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Economie : pourquoi n'écoute-t-on pas davantage les chefs d'entreprise ?

Pascal Rosier

Dans un contexte global de plus en plus contraint par l’économie, les qualités et compétences nécessaires à un responsable politique apparaissent de plus en plus proches de celle d’un dirigeant d’entreprise...

Les personnalités «issues de la société civile » sont rares en politique, toutes tendances confondues, et d’autant plus qu’on se rapproche du sommet de l’État. 


Economie : les organisations patronales  veulent peser davantage
Pourtant, on assiste depuis quelques années à une évolution du côté des entrepreneurs qui entendent bien jouer un rôle plus

important. Toutes les organisations patronales (Medef, CGPME, CJD, Croissance Plus, FEEF...) veulent peser davantage face à la dérive des taxations et des déficits.


L'Association française des entreprises privées monte au créneau

L’Association française des entreprises privées (Afep), qui regroupe la quasi-totalité du CAC 40 et des grandes entreprises françaises (98 membres) brille autant par le pouvoir qu’elle représente que par la discrétion médiatique dont elle fait généralement preuve. Présidée par Pierre Pringuet, directeur général de Pernod-Ricard (qui a succédé en juin 2012 à Maurice Lévy), elle est pourtant sortie de sa réserve pour s’adresser publiquement au Président de la République, qu’elle a reçu lors d’un dîner.

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L’État doit réaliser 60 milliards d’euros d’économies
Le Président avait exigé que les questions posées lui soient communiquées... Une première pour cette puissante organisation qui, depuis sa création il y a 30 ans, a largement usé de son influence. Dans cette lettre ouverte, les signataires ont présenté un véritable programme de gouvernement. «L’État doit réaliser 60 milliards d’euros d’économies au cours des cinq prochaines années. Pour les entreprises, il faut baisser le coût du travail d’au moins 30 milliards d’euros sur deux ans, en réduisant les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires moyens (2 SMIC et plus). Un transfert financé pour moitié par un relèvement de la TVA de 19,6 à 21% et, pour l’autre, par une baisse des dépenses publiques».

 

La réception au mois d’août à l’Élysée d’une délégation officielle de l’Afep, conduite par Pierre Pringuet, et le lobbying discret mené au cours de rencontres plus informelles pendant les deux mois suivants n’ont visiblement pas permis aux grands patrons d’obtenir gain de cause de leur manière habituelle. Si l’offensive publique n’a pas totalement aboutie, force est de reconnaître que certaines mesures du Pacte de Compétitivité proposé par François  Hollande n’en sont finalement pas si éloignées.

En revanche, le souhait de voir la France se donner «les moyens d’explorer et d’exploiter nos ressources nationales comme les gaz de schiste et rester pragmatique dans la mise en œuvre de la transition énergétique, qu’il s’agisse de réduire nos émissions de CO2 ou notre exposition à la production d’électricité d’origine nucléaire» reste pour l’instant lettre morte. Si la coupure entre privé et public n’a jamais été aussi forte... la perspective d’un gouvernement de salut public intégrant les idées des entrepreneurs fait son chemin...

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