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François Baroin ou l'art de cumuler les fonctions

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Maire de Troyes, président de la communauté d'agglomération de Troyes et de l’Association des maires de France (AMF), l'ex-ministre de l'Economie et des Finances s’est lancé dans un nouveau défi. A l’âge de 52 ans, François Baroin a mis un terme à sa carrière politique nationale pour rejoindre la banque britannique Barclays.

Né le 21 juin 1965 à Paris, dans le 12ème arrondissement, François Baroin est le fils de Michel Baroin, haut fonctionnaire et homme d’affaires.

 

Après des premières années d’études poussives, François Baroin échoue à deux reprises aux concours de HEC avant d’intégrer l’ISG Paris et compléter sa formation par un DESS de défense, un DESS de sciences de l’information et un DEA de géopolitique. François Baroin est avocat depuis 2001.

 

Il connaîtra une période personnelle très noire au cours des années 80 : son grand-père décède en 1984, alors qu’il sera témoin de la mort de sa sœur deux ans plus tard renversée par un véhicule. Dix mois plus tard, il perdra son père dans un accident d’avion au Cameroun. Cet enchaînement dramatique forgera sa personnalité et appuiera sa volonté.

 

Il aura de son premier mariage avec Valérie Broquisse en 1991 trois enfants, avant de divorcer. François Baroin s’entichera ensuite de Marie Drucker avec laquelle il entretiendra une relation de deux années. Il fera ensuite la rencontre de Michèle Laroque, sa compagne actuelle.

 

 

Son parcours politique

 

François Baroin a effectué ses premiers pas en politique en 1988, recruté par Jean-Pierre Elkabbach en tant que journaliste sur Europe 1 et conseiller municipal RPR dans l’Aube. Il devient député en 1993 représentant de la 3ème circonscription de l’Aube et maire de Troyes en 1995. Sous l’aile bienveillante de Jacques Chirac, dont il devient le protégé, il devient son porte-parole lors de la campagne présidentielle en 1995 et occupera le même poste au sein du premier gouvernement d’Alain Juppé.

 

A partir de 1995, François Baroin enchaînera les postes ministériels : ministre de l’Outre-Mer entre 2005 et 2007 dans le gouvernement de Villepin, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire de 2007, ministre du Budget, des comptes publics, de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat de 2010 à 2011 à la place d’Eric Woerth.

 

Il est enfin nommé ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie entre 2011 et 2012 sous la présidence de Nicolas Sarkozy en remplacement de Christine Lagarde nommée à la tête du FMI. Il deviendra sénateur UMP, puis LR entre 2014 et 2017 dans la circonscription de l’Aube.

 

 

Son action partisane

 

En 2002, François Baroin est chargé par Jacques Chirac d’apporter les signatures nécessaires à Bruno Mégret lors des élections présidentielles. Il sera porte-parole de l’UMP sous la présidence d’Alain Juppé puis secrétaire général délégué lors de l’intérim de Jean-Claude Gaudin.

 

Conseiller politique de Nicolas Sarkozy alors président de l’UMP, il est également président du comité départemental de l’UMP dans l’Aube. C’est en septembre 2012 que François Baroin déclarera son soutien à François Fillon à l’occasion du congrès pour la présidence de l’UMP. Alors qu’il soutient Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite et du centre en 2016, il était pressenti pour devenir son Premier ministre en cas de victoire.

 

Suite aux émules liées à l’affaire Fillon durant la dernière présidentielle, François Baroin est mandaté pour assurer le « rassemblement politique ». L’histoire se répète indéfiniment pour l’ancien chiraquien : alors qu’il est pressenti pour devenir le Premier ministre de François Fillon, l’échec de ce dernier au premier tour ferme la porte de Matignon à François Baroin.

Au second tour, François Baroin exprimera un vote personnel en faveur d’Emmanuel Macron, se disant disposer en cas de victoire de la droite et du centre aux Législatives à occuper le poste de Premier ministre dans le cadre d’une cohabitation avec le nouveau locataire de l’Elysée.

 

 

Son investissement dans l’Association des maires de France (AMF)

 

A l’automne 2014, François Baroin est élu à la présidence de l’AMF. Créée en 1907, reconnue d’utilité publique dès 1933, l’AMF est aux côtés des maires et des présidents d’intercommunalité, dans le respect des valeurs et des principes qui ont prévalu depuis sa création : défense des libertés locales, appui concret et permanent aux élus dans la gestion au quotidien, partenariat loyal mais exigeant avec l’Etat pour toujours mieux préserver les intérêts des collectivités et de leurs groupements.

 

Observant les consignes de Daniel Keller, le maître du Grand Orient de France, et du président de l’observatoire de la laïcité Jean-Louis Bianco, François Baroin s’engagera en 2015 aux côtés d’André Laignel contre la présence des crèches at autres signes religieux au sein des mairies.

François Baroin prendra du recul par rapport à ses fonctions à l’AMF à l’occasion des élections présidentielles de 2017 afin de préserver selon lui une certaine neutralité.

 

 

La rupture avec la politique nationale

 

A l’automne 2017,  l’ex député et sénateur resté proche des milieux d’affaires et politiques allemands et asiatiques a déclaré souhaiter prendre ses distances vis-à-vis de la scène politique nationale sur laquelle il a fait ses premiers pas à l’âge de 27 ans.

 

« On ne peut pas faire comme si rien ne s'était passé dans cette année, avait expliqué l'ancien ministre du Budget et des Finances de Nicolas Sarkozy. On a un jeune président qui a déplacé les lignes. (...) Je ne veux plus d'engagement militant, je ne veux plus passer mon temps à commenter les positions des uns et des autres. (...) D'une certaine manière, j'ai fait mon temps. »

 

Cette retraite de la vie politique est concomitante à son entrée dans le monde des banquiers d’affaires. François Baroin a en effet intégré la prestigieuse banque britannique Barclays où il conseille désormais les acquéreurs internationaux en France. Il ne s’agit pas selon lui de devenir banquier mais d'apporter aux clients de Barclays une vision stratégique.

 

« La France redevient un pays sur lequel il faut investir, précise-t-il. Emmanuel Macron a bénéficié de la succession du gouvernement Hollande et a lancé des réformes importantes. Conjugué à l'instabilité politique d'autres pays européens, cela a donné le sentiment aux investisseurs étrangers qu'il fallait davantage investir dans l'Hexagone. »

 

Pour mener à bien cette nouvelle mission, François Baroin bénéficie d'un climat de confiance plus favorable à l'égard de la France, la crise financière de 2008 appartenant désormais au passé. Rappelons que François Baroin, alors ministre, avait à l’époque consulté les grandes banques anglo-saxonnes afin de les convaincre de la stratégie de la France pour sauver l'euro et de la robustesse des banques françaises.

 

 

Une aubaine pour la banque britannique

 

Avec la perspective du Brexit, Barclays bénéficie d’un ambassadeur hors pair dans l'Hexagone. « La France est redevenue un marché attractif pour les investisseurs internationaux, notamment américains et asiatiques. Un ancien ministre de l'Economie est idéalement placé pour leur offrir des perspectives, leur décrypter le contexte français et faciliter leurs investissements », précisent Ghislain de Brondeau et Yann Krychowski, coresponsables de Barclays pour la France, la Belgique et le Luxembourg.

 

L’arrivée de François Baroin devrait insuffler une dynamique très positive au sein de la banque britannique. Dans le même temps, Barclays a finalisé sa phase de restructuration en vendant ses activités en Afrique et de banque de détail en Europe continentale. Ella a par ailleurs conforté sa position en Amérique du Nord grâce au rachat de Lehman Brothers. L’objectif de lest clair et non dissimulée : revenir dans le Top 5 des banques d'affaires internationales en France.

 

* Malgré nos multiples relances, M.Baroin n’a pas donné suite à notre demande d’entretien. Il est vrai que compte tenu ces multiples fonctions, le temps doit cruellement lui manquer pour s’exprimer.

 

 


Baroin où l’art de cumuler les fonctions

 

• Maire de la ville de Troyes

• Président d’agglomération (Troyes Champagne Métropole)

• Conseiller de la banque britannique Barclays

• Professeur-adjoint à HEC, chargé de cours en macro-économie, géopolitique et gestion de crise

• Président de l’AMF (Association des Maires de France)

• Avocat-conseil auprès du cabinet Szpiner Toby Ayela Semerdjian

 


  Ces hommes politiques qui cèdent aux sirènes du privé

 

François Fillon

Après la tourmente du « Penelopegate », François Fillon a trouvé refuge dans la finance. L’ancien candidat à la présidentielle est désormais associé de la société d’investissements Tikehau Capital.

 

Arnaud Montebourg

Après son échec à la primaire du PS en 2017, l’ancien ministre du redressement productif puis de l’Economie s’est engagé dans l’aventure entrepreneuriale en portant des projets dans l'apiculture et la plantation d'amandiers.

 

Fleur Pellerin

Après son éviction  du gouvernement de Manuel Valls, l’ancienne ministre de la Culture, passionnée par le numérique, a lancé le fonds Korelya Capital, qui a notamment vocation à soutenir des start-up.

 

Nicolas Sarkozy

Il fut le premier président de la République de l’Histoire à se tourner vers le privé après l’Elysée. L’ancien maire de Neuilly a rejoint le conseil d’administration du groupe AccorHotels en tant qu’administrateur. Depuis 2012, il dispense également des conférences à travers le monde.

 

Najat Vallaud-Belkacem

Ancienne ministre de l’Éducation nationale sous la présidence de François Hollande, elle a rejoint le groupe de sondages Ipsos en en tant directrice générale déléguée, chargée des études internationales et de l'innovation sociale, après avoir envisagé diriger une collection chez l’éditeur Fayard.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet

Suite à sa défaite aux dernières législatives, l’ancienne ministre de l’Ecologie de Nicolas Sarkozy a décidé de partir à New York pour rejoindre le groupe Capgemini et prendre la responsabilité de l’activité Projet & Consulting de la division Cloud Infrastructure et cybersécurité.

 

Jean-Marie Le Guen

L’ancien secrétaire d’Etat, chargé des relations avec le Parlement a préféré renoncer à un nouveau mandat à l’Assemblée pour rejoindre le courtier en assurance indépendant Siaci Saint-Honoré, où il conseille la présidence en capitalisant sur sa connaissance des questions de santé publique.

 

Axelle Lemaire

Ancienne secrétaire d’Etat chargée du Numérique sous le gouvernement Hollande, elle devient associée au bureau de Paris dans le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger, et prend la tête de Terra Numerata, « un écosystème d’innovation qui se veut ouvert » pour faire émerger les acteurs européens du numérique.

 

Thierry Mandon

Ancien secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement sous le gouvernement Hollande, il prend la direction générale de l’éditeur de presse Rollin Publications (XXI, 6Mois et Ebdo). Il ne découvre pas le privé car il a fait plusieurs fois  la navette entre public et prié et notamment travaillé pour Darty et un cabinet de Ressources Humaines.

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