir précisé votre projet de création, il convient de vérifier son réalisme, c’est‑à‑dire la cohérence entre votre personnalité, vos motivations, vos objectifs, votre savoir-faire, vos ressources et vos contraintes personnelles ; et les contraintes propres au produit, au marché et aux moyens qu’il faut mettre en place.Voici quelques points à aborder au cours de cette étape, notamment dans le cadre d’un projet d’entreprise artisanale.

 

Les activités règlementées

L’exercice de votre activité nécessite une qualification professionnelle dès lors que la santé ou la sécurité du client est en jeu (loi Raffarin du 5 juillet 1996). Pour ces professions, la qualification se justifie par :

- un diplôme professionnel (au minimum un CAP dans le métier),

- ou un titre équivalent,

-  ou une expérience professionnelle de 3 ans dans le métier (sauf pour la coiffure).

 

L’exercice du métier doit être effectué sous le contrôle d’une personne qualifiée. Ce peut être le chef d’entreprise, un salarié ou toute autre personne qui exerce un contrôle effectif et permanent sur l’activité de l’entreprise.

 

Sont notamment concernés :

-  le bâtiment,

-  le ramonage,

- l’entretien et les réparations de véhicules ou de machines,

-  la coiffure : pour ouvrir un salon de coiffure, un brevet de maîtrise ou un brevet professionnel est obligatoire,

-  les soins esthétiques à la personne autres que médicaux et para-médicaux et les modelages esthétiques de confort sans finalité médicale,

- la préparation ou la fabrication de produits alimentaires frais : boulanger, pâtissier, boucher, charcutier, poissonnier, glacier ;

- la réalisation de prothèses dentaires ;

-  l’activité de maréchal ferrant.

 

La qualification professionnelle est exigée pour toute personne exerçant une activité réglementée quel que soit le statut juridique ou les caractéristiques de l’entreprise, y compris si vous êtes dispensé d’immatriculation au répertoire des métiers. Les personnes qui exercent une telle activité doivent attester de leur qualification dans leur déclaration de création d’entreprise.

 

La validation des acquis de l’expérience (VAE)

La VAE permet à toute personne engagée dans la vie active de faire reconnaître officiellement ses compétences professionnelles par l’obtention d’un titre, d’un diplôme à finalité professionnelle ou d’un certificat de qualification. Pour déposer une candidature de certification par la VAE, deux conditions doivent être réunies :

- l’expérience professionnelle doit être en rapport direct avec le contenu du titre, du diplôme ou du certificat visé,

- la durée de cette expérience doit être de trois ans au moins.

 

Le stage de préparation à l’installation (SPI)

Les créateurs ou repreneurs d’entreprises artisanales doivent suivre un stage de préparation à l’installation (SPI) auprès d’une chambre de métiers et de l’artisanat. Ce stage obligatoire doit se faire avant votre immatriculation au répertoire des métiers (RM). D’une durée minimale de 30 heures (environ 1 semaine de formation), il aborde différents thèmes qui doivent permettre au chef d’entreprise de mieux appréhender les domaines comptables, fiscaux, financiers, etc.

 

Certaines personnes sont dispensées de suivre ce stage.
Il s’agit notamment des personnes bénéficiant du régime micro-social.
Renseignez-vous auprès de la chambre de métiers et de l’artisanat de votre département.
 

Les organismes de formation professionnelle continue des professions salariées ou des demandeurs d’emploi peuvent financer les dépenses engagées par les créateurs d’entreprise pour leur stage de préparation à l’installation. À défaut, les fonds d’assurance formation des entreprises artisanales ou les conseils de la formation des chambres régionales de métiers et de l’artisanat (CRMA) peuvent éventuellement prendre en charge le coût de ce stage.

 

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