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Hainaut Plast Industry invente une nouvelle filière de recyclage

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Le PVB, un matériau peu connu pourtant très présent dans notre quotidien ne se recyclait pas... jusqu’à ce que la jeune entreprise Hainaut Plast Industry en fasse son cœur de métier.

Difficile d’y croire, et pourtant, il existe encore des matériaux pour lesquels aucune solution de valorisation des déchets n’a été trouvée, à l’image du PolyVinyl Butyral (PVB), présent notamment dans la constitution des pare-brise des voitures, des vitres anti-effraction... sous la forme d’une feuille de plastique transparent, souple et résistant (seul le verre faisant l’objet d’un recyclage).

 

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Chaque année, des milliers de tonnes de PVB finissent ainsi en décharge. Un constat peu reluisant qui a incité David Paté à se lancer en 2013 dans une aventure entrepreneuriale où économie rime avec écologie aventure avec la fondation de Hainaut Plast Industry (HPI).

 

Un entrepreneur visionnaire

Le parcours de David Paté, 56 ans, fondateur de Hainaut Plast Industry, situé à Cambrai (59), est pour le moins atypique. Chirurgien dentiste dans une autre vie, l’homme à la carrière tout tracée change pourtant radicalement de voie.

 

«Je me suis rendu compte que je préférais l’industrie à une vocation médicale. Je me suis donc lancé dans une activité de collecte de verre en 1986 qui a connu un développement rapide», se remémore l’entrepreneur. En 1996, France Pare-brise Recyclage voit le jour, fusion de l’entreprise de collecte et du fonds de commerce de son père qu’il a racheté en 1992, la nouvelle entité devenant spécialiste national de la collecte des pare-brise.

 

En 1997, une usine de retraitement des emballages en verre est même inaugurée au Havre, avant que David Paté n’ouvre le capital de sa société et vende ses activités au groupe belge Sibelco (producteur notamment de sable siliceux) en 1998.

 

«Grâce à l’appui technique et financier du groupe, nous avons pu développer et étendre nos activités en Belgique, en Allemagne et en Italie», détaille le dirigeant. Celui qui connaît sur le bout des doigts le recyclage du verre quitte pourtant son confortable poste de P-DG en 2012 pour se lancer dans un nouveau projet novateur : le recyclage du PVB.

 

Une nouvelle filière de recyclage

«Le PVB est considéré par tous les centres de recyclage de verre plat comme un déchet fatal du traitement des verres feuilletés bâtiment (vitrage anti-effraction) et du vitrage automobile (pare-brise). Une solution de valorisation était donc encore à imaginer pour ce gisement de matière plastique très spécifique. C’est ce qui m’a intéressé», raconte David Paté.

 

Début 2014, Bruno Gautier, ingénieur dans le domaine de la plasturgie, rejoint l’aventure. «Ensemble, nous avons travaillé sur un process de traitement pour aboutir à la fabrication d’une nouvelle matière première directement utilisable par les industriels de la plasturgie».

 

L’activité de HPI consiste donc à régénérer le PolyVinyl Butyral usagé issu de la filière de recyclage du verre. Après avoir collecté les flocons de PVB, ces derniers sont triés, lavés, puis fondus dans une extrudeuse. Des additifs peuvent ensuite être rajoutés si nécessaire (antioxydants, coloration, compatibilisant…), puis vient la phase de compoundage où la matière est mélangée avant d’être enfin réduite en granulés utilisables par l’industrie du plastique.

 

«Le PVB post consumer que nous recevons provient des recycleurs de verre situés dans un rayon proche de notre usine, en France mais aussi dans les pays limitrophes. Et les granulés que nous produisons sont aptes à être utilisés dans la plasturgie, à travers différents procédés comme l’extrusion, l’injection... Nous proposons ce PVB en deuxième vie à un prix sensiblement inférieur aux plastiques de commodité utilisés dans les mêmes procédés techniques. Les applications du PVB sont nombreuses car ce polymère possède des caractéristiques techniques très intéressantes : ténacité, flexibilité, polarité, couleur neutre... Il peut même se substituer à d’autres matières plus coûteuses, être utilisé comme élastomère, plastifiant pour le PVC, liant, colle/adhésif...», insiste le chef d’entreprise, convaincu qu’il s’agit d’une matière d’avenir.

 

Un marché porteur et écoresponsable

«Nous sommes persuadés que le secteur est porteur. Nous avons d’ailleurs investi 9 M€ pour la réalisation de la première unité industrielle de recyclage de PVB usagé dotée d’une capacité de production de 15.000 tonnes/an».

 

L’usine, actuellement en construction, devrait être inaugurée prochainement, les premières livraisons clients devant intervenir avant la fin de l’année. «Nous sommes actuellement dans la phase d’installation du process de production. Nous prévoyons un démarrage sur le dernier trimestre 2015.

 

Cette activité en 3 x 8 va générer entre 20 et 25 emplois au fur et à mesure de sa montée en charge, et assurer une production journalière de 50 tonnes par jour de granulés de matière plastique».

 

À ce rythme, HPI espère atteindre 7 M€ de CA dès 2016.

Ce projet, qui s’inscrit dans les préoccupations environnementales actuelles, a un bel avenir. En plus de faciliter le recyclage des pare-brise et autres vitrages, HPI ouvre la voie d’une nouvelle filiale de recyclage.

 

L’entreprise a d’ailleurs reçu le soutient de l’Ademe pour concrétiser son projet. «Il aurait été beaucoup plus difficile à mettre en œuvre sans l’aide de l’Ademe, et cela aurait nécessité beaucoup plus de temps et d’énergie pour le bouclage financier du projet», reconnaît l’homme fort d’HPI. En subventionnant cette initiative, l’Ademe reconnaît, outre son intérêt dans l’empreinte carbone, sa faisabilité et sa capacité d’insertion sur le marché.

 

«Le partenariat avec l’Ademe est véritablement un atout», reconnaît David Paté, qui a reçu un soutien financier avec une avance remboursable de 998.000 €. «Mais cette collaboration nous permet également d’être mis en relation avec d’autres entreprises afin de trouver et mettre en œuvre rapidement des solutions à certaines problématiques pointues et d’acquérir une certaine notoriété.

 

De quoi gagner la confiance de nos partenaires (fournisseurs, clients, donneurs d’ordre) et les convaincre du sérieux de notre projet», se réjouit David Paté. Résolument novateur, nul doute que ce PVB «ressuscité» trouve peu à peu sa place sur le marché. 

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