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Geoffroy Roux de Bézieux, le patron baroudeur

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À 53 ans, avec son physique de gendre idéal et son franc-parler, le serial entrepreneur et vice-président du Medef croit au numérique et investit dans les entreprises de la nouvelle économie.

Noblesse oblige

Son aïeul, à l’époque échevin de Lyon, a été anobli en 1771. Si Geoffroy est né à Paris, dans le XVème arrondissement, la famille Roux de Bézieux est encore aujourd’hui implantée en territoire lyonnais. Son cousin germain, Erick, patron d’une agence de communication, a été adjoint au maire du VIème arrondissement.

Fils d’un père banquier, Geoffroy Roux de Bézieux fait ses études secondaires à Sainte-Croix de Neuilly, tout en dévoilant un caractère plutôt casse-cou.

 

Parce qu’il le vaut bien !

Diplômé de l’ESSEC et du master «Affaires internationales» de Dauphine, sa carrière professionnelle semblait toute tracée. Geoffroy Roux de Bézieux entre chez L’Oréal en 1986, prenant la direction du marketing au Royaume-Uni avant de créer la filiale polonaise en 1993. Mais il n’était pas fait pour le salariat, même à haut niveau.

 

Esprit commando

Le discours du patron est volontiers viril, voire martial : «Travailler avec moi, c’est un peu marche ou crève. Avec beaucoup de plaisir si on marche et beaucoup de souffrance autrement. Et je ne fais pas de prisonnier». Faut-il y voir un souvenir de son passage dans l’armée ?

 

Geoffroy Roux de Bézieux s’est en effet engagé à 20 ans dans les commandos marines, où il sert sur le terrain, à Djibouti puis au Liban en pleine guerre civile.

 

Le téléphone rit...

Geoffroy Roux de Bézieux quitte L’Oréal en 1996 pour créer avec Pierre Cuilleret le premier réseau de magasins dédié à la téléphonie mobile, The Phone House. Il le revend en 2001 à Carphone Warehouse, empochant au passage 50 M€.

 

Il prend alors la direction de Virgin Mobile, et le place au rang de 1er opérateur virtuel français en 3 ans. Une fonction qu’il quitte en 2014, lorsque SFR rachète la société pour 325 M€.

 

Entrepreneur chez les patrons

Après avoir dirigé CroissancePlus de 2005 à 2008, l’entrepreneur rejoint le Medef. Président de l’Unedic, il mène à bien la fusion entre le réseau des Assedic et l’ANPE en 2009.

 

En 2013, il se présente à la présidence de l’organisation patronale, avant de se désister en faveur de Pierre Gattaz. À l’élection de celui-ci, il est nommé vice-président du Medef, où il essaie, parfois avec difficultés, de porter la parole des créateurs d’entreprises.

 

Actions de foi

Geoffroy Roux de Bézieux est marié depuis 1990 avec Sabine Montet, avec qui il a 4 enfants. Après une carrière professionnelle dans la banque et le conseil, elle est très impliquée dans les actions caritatives.

Elle dirige notamment la fondation Araok, qu’elle a créée en 2005 avec son mari, et a lancé l’association Un Esprit de Famille, qui rassemble les fondations familiales en France. La philanthropie, un choix naturel pour le patron catholique, qui se voit comme «un moine bâtisseur».

 

Discours iconoclaste

L’entrepreneur récidiviste, comme il se définit lui-même, défend une morale des affaires et veut «redorer l’image de l’économie de marché en France». Il a écrit deux livres, «Salauds de patrons !» et Pour sortir de la crise, le capitalisme, qui lui ont valu d’être considéré, notamment par les médias, comme «le patron qui attaque les patrons». Ça doit parfois déménager un peu dans les couloirs du Medef.

 

Détours en ovalie

Le ballon ovale a été «une passion dévorante jusqu’à 45 ans» pour l’ancien demi d’ouverture, qui y a laissé deux dents et quatre fois la cloison du nez. Mais sa tentative de passer de l’autre côté ne sera pas couronnée de succès.

 

En 2010, il entre au conseil d’administration du club de rugby du CS Bourgoin-Jallieu, sous la présidence d’Arnaud Tourtoulou, son ami de 30 ans, avec comme objectif de faire du CSBJ «LE» club de la région Rhône-Alpes et pour ambition les phases finales françaises et européennes. Le CSBJ est placé en liquidation judiciaire et rétrogradé en D2 deux ans plus tard.

 

Sportif accompli

«Le sport, comme l’entrepreneuriat, c’est l’école de la ténacité», affirme Geoffroy Roux de Bézieux. Et ce n’est pas une parole en l’air. Chez lui, ni golf ni kitesurf.

 

Outre la boxe, qu’il pratique toujours dans le garage de son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine reconverti en ring, il s’est mis à 45 ans au triathlon. Une discipline exigeante, «une des rares où l’on peut encore progresser passé la cinquantaine», qui correspond bien à son goût de l’effort, que l’entrepreneur affiche crânement.

 

Fonds d’entrepreneurs

Fin 2008, il cofonde avec Pierre Kosciusko-Morizet (PriceMinister), Stéphane Treppoz (Sarenza) et Ouriel Ohayon (Appsfire) le fonds d’investissement des entrepreneurs de l’Internet ISAI («différent, remarquable» en japonais). Dirigé par Jean-David Chamboredon, ISAI regroupe aujourd’hui plus de 80 entrepreneurs, comme les fondateurs d’Allo Resto ou de Criteo, et a investi dans des pépites comme BlaBlaCar.

 

Tout baigne dans l’huile

On ne l’attendait pas là ! En janvier, l’ex-patron de Virgin Mobile a acheté Oliviers & Co, spécialisée dans la vente d’huile haut de gamme, via sa société d’investissement Notus Technologies. Fondée en 1996 par Olivier Baussan, créateur de L’Occitane, la société correspond à l’objectif de l’entrepreneur, qui recherchait «une PME grand public avec un réseau de distribution, éventuellement dans le secteur de l’agroalimentaire de luxe».

 

Oliviers & Co réalise 30 M€ de CA, dont 60% à l’export, mais Geoffroy Roux de Bézieux entend aller beaucoup plus loin. «La marque a un gros potentiel à l’international. Je veux ouvrir de nouveaux pays, accélérer la digitalisation et investir de manière significative». Une nouvelle aventure à suivre.

 

Et la politique ?

S’il ne fait pas mystère de ses convictions libérales et dénonce, en tant que vice-président du Medef, la gestion de la France «comme un ménage surendetté», il ne prend pas parti pour un camp, affirmant même que «depuis 30 ans, gauche et droite confondues, on a augmenté les impôts à chaque fois qu’on avait un problème».

 

Pourtant, il n’est pas désengagé. «C’est un homme du secteur privé à l’américaine. Il pense qu’une fois qu’on a réussi, on doit consacrer du temps à la chose publique. Pendant 6 mois, il est venu au moins trois fois par semaine travailler avec nous», explique Jacques Attali, qui l’a fait participer à sa commission. Une autre forme d’engagement

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