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Entreprises : les clés pour réussir sa croissance externe

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Une croissance externe bien menée peut permettre à votre entreprise de changer de dimension.

Il faut oser une nouvelle vision, plus ambitieuse, mais aussi tout simplement plus réaliste. «La croissance externe fait partie intégrante de notre modèle de développement», assure ainsi Raphaël Gorgé, dont le groupe a réalisé 25 acquisitions au cours des 10 dernières années.

Oser implique aussi de prendre des risques, dont celui, en particulier pour un patron, de se retrouver à égalité avec un autre, dirigeant d’une entreprise acquise. Certains vont même jusqu’à conseiller de «recruter meilleur que soi, seule façon d’avancer !».

 

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En tout cas, «il faut accepter de sauter dans le vide. Même si l’on perd un peu du pouvoir que l’on avait avant, il faut partager, ne pas avoir peur de croître et accepter que la vie va changer», déclare Franck Grimaud, directeur général de la société de biotech Valneva (36 M€ de CA).

 

De fait, si l’acquisition est réussie, tout le monde y gagne. Enfin, oser signifie également sortir des sentiers battus. Le cœur de votre métier ne sera peut-être plus le même dans quelques années. Osez donc voir plus loin, du côté des nouvelles technologies, des façons inédites de consommer, des méthodes innovantes de vente de vos produits.

 

Réfléchissez même à un repositionnement total de votre entreprise. C’est ce que le groupe Gorgé a fait. Spécialisée à l’origine dans l’industrie automobile, l’ETI familiale (223,3 M€ de CA) s’est réorientée vers des technologies plus porteuses, comme l’impression 3D.

 

Être en veille permanente

Ceux qui réussissent leur croissance externe le disent, ils ont souvent acheté des entreprises qui n’étaient pas à vendre ! Le secret, pour débusquer la bonne affaire, celle qui fait gagner des parts de marché à l’acquéreur, repose donc avant tout sur une veille constante.

 

Certes, les banques sont là pour proposer des idées et vanter les mérites de telle ou telle opération d’acquisition, mais la lecture, les colloques, les discussions entre professionnels, sans oublier évidemment la recherche systématique sur certains secteurs, sont essentiels pour détecter la perle rare, avant de l’approcher. Certaines entreprises s’appuient sur Bpifrance, dans le cadre de son nouveau Hub Corporate, dont l’objectif est précisément de détecter les start-up qui seraient en adéquation avec le métier actuel ou à venir de la société cliente.

 

La plupart des ETI et, bien sûr, les grands groupes ont mis en place une cellule de veille, composée d’un ou de plusieurs spécialistes. C’est le cas du groupe Accor (825 M€ de CA) par exemple. Pour Sophie Stabile, la directrice générale finances du groupe hôtelier, cela fait partie de la stratégie d’innovation. «Il faut veiller constamment, rencontrer des talents, se confronter aux idées nouvelles et surtout analyser rapidement les opportunités qui se présentent à nous !», explique-t-elle.

 

Le groupe a ainsi acheté ces derniers mois deux start-up spécialisées dans des activités de services digitaux connexes à son cœur de métier, Wipolo et Fastbooking, et fait son entrée au capital du groupe d’hôtels et restaurants Mama Shelter.

 

Réussir la valorisation

Si la prise de risque est essentielle, elle doit être calculée. Certes, mais comment ? Que vaut une petite start-up, prometteuse, assurément, mais qui affiche à peine un CA à faire valoir ? À ce jeu, les Français semblent désavantagés.

 

De fait, preneurs de risques par culture, les Américains proposent parfois de payer une entreprise trois fois plus cher qu’un acquéreur français. Pas étonnant que les Google et autres Facebook raflent souvent la mise dans l’Hexagone ! «La valorisation va du simple au triple entre la France et les États-Unis.

 

Il y a un problème de valorisation chez nous», confirme Marie Ekeland, la présidente de France Digitale. Au-delà de l’aspect psychologique de la prise de risque, comment faire, alors, pour calculer une valorisation qui serait satisfaisante pour toutes les parties ? «Il faut éduquer les financiers. Les Français utilisent encore trop souvent des métriques classiques, telles que celles qui sont appliquées pour calculer un cours de Bourse.

 

Or, il faut valoriser autrement, et prendre en compte le “coût d’opportunité”. Autrement dit, si l’occasion d’acheter une entreprise susceptible de faire grandir l’acquéreur potentiel est ratée, que risque “l’amoureux éconduit” dans son développement à venir ?», répond Marie Ekeland. Éduquer les financiers implique également de leur part une vision plus large que la seule utilisation de nouvelles métriques.

 

Ainsi, ils doivent s’habituer au fait que, dans certains secteurs, la biotech, par exemple, les investissements sont lourds avant que des résultats n’apparaissent. Bref, eux aussi doivent oser changer.

 

Réussir l’intégration

Une fois l’acquisition réalisée, reste sans doute le plus ardu : l’intégration. On connaît les batailles de chefs et la crainte des postes en doublon, les différences de culture d’entreprise et les problèmes de langues, mais ce ne sont pas les seuls écueils. L’échec peut tout bonnement naître de l’administratif – trop encombrant.

 

Or, «il n’y a rien de pire que de perdre les capacités d’une entreprise dans la lourdeur des processus internes», remarque Sophie Stabile, d’Accor. Au-delà de s’assurer de l’adhésion des équipes, il faut donc une fois de plus jouer la transparence. Celle-ci consiste à doter l’entreprise acquise d’un système clair de fonctionnement et de relations avec l’acquéreur. D’autant que si c’est une start-up qui doit être intégrée dans un grand groupe, ces processus administratifs, bien connus des grandes entreprises, peuvent lui être parfaitement inconnus !

 

Et attention, intégrer une entreprise ne veut pas dire la phagocyter, ce qui pourrait la tuer ! Il faut lui laisser assez d’autonomie pour qu’elle conserve les atouts qui l’ont rendue désirable. «Nous sommes beaucoup plus souples avec ces entreprises qu’avec nos filiales», souligne d’ailleurs Sophie Stabile. Elle cite LVMH en exemple d’intégration. Selon elle, le géant du luxe «réussit à préserver l’identité d’une marque, tout en donnant à l’entreprise acquise les moyens d’un grand groupe pour garantir son développement».

 

 

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