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Innovation : Arkometha mise gros sur la ferme solaire et éolienne

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Spécialisée dans la construction de centrales de production d’électricité en développement, Arkolia Énergies mise depuis 2012 sur la méthanisation et compte bien révolutionner le secteur.

Créé en 2010 par Laurent Bonhomme et Jean Sébastien Bessière, Arkolia Énergies fait partie des entreprises qui s’emploient à construire le monde de demain. Résolument innovante, la PME s’est, en effet, spécialisée dans la construction clés en main de centrales de production d’électricité en développement, notamment de fermes solaires et d’éoliennes.

 

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Son modèle repose sur une approche incluant l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction et la maintenance des équipements qu’elle développe. Depuis 2012, elle a fait le choix de s’investir également dans le secteur de la méthanisation, explorant le procédé multi-étapes par voie sèche et continue, une première en France.

 

Son projet Arkometha est d’ailleurs soutenu par l’Ademe dans le cadre des investissements d’avenir, et porte en lui de nombreux espoirs, notamment celui du développement d’une filière française qui participera à l’aménagement du territoire par l’implantation de nombreuses installations plus performantes, apportant un revenu supplémentaire aux exploitants agricoles et une nouvelle source d’engrais naturels.

 

Méthanisation revisitée
Cette nouvelle technologie est portée par un homme qui l’a lui-même imaginée puis conçue : Michel Bonhomme, le directeur R&D industrielle d’Arkolia.

 

Il faut dire que ses premières recherches sur le sujet ne sont pas récentes. En 1989, il est déjà à l’origine des premières installations de déchets ménagers en France avec sa société Valorga, en réalisant l’usine de méthanisation de déchets ménagers d’Amiens, une première à l’époque !

 

Celle-ci traite d’ailleurs encore aujourd’hui une partie des déchets du département de la Somme. Pour rappel, le processus de méthanisation consiste à introduire des substrats organiques biodégradables tels que des substrats de ferme (fumiers, lisiers...) et agricoles (herbes, maïs...) ou des déchets ménagers dans une ou plusieurs cuves chauffées à des températures favorables au développement des bactéries.

 

La matière entre dans le fermenteur, produit du gaz et ressort au bout de 15 à 20 jours selon les substrats. Le biogaz dégagé et récupéré contient près de 60% de gaz méthane du même type que celui distribué dans les réseaux pour le chauffage ou la cuisson. La matière digérée, le digestat, est ensuite utilisée comme amendement ou engrais en agriculture. Fondé sur le même principe, le procédé développé par Arkolia avec Arkometha va plus loin.

 

«Le fermenteur est divisé en compartiments dans lesquels la matière circule durant une quinzaine de jours à des températures différentes, propices au développement de plusieurs familles de bactéries, plus performantes. Cette circulation sectorielle est rendue possible par un système de cheminées qui plongent dans les secteurs et provoquent l’agitation de lépaisse. Chaque secteur est considéré et géré comme un mini-réacteur, ce qui favorise le développement approprié des populations bactériennes et la création de biogaz», explique Michel Bonhomme.

 

Si le procédé est technique, les résultats sont pourtant clairs : «La sectorisation de la fermentation, le système de brassage et les températures différenciées permettent d’optimiser le travail des bactéries pour produire plus de biogaz par tonne de substrats. La fermentation se déroule dans un volume de cuves beaucoup plus réduit, de l’ordre de 3 à 4 fois moins qu’en voie liquide.

 

Ce système favorise l’anticipation et le pilotage des installations en faisant appel à une technologie plus élaborée». Arkometha offre donc une meilleure rentabilité pour des projets de taille moyenne. Elle est aussi mieux adaptée aux projets collectifs et aux projets de méthanisation des déchets ménagers pouvant être mélangés avec des boues urbaines et des biodéchets.

Une énergie plus propre
Suite au processus de méthanisation, le biogaz est récupéré dans des stockages tampons appelés gazomètres, puis transformé en électricité par des cogénérateurs. Il peut également, après épuration des gaz non combustibles, être réinjecté dans le réseau de GRDF ou conditionné pour êtrea matière  utilisé en carburation.

 

Les possibilités liées à cette énergie sont donc nombreuses et, surtout, elle fait appel à l’économie circulaire et au célèbre adage : «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme», une alternative plus que bienvenue dans le contexte de réduction des gaz à effet de serre. Le projet Arkometha a d’ailleurs reçu le soutien de l’Ademe.

 

«Cette aide nous a permis de mobiliser les ressources techniques et humaines sur plusieurs années pour mettre en oeuvre de nombreux pilotes au laboratoire, collaborer avec des organismes de recherche, et construire une installation appelée démonstrateur qui nous a permis le passage délicat entre l’idée inventive, la R&D et le développement industriel».

 

Grâce à cette impulsion, Arkolia a déjà bien avancé le développement de sa technologie Arkometha. «Nous avons plusieurs constructions en cours pour des agriculteurs et nous travaillons sur plusieurs projets avec des collectivités », expose Michel Bonhomme. Il est d’ailleurs prévu que chaque installation aujourd’hui puisse bénéficier des perfectionnements du programme en cours qui devrait conduire à des évolutions et à des nouvelles adaptations du procédé.

 

«Nos travaux nous ont permis de dégager de nouvelles perspectives de développement parallèlement à un développement commercial aujourd’hui engagé. Suite à nos premiers travaux, nous pouvons affirmer que la méthanisation a de belles perspectives à venir», annonce fièrement le chercheur. Une bonne nouvelle pour la planète et les générations futures !

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