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Femmes entrepreneures, prenez le pouvoir !

Caroline Hirtzberger, Head of e-Business chez Hiscox France

Qu’elle soit dirigeante, entrepreneur ou manager, la femme n’est pas toujours considérée comme l’égale des hommes. Et si plutôt que de considérer la mixité comme une obligation légale les entreprises tâchaient de la voir comme une opportunité ?

 

Pour réussir, les entrepreneuses donnent parfois l’impression de devoir travailler plus dur et de se battre contre un système qui ne leur donne pas autant de chances qu’aux entrepreneurs. Elles rencontrent généralement plus d’obstacles pour financer et développer leurs projets, notamment en matière d’accès au crédit. La situation est tellement critique qu’Ivanka Trump, la fille du président américain, s’est illustrée début juillet en créant le We-Fi « Women Entrepreneurs Finance Initiative », un dispositif de financement à l’échelle mondiale en faveur des femmes entrepreneures.

 

En France, le gouvernement a fixé un objectif d’un tiers de secteurs mixtes d’ici 2025. Dans ce domaine le secteur de l’assurance est en première ligne. De manière plus générale, 85 % des femmes et 92% des hommes estiment que ce secteur est aussi voire plus favorable que les autres au développement de la carrière des femmes cadres. L’entrepreneuriat peut-il lui aussi être un moyen de donner le pouvoir aux femmes pour plus de mixité dans les entreprises ?

 

Moins volatile et plus persévérante

 

Contrairement aux idées reçues qui voudraient que les femmes pensent à la vie de famille avant de se lancer, elles sont plus jeunes que les hommes. En effet, aujourd’hui, 42% des femmes entrepreneures ont lancé leur entreprise à moins de 30 ans et 53% d’entre elles ont moins de 40 ans*. La femme entrepreneure pense donc que la vie de famille n’est pas incompatible avec une carrière bien remplie. Elle est également fidèle à son entreprise. Puisque 59% d’entre elles sont dans leur entreprise depuis plus de 6 ans. La femme entrepreneure est donc moins volatile et plus persévérante.

 

Un profil plus adapté aux contraintes du management ?

 

Par ailleurs, l’entrepreneuriat est considéré par 36% des femmes dirigeantes comme un moyen de trouver un métier qui leur correspond*. Elles ont ainsi le moyen de se révéler, faire leurs preuves hors du carcan parfois imposé par les grandes entreprises. La femme entrepreneure travaille souvent seule ou dans une petite entreprise. Elles sont donc moins nombreuses à gérer de grandes entreprises, seulement 5% des femmes travaillent dans une entreprise de 20 à 50 salariés contre 12% des hommes. Elles ont pourtant toutes les qualités pour être de bons leaders.

 

Lorsqu’elle travaille en équipe, la femme entrepreneure accorde plus d’importance au travail en collaboration, au fait de déléguer, de collaborer. Ces qualités font d’elle une bonne manager, elle sait être à l’écoute de ses équipes et partager plutôt que diriger. Mais elle est tout aussi indépendante, organisée et travailleuse que les hommes. Pourtant on ne retrouve aucune femme à la tête d’une entreprise de plus de dix mille euros de chiffres d’affaires dans notre étude.

 

Alors que les femmes ne représentent aujourd’hui que 8% des entrepreneures dans le secteur des nouvelles technologies, le numérique est une réelle opportunité pour la femme entrepreneure. Pour elle, la technologie est un service et non une fin. Elle a donc tendance à moins entrer dans l’aspect technique. Pourtant, son sens du détail fait d’elle une excellente codeuse !

L’absence de mixité, un frein à l’innovation

 

L’innovation ne doit se penser ni au féminin ni au masculin. L’absence de mixité, notamment dans les fonctions d’innovation stratégique conduit à l’appauvrissement des entreprises ! L’innovation naît d’abord des divergences. C’est prouvé, les équipes mixtes créent davantage d’innovation de rupture que les équipes homogènes ! En effet, selon l’étude, Gender scan publiée en 2016, les équipes mixtes obtiennent des résultats supérieurs de 20% par rapport aux équipes non mixtes.

 

Alors que que les femmes ont toutes les compétences nécessaires pour réussir dans l’entrepreneuriat, les stéréotypes ont la vie dure. Depuis leur plus tendre enfance, il existe un plafond de verre qu’elles peinent à franchir. Selon Women Equity of growth, elles sont moins enclines à prendre des risques, ont moins confiance en elles et développent moins leur réseau.

 

Les femmes seraient en quelque sorte prisonnières de leurs propres barrières psychologiques. La femme entrepreneure ose moins prendre de risques pour développer son entreprise. Aujourd’hui, 42% des femmes n’ont pas de salariés alors que 69% des hommes en ont*. Il est nécessaire de changer notre vision du pouvoir encore très masculine, qui voudrait que les femmes doivent abandonner leur féminité et leur famille.

 

La société doit désormais penser mixité, quelle que soit la taille de l’entreprise. Ce changement ne s’opérera pas seul. Les femmes sont d’ailleurs les premières à penser qu’il doit avant tout venir d’elles. Dès le plus jeune âge les filles doivent être encouragées à entreprendre et à se lancer dans une carrière professionnelle ambitieuse. Il faut lever leurs appréhensions pour en faire des femmes plus fortes.

 

En définitive, les femmes entrepreneures sont avant tout des femmes fortes : elles osent, persévèrent, innovent ! Elles sont optimistes, positives et collaboratives. Même si elles estiment que l’état et les entreprises doivent se mobiliser pour la mixité, les femmes entrepreneur pensent qu’il est d’abord de leur devoir de se prendre en main pour réussir. Le pouvoir est à portée de main, si elles osent prendre le risque de se lancer.

 

* Etude Hiscox « ADN de l’entrepreneur 2017 » mené auprès de 4039 dirigeants dans 6 pays, dont 38% de femmes

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