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La guerre des drones a commencé !

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A l’origine destinés à un usage militaire, les drones explosent aujourd’hui dans les secteurs civils, de l’agriculture aux ouvrages d’art, du BTP à l’industrie. Très bien placés face à la concurrence américaine, les Français veulent créer une une filière française du drone, leader sur le marché mondial.

 

Les drones vont connaître au XXIème siècle le même développement exponentiel que l’aviation au début du XXème siècle affirment certains analystes. Aux États-Unis, le marché devrait représenter 82 Mds$ de CA (73 Mds€) d’ici 10 ans et créer plus de 100.000 emplois dans les prochaines années.

 

En France, le secteur des drones civils devrait connaitre une croissance annuelle de plus de 70%.

 

«Nous nous attendons à voir apparaître les premiers grands contrats entre donneurs d’ordres et opérateurs, dans l’inspection des ouvrages d’art, l’agriculture et le BTP», analyse Flavien Vottero du cabinet Xerfi, auteur de l’une des premières études. Pour lui, les drones civils sont un secteur encore émergent, mais représentant un potentiel énorme.

 

Une multitude d’applications

Si, à l’origine, les drones ont été essentiellement développés pour un usage militaire, ils explosent aujourd’hui dans les secteurs civils, de l’agriculture aux ouvrages d’art, du BTP à l’industrie. La capacité de ces engins à embarquer une charge utile, telle que caméra, capteurs ou instrument de mesure, leur permet de réaliser des missions variées : surveillance, renseignement, cartographie, transport, vidéo…

 

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«Il existe plus de 250 applications de drones civils et nous en découvrons de nouvelles tous les jours. On distingue les petits opérateurs de prise de vue, qui travaillent pour des médias, des agences immobilières ou des particuliers pour des photos de mariage ou de maisons... et ceux qui traitent les images.

 

Ces derniers s’adressent à de gros clients industriels. Il s’agit par exemple d’analyser un réseau électrique pour ERDF, de faire des études de modélisation de chantier pour des groupes de BTP, de mesurer la croissance des cultures agricoles et leur irrigation pour des exploitants... ou encore de repérer des corps humains après une avalanche !», explique Emmanuel de Maistre, fondateur de RedBird et président de la Fédération française du drone civil.

 

La France vole en tête

La France est le 1er pays européen à s’être doté d’une réglementation qui autorise dans le ciel français les vols à longue distance et hors de la vue du pilote, au-dessus de zones non peuplées. Cette réglementation a développé la recherche et fait exploser le nombre de constructeurs et d’opérateurs, qui devaient auparavant demander des autorisations exceptionnelles à chaque vol, et fait de l’Hexagone le leader du secteur. Aujourd’hui, si on compte peu de constructeurs, plusieurs centaines d’entreprises exploitent, revendent ou distribuent la technologie du drone.

 

Plus de 1000 emplois générés en Aquitaine

L’Aquitaine, région traditionnelle de l’aéronautique est particulièrement représentée sur ce nouveau marché, avec 80 structures (entreprises, laboratoires, universités...) et plus de 1.000 emplois générés. Elle accueille également sur l’aéroport de Bordeaux- Mérignac l’UAV Show, événement européen de référence, avec plus de 6.500 visiteurs pour l’édition 2014.

 

Pour garder une longueur d’avance sur ce secteur émergent, trois pôles de compétitivité, Astech, Pégase et Aérospace Valley, dédiés à l’industrie aéronautique et spatiale, développent cette activité. Enfin, les drones civils ont été intégrés dans l’un des 34 plans de la Nouvelle France Industrielle, avec l’objectif de faire émerger une filière française leader sur le marché mondial.

 

Beaucoup (trop ?) d’acteurs

La plupart des pays européens sont en train de rattraper leur retard par rapport à la France, notamment la Grande- Bretagne, l’Allemagne et la Suède, dans la perspective de l’ouverture du marché américain.

 

Car la France ne représente que 5% du marché mondial des drones civils, c’est donc à l’échelle mondiale que tout va se jouer. On compte aujourd’hui 900 opérateurs de drones civils en France, avec plus de 200 lancements chaque année. Une croissance qui doit être relativisée, car il s’agit de toutes petites structures. Même parmi les acteurs les plus médiatiques, certains n’atteignent guère plus de 1 M€ de CA : «Il n’y a pas de risque de bulle, parce qu’il n’y a pas eu d’investissements massifs. Mais une phase de maturation du secteur est nécessaire.

 

À terme, seuls un petit nombre d’entreprises tireront leur épingle du jeu. La profession est aujourd’hui à un tournant. Les grands appels d’offres sont encore trop peu nombreux. Il existe aujourd’hui un décalage entre les sommes investies par les entreprises de drones et le CA généré par les donneurs d’ordres sur cette activité. Ce qui explique des situations difficiles comme celle de Delta Drone. Si les PME gardent toutes leurs chances, elles doivent croître rapidement, sous peine de se faire dévorer par la concurrence», souligne Emmanuel de Maistre. Et celle-ci ne va pas se limiter aux autres pays européens. Les ténors de l’aéronautique, comme Safran, Thalès ou Airbus, ne resteront pas en retrait très longtemps. La bataille du ciel ne fait que commencer.  

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