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L'entrepreneuriat au Danemark : un modèle à suivre ?

Cécilia Vadé

Avec 3,5 jours en moyenne pour créer son entreprise, la France prend la seconde place du classement européen de la Banque Mondiale concernant la durée nécessaire pour créer une entreprise. Assez flatteur… Mais qui se trouve en première place ? Petits indices ? C’est un petit pays de 6 millions d’habitants appartenant à la Scandinavie et connu pour ses Lego, les contes d’HC Andersen et sa petite sirène située au cœur de la capitale. Nous parlons ici du Danemark, où il faut, en moyenne, 3 jours pour créer son entreprise.

Ce n’est pas la première fois que le climat danois, favorable à l’entrepreneuriat, prend place sur le podium de la Banque Mondiale. En 2016, le Danemark avait déjà pris la troisième place, après la Nouvelle-Zélande et Singapour, du classement mondial des pays où il est le plus facile d’entreprendre.

 

Comment l’entrepreneuriat s’illustre-t-il dans le quotidien des Danois ? Pourquoi ces derniers semblent-ils si intéressés par la création d’entreprise ? La créativité danoise y serait-elle pour quelque chose ?

 

 

Un système scolaire libre et formateur

 

Ce n’est pas un hasard si le pays le plus heureux au monde est également un des pays les plus favorables à l’entrepreneuriat. Alors que certaines cultures, probablement plus incertaines face à l’avenir, envisagent l’entrepreneuriat de manière assez négative, les Danois perçoivent, pour leur part, l’entrepreneuriat assez positivement. Dans cette société, généralement confiante envers l’avenir, la prise d’initiative est bien souvent encouragée et l’échec ne fait pas peur.

 

C’est, tout d’abord, à travers le système scolaire que la prise d’initiative est encouragée. Ainsi, le système scolaire assez libre, laisse une grande confiance aux enfants. La confiance en leur capacité à s’exprimer, à prendre des décisions, résoudre leurs problèmes et apprendre de leurs erreurs. Les enfants sont alors très tôt indépendants.

 

Afin de ne pas stopper la créativité des enfants, le système de notation apparaît également beaucoup plus tard. Cela leur permet de s’exprimer sans crainte de mauvaises notations.

 

L’entrepreneuriat même, a également une place importante dans le système scolaire. Des cours sur l’entrepreneuriat sont enseignés dès lycée et de nombreuses universités proposent des formations pour la création d’entreprise. Il a d’ailleurs été requis des 8 universités danoises, lors de leur rapport annuel de 2014, de considérer le domaine de l’innovation et de l’entrepreneuriat comme une des priorités principales pour les années à venir.

 

Christian Vitergaard, directeur administratif de la fondation pour l’entrepreneuriat et les nouvelles entreprises affirme : « Nous commençons déjà à voir les effets des diverses initiatives qui ont été prises au cours des dernières années. De plus en plus d’étudiants prennent des cours sur l’entrepreneuriat, tout d’abord parce que cela leur promet de nouvelles perspectives pour leur carrière, mais aussi parce que les universités ont su mettre l’accent sur l’esprit entrepreneurial. Cela montre qu’en investissant dans ce domaine, les effets se verront sur le court, ainsi que sur le long terme ».

 

 

Une génération à la pointe technologique

 

 

Le système scolaire danois est le premier au monde à autoriser l’utilisation d’internet lors des épreuves du Baccalauréat. Le conseiller au ministère de l’éducation, Steen Lassen, s’exprime à ce sujet : « Autoriser l’accès à internet n’est pas une révolution, mais plutôt une évolution ». Ainsi, l’enseignement aux nouvelles technologies fait partie intégrante des programmes scolaires danois.

 

Avec 96% des ménages ayant accès à internet en 2016, 85% des habitants usant internet chaque jour, le Danemark est un des pays les plus connectés. 100% des moins de 24 ans ont d’ailleurs déclaré être connectés tous les jours.

 

Cet engouement pour les nouvelles technologies, combiné avec un enseignement de qualité et un attrait particulier pour l’entrepreneuriat a donné naissance à de nombreuses start-ups innovantes et à la pointe technologique. Entre autres, citons le comparateur de vol Momondo, Skype ou TechCrunch, la start-up danoise spécialisée dans le suivi de mouvement des yeux et qui a su éveiller l’intérêt de Facebook.

 

 

Une flexisécurité et un système protecteur

 

Le Danemark est connu pour son état providence très généreux envers ses citoyens et caractérisé par la gratuité des hôpitaux, des docteurs, de l’enseignement, ainsi que ses bourses scolaires universelles et ses importantes indemnisations en cas de chômage, maladies ou accidents de travail. Cette sécurité est assurée par un système de taxation parmi les plus élevés d’Europe.

 

Mads Hvidberg, directeur de la start-up danoise Moneybanker affirme : « Il est beaucoup plus facile de se lancer dans l’aventure et prendre des risques lorsque l’on sait qu’on sera toujours en mesure de payer ses factures et nourrir sa famille, même en cas d’échec. »

 

Avec un taux de chômage de 6,2% en mars 2017 et un marché de l’emploi caractérisé par sa flexisécurité, rebondir après un échec est beaucoup plus facile. En effet, la flexisécurité danoise se distingue par un licenciement facilité qui, d’une part, assure une prise de risque moins importante pour les jeunes start-ups voulant embaucher leurs premiers employés et garantit, d’autre part, une embauche beaucoup plus souple et rapide.

 

 

La création d’entreprise au Danemark : quelles sont les démarches ?

 

 

Seulement 37% des Européens aimeraient se lancer dans l’entrepreneuriat, contre 51% aux USA et en Chine. Parmi les plus grands obstacles : les démarches administratives.

 

Le Danemark a su contrer cet obstacle en simplifiant largement les démarches administratives quant à la création d’une entreprise. En quelques étapes seulement, votre entreprise est créée.

La première étape est de se rendre sur le site de registre des nouveaux commerces : https://datacvr.virk.dk/data/

S’ensuit, ensuite, un certain nombre d’informations concernant l’entreprise à indiquer. Après quelques jours seulement, vous recevrez, enfin, la confirmation des impôts et autres organisations publiques vous autorisant à exercer votre activité en toute légalité.

 

 

Des entrepreneurs ambitieux et aventuriers

 

Créativité, innovation, pointe technologique et un certain goût pour les défis permettent aux Danois de tirer leur épingle du jeu et de se faire remarquer sur le marché international. Plusieurs petites start-ups danoises ont ainsi réussi à attirer l’intérêt des investisseurs et marchés étrangers et certaines d’entre elles ont même trouvé leur place en tête du marché national, voire mondial.

 

Ces entrepreneurs ambitieux et aventuriers représentent un nombre colossal de futures opportunités pour l’économie nationale et peut-être même, un jour, de futurs piliers de l’économie danoise. Cependant, il ne faut pas oublier que l’Allemagne a, elle aussi, connu son pic de créations d’entreprises. Pic qui s’en est suivi d’un taux de chômage élevé pour les années à venir. Créer son entreprise, c’est aussi s’exposer à un potentiel échec. Mais si votre ambition est plus grande que la peur de l’échec, pourquoi ne pas se lancer ? Et concernant nos voisins les Allemands, il semblerait que ces derniers aient plutôt bien survécu à ce pic de chômage, puisqu’ils présentent aujourd’hui un taux de chômage de 3,9%, soit l’un des plus bas d’Europe.

 

 

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