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Entrepreneur : comment rebondir après un échec

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Beaucoup ont tenté plusieurs fois l'aventure entrepreneuriale avant de connaître le succès. Mais mettre la clé sous la porte et tourner la page n'est pas toujours facile. Les conseils de ceux qui ont su rebondir !

« Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme », affirmait Winston Churchill. Tout ceux qui ont eu le courage de lancer une d’entreprise le savent : créer sa propre activité et la faire prospérer lorsque l'on a la tête dans le guidon est loin d’être exempt de risques.

 

Pourtant, les statistiques ne trompent pas : chaque année en France, environ 60.000 entreprises mettent la clé sous la porte et près d'une entreprise sur deux ne survit pas après ses 5 premières années. Et si, outre-Atlantique, l’échec entrepreneurial est naturel, comme un passage obligé pour apprendre de ses erreurs, dans l'Hexagone, il est vécu comme un traumatisme honteux dont on se relève difficilement.

 

Or, une simple erreur de positionnement, la perte d’un gros client, une croissance mal maîtrisée... peut conduire une entreprise dans le mur. « Les entrepreneurs qui ont connu un échec ont un sentiment de honte et, surtout, sont dans le déni des difficultés qu’ils traversent, souvent jusqu’au dernier moment », constate Guillaume Mulliez, président de 60.000 rebonds, une association qui aide les dirigeants en situation d’échec à rebondir.

 

Lorsque le pire survient, le risque d’être entraîné dans la spirale des trois D est élevé : dépôt de bilan, dépression et divorce. « lls prennent des risques supplémentaires pour relever la tête en mettant en cause leur santé et leurs biens personnels. Le dépôt de bilan prononcé par le tribunal de commerce est un choc pouvant conduire à une profonde dépression, voire au suicide », alerte-t-il.

 

Sortir de l’isolement

Pour rebondir en cas d’échec, une prise de conscience est nécessaire en amont, lorsque tout va bien. « L’entrepreneur doit avoir à l’esprit que l’échec est une possibilité », témoigne Guillaume Mulliez. Il doit ainsi éviter autant que possible de surinvestir dans son projet, matériellement, financièrement mais aussi émotionnellement.

 

« Il doit solliciter des personnes extérieures, comme un expert-comptable, sa famille, des associés... pour apprécier le niveau de risque maximum au-delà duquel il ne faut pas aller afin de ne pas s’endetter outre mesure ». Mais lorsque le dépôt de bilan est inévitable, la première étape pour rebondir reste de sortir de son isolement.

 

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« Ce n’est pas parce que l’on est chef d’entreprise que l’on peut se débrouiller toujours tout seul », confirme Guillaume Mulliez. C’est pourquoi l’association qu’il préside organise des réunions mensuelles entre les dirigeants concernés et des bénévoles, pour échanger et confronter les expériences.

 

Ces liens de solidarité qui se mettent en place aident parfois à aller mieux. « Récemment, une PME de charpentes a déposé le bilan. Des entreprises de sa région adhérentes à l’association l’ont aidé à remettre son atelier en état et les meubles entreposés ont pu être utilisées pour du co-working ».

 

450 entrepreneurs accompagnés

L’association, présente dans une vingtaine de villes et 7 régions a déjà accompagné 450 entrepreneurs en 2015 et 2016. Tous ont été coachés par un bénévole certifié pendant 7 séances pour les aider à faire le deuil de leur entreprise et les amener progressivement à entrevoir un avenir.

 

Après deux faillites, Philippe Cubès a compris, grâce à cette association, que « la liquidation judiciaire est un acte de gestion et non une fin, mais aussi le début d’une nouvelle aventure ». Ensuite, des « parrains entrepreneurs » prennent le relais pour initier un nouveau projet.

 

« Nous aidons les entrepreneurs à réaliser un business plan, trouver des financements auprès de nos partenaires, notamment France Active... », insiste le président de 60.000 rebonds, qui rassemble 500 coachs et parrains. Cet accompagnement dure en moyenne 6 à 9 mois si l’ex-entrepreneur se dirige vers une activité salariée, 15 à 18 mois s’il se lance sur un nouveau projet.

 

« Dans 65% des cas, le choix se porte vers la création d’une nouvelle entreprise », se réjouit Guillaume Mulliez. Si bon nombre de dirigeants ont pu être aidés et rebondir, 60.000 rebonds milite également du côté des pouvoirs publics pour que la faillite ne soit plus honteuse.

 

L'association est notamment à l’origine de l’abrogation de l’indicateur 040 de la Banque de France, qui fichait les dirigeants d’entreprise victimes de faillite jusqu’en 2013. Pour aller plus loin, Guillaume Mulliez souhaite ainsi que les banques trouvent d’autres moyens que la caution personnelle pour se prémunir contre le risque de faillite, par exemple en créant une assurance obligatoire lors de la création d'entreprise. Autant de sujets à débattre en pleine campagne présidentielle !

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