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François Fillon : «Je mettrai en place des baisses massives de charges !»

Propos recueillis par Isabelle Jouanneau

François Fillon l'a dit et répété :  il veut aller au bout de sa candidature. Et il souhaite que les quelques semaines qui nous séparent du premier tour de l'élection soient désormais consacrées aux programmes. Dans Entreprendre, le candidat de la droite affirme vouloir taper vite et fort, pour faire ce que l’on n’a pas entrepris en France depuis au moins 30 ans. 

Sur quels atouts misez-vous pour relancer la France ?

 

François Fillon : Les atouts de la France sont immenses. Nous avons une des mains d’oeuvre parmi les plus productives des pays occidentaux. Nous avons des infrastructures publiques de transport qui sont parmi les meilleurs du monde. Nous avons le plus grand nombre d’entreprises mondiales parmi tous les grands pays européens. Notre agriculture est performante ; nos ingénieurs et nos écoles d’ingénieurs figurent parmi les meilleurs au monde ; notre vivier de start-ups et d’entreprises innovantes est envié par nos partenaires européens.

 

Nous avons un atout démographique avec une population qui augmente contrairement à beaucoup de nos voisins européens. Le problème ne vient donc pas du potentiel de la France, car nous avons tous les atouts pour être la première puissance européenne. Ce qui manque c’est la liberté. Les Français et les entreprises sont étouffés par les impôts et la pression fiscale, les réglementations et les lois en tous genres. L’Etat a trop voulu prendre en main la destinée de chaque citoyen. La France ne rebondira que si on donne aux Français et aux entreprises les espaces de liberté qui leur permettront de se développer, d’innover, d’investir.  

 

 

"Le code du travail sera recentré autour des normes sociales fondamentales"

 

 

Comment rompre avec l’anémie persistante de notre économie ?  

 

Pour engager un véritable sursaut, j’ai construit depuis trois ans un plan de  restaurer la compétitivité de nos entreprises et de notre économie. Mon objectif premier est de retrouver une situation de plein emploi. Je veux permettre aux entreprises d’embaucher en restaurant leur compétitivité. C’est pourquoi je mettrai en place des baisses massives de charges, notamment celles pesant sur le travail à hauteur de 40 milliards d’euros. Pour donner plus de flexibilité aux entreprises, les 35 heures seront supprimées et la discussion sur le temps de travail sera renvoyée au niveau des branches ou des entreprises.

 

Le code du travail sera recentré autour des normes sociales fondamentales. Je veux également moderniser le dialogue social en donnant le dernier mot aux salariés grâce au référendum d’entreprise en cas de blocage du dialogue social. Il faudra aussi relever les seuils sociaux qui bloquent parfois l’emploi.

 

Ce plan pour la compétitivité sera couplé à une réforme en profondeur de l’Etat. En effet, l’Etat omniprésent transmet sa crise au reste de la société et à l’économie. La dérive des finances publiques et l’absence de maîtrise de nos dépenses publiques (à un niveau record de 57% du PIB) nous enferment dans une spirale infernale qui pèse sur les entreprises, et qui grève en particulier le développement des PME et des ETI. C’est pourquoi la réforme de l’Etat, qui passe par un assainissement des finances publiques est un axe majeur de mon programme. Je réduirai notamment les dépenses de l’Etat de 100 milliards d’euros en 5 ans.

 

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Quelles seront les actions prioritaires à mener pour redonner des marges de manoeuvres aux entreprises ?

Les entreprises sont au coeur de notre économie. Si cette affirmation semble évidente, elle ne l’a pas été pour le pouvoir en place pendant les cinq dernières années. Or, ce sont les entreprises et les entrepreneurs qui créent la richesse et l’emploi, facteurs de croissance pour notre pays. C’est pourquoi je veux créer un environnement favorable au développement, à la croissance et à la transmission des entreprises.

 

Cela passera notamment par réforme de la fiscalité du capital. Par l’établissement d’une «flat tax»  sur les plus value, nous mettrons aussi en place une fiscalité de combat, destinée à encourager les audacieux, les entrepreneurs, leurs investisseurs, les salariés qui veulent investir dans leur entreprise. Nous reconnaîtrons le risque qu’ils assument, et ne les priverons pas des fruits de leurs engagements. Après avoir mis en oeuvre toutes ces mesures, je prends un engagement de stabilité fiscale pour 5 ans.

 

"Il faut faire émerger des champions français dans les secteurs d’avenir et d’innovation"


Quelles réformes structurelles faut-il conduire ?

Avec 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres, une dette qui explose à près de 2200 milliards d’euros, la situation appelle un sursaut. Je vous ai présenté des mesures qui seront nécessaires à prendre mais qui ne seront pas suffisantes. Il faut également faire émerger des champions français dans les secteurs d’avenir et d’innovation. Le digital pourra être un des leviers puissant de la modernisation de notre pays et de son retour sur la scène européenne et mondiale.

 

Je veux faire de la France un dragon du digital, en poussant des secteurs prioritaires pendant le quinquennat tels que la e-santé (télédiagnostics, intelligence artificielle), la formation scolaire et professionnelle (MOOC, individualisation des parcours), le tourisme (développement des objets connectés sur les lieux de parcours et de tourisme) ou les Software as a service (SAAS). Dans cette ambition, l’Etat doit devenir un nouvel allié des entreprises et créer un écosystème favorable au numérique. Les politiques publiques accompagneront à chaque étape, l’émergence des PME puis ETI en grandes entreprises du digital de demain.

 

L’un des axes de cette politique sera le déploiement des infrastructures du numérique sur tout le territoire avec notamment la mise en place d’un plan Très-Haut-Débit visant à connecter tout notre territoire et à développer des bassins d’emplois, y compris dans les territoires ruraux. L’Europe aura aussi un rôle majeur à jouer dans ce combat. Je veux impulser de grands projets européens. Dans le domaine du numérique notamment, je lancerai une stratégie européenne du numérique pour créer les Airbus de demain, avec de grands projets transeuropéens.

 

"Je veux favoriser le développement de l’activité indépendante"

 

Comment renouer avec la compétitivité?

Le monde du travail connaît de profondes transformations. De nouvelles formes de travail apparaisse ; le numérique offre de formidables opportunités, pour la création de richesse et l’organisation du travail. Il faut aider les dirigeants d’entreprise à recruter plus de salariés et à donner du travail aux indépendants.

 

Je veux favoriser le développement de l’activité indépendante. Nous pouvons viser 1 million d’indépendants supplémentaires, avec des dispositions qui encouragent toutes les initiatives et notamment celles des demandeurs d’emplois qui créeront leur propre activité.  Pour aller dans ce sens, il est nécessaire d’alléger les contraintes, d’offrir plus de liberté aux acteurs économiques. Il faut également renforcer la fluidité des parcours et le recours aux multi-statuts.

 

Je créerai ainsi un statut de prestataire indépendant sans risque de requalification, pendant 3 ans. J’instaurerai une franchise de TVA pour  tous les indépendants de 50000€ pour les services et 120000€ pour l’achat-revente. Je veux aussi permettre à tous les jeunes de devenir auto-entrepreneurs dès 16 ans. Il s’agira également de faciliter les passerelles entre le secteur public et le secteur privé, notamment pour les auto-entrepreneurs fonctionnaires. Je veux donner la possibilité de travailler au-delà d’un temps plein et de flexibiliser le temps de travail en encourageant le télétravail.

 

Vous semblez miser beaucoup sur le volontarisme…

Je refuse la résignation. Nous traversons une situation de crise d’une grande importance certes, mais la France n’est pas condamnée à l’immobilisme. Les Français ne redoutent pas le changement, ils l’attendent. Il est possible de faire passer les réformes puissantes dont la France a besoin.

 

Mais cela exige une volonté sans faille et une méthode rigoureuse. Il est d’abord fondamental d’obtenir l’adhésion des Français sur un projet sans quoi il n’y aura pas de légitimité à appliquer des réformes. Depuis 3 ans, je prépare un projet pour la France, mais j’ai également préparé la méthode pour mettre en oeuvre ce projet. Mon projet est précis et détaillé ; les réformes préparées et une fois élu, je nommerai un gouvernement «commando afin de faire passer toutes les mesures indispensables pour remettre le pays en marche. J’aurai recours au référendum sur des sujets majeurs après la présidentielle. Compte tenu de l’urgence de la situation il faudra avoir bouclé toutes les réformes fondamentales dont le pays a besoin à partir du 1er octobre 2017.

 

 

"Il n’est pas normal que nous laissions entrer des produits en Europe fabriqués dans des pays sans normes sociales"

 


Jusqu’à quel point faut-il pousser le libéralisme économique ?

Je pars d’un constat simple : il y a en France un déficit de liberté. Trop de temps est consacré à la paperasse, à la mise en conformité aux normes…Tout cela c’est du temps perdu pour développer son activité. Je veux libérer l’activité de tous les secteurs qui ont été bloqués par le matraquage réglementaire et fiscal : l’agriculture, l’industrie, les services, la construction. Les gens aspirent à plus de liberté. La liberté, c’est le carburant des sociétés vivantes. Mon seul but est de faire gagner la France et de lui donner les moyens de la richesse pour défendre ses intérêts. Mais le libéralisme n’est pas le but ultime de la politique et de l’économie.

 

Dans la compétition économique mondiale, il ne faut pas être naïf. Face à de grands blocs économiques comme les Etats-Unis ou la Chine qui défendent bec et ongles leurs intérêts, la France et l’Europe doivent faire de même. Plutôt que de s’ouvrir à tous les vents de la mondialisation, l’Europe ferait bien de réfléchir à instaurer des taxes anti-dumping à ses frontières et une TVA sociale pour financer sa protection sociale. Il n’est pas normal que nous laissions entrer des produits en Europe fabriqués dans des pays sans normes sociales, et donc à des coûts de revient bien inférieurs aux nôtres.

 

Nous devons promouvoir des mesures au niveau européen pour nous assurer d’une concurrence loyale entre pays et ainsi décourager les délocalisations vers des pays sans normes sociales. Dans cette optique, je renégocierai aussi de fond en comble la directive sur les travailleurs détachés. Si les négociations n’aboutissent pas dans l’année, je la supprimerai unilatéralement.

 


Les PME représentent 72% des emplois et sont les seules à générer encore une création nette de postes de travail. Allezvous en faire votre priorité ?  

Les PME et les ETI sont au coeur de ma stratégie économique. Nous lèverons les verrous qui, depuis quarante ans, empêchent les PME de grandir. Avec mon programme, les PME seront plus agiles afin d’affronter la concurrence, l’accélération des cycles de conception, de fabrication et de vente, et les remous de la mondialisation. Je lancerai des mesures spécifiquement destinées aux PME visant à améliorer l’exercice de leur activité. Je proposerai des mesures fortes visant à restaurer la compétitivité des petites entreprises et à leur donner plus de liberté, à travers la baisse des charges patronales, la suppression des 35 heures ou encore l’augmentation des seuils sociaux.

 

Il me semble aussi essentiel de protéger les entreprises familiales (83% des PME) en facilitant leur transmission en instaurant un sursis d’imposition lors de la transmission de la PME aux descendants. Je veux ensuite créer un « Contrat de confiance aux PME » qui leur permettra d’accroître leur part dans la commande publique en visant 50%. Les délais de paiement seront réduits à 30 jours après la facturation. Nous aiderons aussi nos PME à s’imposer sur les marchés internationaux, en les accompagnant sur les marchés étrangers de manière plus rationnelle et en finançant leurs besoins à l’export.

 

 

"Il faut récompenser l’audace et la prise de risque"

 

 

Vous souhaitez faciliter le financement des PME : comment réorienter l’épargne vers le financement ?

Je veux reconnaître et valoriser la prise de risque en capital et rapatrier les capacités  d’investissement. Il faut récompenser l’audace et la prise de risque et mettre en place une fiscalité de combat, rendant la France au moins aussi attractive que les grands pays européens. Mon premier objectif est de réorienter l’épargne vers l’investissement dans les PME. Alors que le taux d’épargne des Français avoisine 16% du revenu disponible, seulement une infime partie de cette épargne s’oriente vers les PME.

 

Il faut développer massivement l’investissement des particuliers dans la création et le développement des PME. Pour cela, les investisseurs dans les PME bénéficieront d’une réduction d’impôts de 30% des montants investis dans le cadre d’un plafond. Il y aura également un développement de l’investissement d’amorçage pour les jeunes entreprises en multipliant les fonds privés d’amorçage labélisés par Bpifrance  et abondés par l’Etat. Développer les modes de financement les plus innovants pour les PME et les ETI : le crowdfunding et la titrisation.

 

Enfin, je souhaite amorcer la pompe du financement participatif en demandant à la Bpifrance  d’injecter des liquidités dans les projets participatifs pour montrer l’exemple et communiquer sur le sérieux des plateformes et des projets.
Le problème semble être moins celui de la création d’entreprises (en 15 ans, on est passé de 180000 à 550000 entreprises) que leur capacité à se développer et à se pérenniser…

La France connaît indéniablement un taux important de création d’entreprises ce qui est une bonne nouvelle. En revanche, ces petites structures nouvellement créées éprouvent beaucoup de difficultés à grandir et restent bien souvent des microstructures, dont la majorité n’aura jamais de salariés. La comparaison avec l’Allemagne rend visible cette difficulté : en 2010, 6% des entreprises françaises dépassent 10 salariés contre 17% en Allemagne. Il manque à la France un stock de près de 250000 entreprises de croissance. La plupart de nos PME ne naissent donc pas pour grandir.

 

Pour lutter contre ce mal structurel et plus largement pour stimuler nos PME, il faut lancer une véritable politique de l’entreprise, à la fois culturelle, éducationnelle, fiscale et sociale. Pour créer cette rupture entrepreneuriale, nous proposons un ensemble de mesures simples, mais novatrices et massives. L’objectif est notamment d’augmenter la valeur ajoutée de nos entreprises, grâce à une politique fiscale volontariste et des réductions de charges.

 


Comment redynamiser le tissu entrepreneurial ?

Alors que les entrepreneurs sont choyés dans les pays anglo-saxons, en Asie et même en Allemagne ou en Italie, ils suscitent la méfiance dans notre pays. En plus d’avoir une image peu valorisée en France, entrepreneurs et PME affrontent un environnement peu favorable : incertitude fiscale, réglementations exaspérantes en tous genres, délais de paiement et une pression fiscale souvent étouffante. Cette situation n’est pas acceptable.

 

Les entrepreneurs créent de la richesse, ils créent des emplois. L’Etat doit les accompagner par tous les moyens. Il ne doit pas être un  obstacle à leur développement. Je veux impulser un changement de culture radical en faveur de l’entrepreneuriat. La France a besoin d’entrepreneurs si elle veut recoller aux nations les plus performantes et si elle veut offrir des perspectives à ses jeunes.

 

 

Peut-on encore développer l’esprit d’entreprendre dans notre pays ?

L’entreprise est trop méconnue dans le monde éducatif. Les élèves arrivent au bac sans vraiment avoir de notions, même élémentaires, du monde de l’entreprise. Même dans le monde universitaire, il n’existe pas assez de liens avec le monde du travail. Je souhaite créer une véritable culture de l’entrepreneuriat. Le monde de l’entreprise est très largement inconnu des élèves du secondaire. Je veux introduire l’entrepreneuriat aux élèves en créant des mini-entreprises et en rénovant le programme de Technologie au collège.

 

Je mettrai en place une refonte du programme d’économie en 2nd et ferai témoigner des entrepreneurs au lycée. Je ramènerai à 16 ans l’âge minimum pour devenir auto-entrepreneur. J’autoriserai les jeunes à effectuer des stages conventionnés pendant les vacances scolaires entre le baccalauréat et la 1ère rentrée universitaire ou entre deux inscriptions universitaires en cas de réorientation. Enfin, Les étudiants du supérieur seront davantage formés à l’entrepreneuriat. Je veux aussi aider nos PME à faire face à la compétition internationale.

 

L’Etat a la capacité de défendre les entreprises françaises, notamment en les protégeant des pratiques de dumping fiscal et de concurrence déloyale qui s’exercent au niveau international. Il faut favoriser les collaborations entre exportateurs, les recours aux sociétés de négoces, agents exports ou aux sociétés de gestion export externalisées pour vendre sur les marchés difficiles. J’utiliserai le ecommerce pour vendre à l’export. Je veux soutenir la promotion des entreprises ayant le label «Origine France Garantie»  et miser sur la «French touch» . Et enfin, il faudra développer et optimiser l’offre de la Coface .

 

 

En quoi le digital est-il un moteur de croissance pour l’entreprise ?

Les opportunités offertes par la technologie numérique sont immenses. Elle ouvre des espaces de liberté, d’efficacité et de croissance immenses. L’accès aux savoirs et l’ouverture à de nouveaux marchés sont des facteurs de liberté. La rapidité et la baisse des coûts de transaction accroissent l’efficacité et stimulent la compétitivité. Nous devons profiter ce formidable élan qu’est le numérique. Prenons l’exemple de l’industrie : son poids dans le PIB national s’est fortement réduit, passant de 20% en 1980 à 11.3% en 2014 (22.6% en Allemagne). L’emploi industriel s’est replié de 330.000 postes depuis 2008. L’irruption des nouvelles technologies représente une formidable opportunité. Elles permettront d’apporter de la valeur ajoutée aux produits fabriqués (par exemple par le traitement et la valorisation de la donnée, ce qu’on nomme le , qui rendront les produits plus intelligents). Elles rendront l’outil productif plus performant et compétitif (par exemple grâce aux machines connectées ou aux imprimantes 3D), elles faciliteront la conception des prototypes (grâce à la réalité virtuelle et augmentée). En d’autres termes, nous profiterons de ce formidable élan d’innovation pour réindustrialiser le pays via le numérique.

 

 

Que pensez-vous du phénomène de la French Tech ? Comment accompagner cette nouvelle économie ?

Le secteur digital représente 5,5% du PIB français, contre 10% au Royaume-Uni et 8% aux Etats-Unis. Mon objectif est de faire passer cette part à 7% d’ici 2020, ce qui représente 70 milliards d’euros de PIB. C’est pourquoi je veux mettre en place une politique vigoureuse de développement du numérique tout en accompagnant davantage les dynamiques initiées par les acteurs privés. Les mesures que je propose visent à mettre le numérique au coeur de la croissance. Je veux déployer toutes les possibilités du numérique dans notre société.

 

Ma première priorité sera d’améliorer la gouvernance du numérique en créant le poste de Haut Commissaire à la Transformation numérique, rattaché directement au premier ministre pour coordonner l’action numérique de l’Etat. La mise en oeuvre d’un plan de généralisation du Très-Haut-débit sur le territoire aura un impact considérable sur la croissance des entreprises et permettra de développer des bassins d’emplois, y compris dans des zones reculées. Je propose enfin d’agir très tôt dans la formation des jeunes en généralisant l’enseignement du numérique. Des professeurs spécialisés, sélectionnés à partir d’un CAPES informatique, enseigneront l’informatique dans chaque cycle. Les programmes scolaires intégreront des rudiments de programmation et de codage. L’outil numérique permettra de compléter les manuels scolaires traditionnels en passant 25% des manuels scolaires au format digital en 5 ans.

 

 

La France est-elle armée pour faire face aux processus d’automatisation et de robotisation ? Croyez-vous au recul de l’emploi à moyen terme ?

L’OCDE évalue à 9% le nombre d’emplois automatisables en France, ce qui nous situe dans la moyenne des pays évalués par cette institution. Cette évolution doit bien évidemment être accompagnée pour en tirer le plus grand profit en termes d’efficacité et de compétitivité. Les nouvelles technologies offrent un nouvel élan d’innovation pour réindustrialiser le pays. Mais ne perdons pas de vue que les hommes et les femmes ont des ressources que les machines n’auront pas de sitôt.

 

Je crois au travail humain. Et je crois aussi que l’automatisation de certaines tâches va justement favoriser encore la dimension «humaine»  du travail. Comment accompagner le phénomène de robotisation et de remplacement de certains emplois ? Il s’agit aussi d’adapter nos formations et notre système d’enseignement pour répondre aux nouveaux besoins. Je veux faire de la France une «smart nation»  en misant sur les compétences nouvelles exigées par la révolution numérique. Je pense notamment aux compétences techniques. Il faut anticiper nos besoins en ingénieurs, en développeurs etc… Ensuite, la baisse du coût du travail permettra d’éviter d’accélérer artificiellement la substitution technologie /travail.

 

 

Faut-il concevoir une réforme constitutionnelle ?

Je partage l’idée selon laquelle nos Institutions doivent être perfectionnées pour répondre aux évolutions de notre société, du rôle du citoyen et de notre démocratie. Pour autant, j’estime qu’une telle transformation ne doit pas se faire dans la précipitation et encore moins dans un contexte de crise tel que celui que nous traversons aujourd’hui. La priorité est de réformer pour relancer notre économie, affirmer l’autorité de l’Etat, assurer la sécurité des Français et affermir la cohésion au sein de notre pays. Après cela nous pourrons envisager une réforme de nos Institutions.

 

 

Comment améliorer les performances de notre fonction publique ?

J’estime que l’avenir de la fonction publique ne se résume pas à la maîtrise des dépenses publiques. Les agents publics représentent aujourd’hui 20% de la population active en France. Je veux leur offrir un projet ambitieux de rénovation des services publics et de la fonction publique. Je propose un vrai pacte de progrès, réaliste et ambitieux aux agents publics qui s’intégrera dans une réforme en profondeur de l’Etat visant à placer l’usager au centre de ses évolutions en s’appuyant notamment sur la révolution numérique. Mon projet repose sur quatre engagements.

 

Je veux tout d’abord assurer aux administrations la souplesse de fonctionnement indispensable à la continuité et à l’adaptabilité des services publiques. Je veux ensuite réaliser des efforts de productivité qui permettront aux trois fonctions publiques de dégager d’indispensables marges de manoeuvre et passer à 39 heures dans la fonction publique. Je souhaite également reconnaître davantage le travail et accompagner la carrière des agents publics, à la faveur d’une politique de ressources humaines profondément modernisée. Enfin, il s’agira de donner aux agents publics plus de liberté collective pour moderniser leur activité et leur travail au sein des administrations, avec pour horizon l’administration à l’heure numérique.

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