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La femme est-elle l'avenir du vin ?

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Toutes les régions viticoles sont concernées : les maisons de vins se conjuguent de plus en plus au féminin…

Bordelais/Côtes-du-Rhône

 

Maison Paul Jaboulet Aîné/Château La Lagune : la grosse cote de Caroline Frey

 Passée par l’Institut oenologique de Bordeaux, Caroline Frey part faire ses classes dans les vignes de Dubourdieu, à Reynon, au Clos Floridène et à Doisy-Daëne, avant de se voir confier, en 2000, la direction du Château La Lagune, un grand cru classé du Haut- Médoc, acheté par son père. évidemment, la brillante oenologue y fait merveille.

 

Sous sa houlette, le cru classé du Médoc (10 M€ de CA) a retrouvé le chemin de l’excellence, le domaine ayant même obtenu la certification Agriculture Raisonnée. La jeune femme (35 ans) sait pourtant qu’elle a encore du travail, notamment pour convertir progressivement les terres en agriculture biologique. D’autant qu’elle gère également la maison Paul Jaboulet Aîné (20 M€ de CA) dans les Côtes-du-Rhône, acquis en 2006, qu’elle restructure et convertit aussi à la biodynamie. Production : 19.550 caisses

 

Bordelais

Château Labégorce/ Château Marquis d’Alesme : Nathalie Perrodo, au nom du père !

 

Le décès de son père en 2006 catapulte Nathalie Perrodo, alors à la direction stratégique du Château Marquis d’Alesme et du Château Labégorce. C’est en 1989 qu’Hubert Perrodo, fondateur du groupe pétrolier Perenco, rachète le Château Labégorce- Margaux. En 2005, il fait l’acquisition du domaine voisin de Labégorce.

 

Son objectif ? Réunir les deux propriétés, une entreprise ambitieuse visant à réassocier deux terroirs complémentaires et leur rendre tout leur lustre. Sa brusque disparition donne un coup de frein à son rêve. Nathalie Perrodo, 31 ans, prend alors la responsabi l i té de la partie wine investments du groupe familial, son frère Hubert s’occupant du groupe pétrolier (la fortune de la famille est estimée à 2,8 Mds €), marche sur les pas de son père, enterré dans les jardins du Château Labégorce.

 

La propriétaire viticole margalaise, qui passait ses vacances au domaine, oeuvre quatre ans avant d’annoncer la fusion officielle des deux châteaux sous une seule bannière, Château Labégorce. Depuis 2010, elle est est aidée par Marjolaine de Coninck, agronome, oenologue, diplômée en économie, qui s’est illustrée dans la gestion de plusieurs propriétés sur différentes appellations bordelaises.

 

Deux femmes de caractère à la tête de deux fortes appellations. Production : 12.000 caisses/ an (Château Labégorce), 5.000 caisses/an (Marquis d’Alesme)



 Bourgogne

Maison Joseph Drouhin : Véronique Drouhin, duchesse de Bourgogne

Titulaire du Diplôme national d’oenologie de l’Université de Dijon et d’un Diplôme supérieur de recherche sur le cépage Pinot Noir, Véronique Drouhin entre dans la maison familiale en 1988. Aux côtés de ses trois frères, elle supervise la vinification, l’élevage des vins et assure le suivi par des dégustations quotidiennes.

 

Gardienne du style Joseph Drouhin (90 appellations dont 60 en Premiers Crus et Grands Crus, 35 M€ de CA dont 80% à l’export), passionnée de musique et le jardinage, elle a également contribué à la création du Domaine Drouhin Oregon dont elle supervise la vinification. Ses trois enfants auront-ils la même fibre que leur mère ? Production : 73 hectares dont 38 de Chablis, 32 de Côte de Nuits et Côte-de- Beaune et 3 de Côte Chalonnaise

 

Languedoc

Château de Pennautier Miren de Lorgeril, l’occitane

 L‘aventure viticole de Miren de Lorgeril débute en 1987 lorsque son époux Nicolas succède à ses parents à la tête du château de Pennautier. Pourtant, cette néophyte n’hésite pas. En vingt ans, le couple a acquis cinq autres domaines entre Languedoc et Roussillon, totalisant désormais 340 hectares et 9 appellations (Château de Pennautier, Château de Cuanettes, Château de Ciffre, Domaine de Garille, Domaine de la Borie Blanche, Mas des Montagnes), pour 12 K€ de CA.

 

Vive et volontaire, Miren de Lorgeril, 49 ans, a même entrepris la remise en état du château de Pennautier pour en faire un lieu de réception et de séminaires, avec les décors d’origine, le mobilier qui raconte les époques et les tableaux qui retracent l’histoire d’une famille noble du Languedoc. Production : 3 millions de litres (sur toute l’activité)

 


Domaine Peyre Rose : Marlène Soria, maître vigneron au féminin !

Marlène Soria n’a pas un parcours ordinaire. Son domaine, situé sur les hauteurs de Saint-Pargoire dans l’Hérault, a été créé de toutes pièces. «à l’origine, il s’agissait d’un lieu de vacances, une petite propriété dans la campagne... à l’époque, en 1979, j’essayais tant bien que mal de vendre des appartements sur le littoral, mais cela ne marchait pas fort. J’ai donc décidé de défricher la garrigue et d’y planter 17 hectares de vigne», se souvient celle qui attendra dix ans avant d’assister à la première mise en bouteilles.

 

Faute d’un accord avec la coopérative voisine, elle décide même de commercialiser seule ses vins. Pourtant, la tâche est difficile.

 

«Je n’avais aucune expérience et peu de moyens financiers. Pire, les coteaux du Languedoc avaient un problème d’image et les “vins du Midi” mauvaise réputation», témoignetelle. Profitant d’une «aide à la plantation accordée par la région», Marlène Soria fonce. «C’était une expérience à tenter...

 

Pour autant, je n’ambitionnais pas de devenir viticultrice ! Finalement, je me suis enracinée. Mais j’ai eu beaucoup de chance, car, malgré les difficultés, mes vins ont commencé à se vendre juste au moment où j’allais m’écrouler financièrement». Depuis, le domaine de Peyre Rose est devenu une référence des vins du Languedoc.

 

Un parcours dont elle peut être fière puisque ses vins de Gaillac blancs et rouges qui portent le nom de ses quatre garçons (Louis, Charles, Armand et Antoine) sont régulièrement cités parmi les meilleurs du Languedoc. «être une femme n’a posé aucune problème, excepté peut-être pour certains travaux de la vigne. Je crois que les femmes ont du métier une vision différente et moins d’a priori», estime celle qui produit désormais sur ses 25 hectares 35.000 bouteilles par an, une petite production conduite en agriculture biologique pour des vins de plus en plus recherchés qui sont «l’expression naturelle de notre terroir et des parfums de nos cépages».

 

Production : 35.000 bouteilles par an. Les femmes dans la viticulture : un phénomène qui va s’accentuer !

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