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La presse est-elle vraiment en crise ?

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Cette question hante aussi bien les diffuseurs que les groupes de presse. Face à la digitalisation croissante des usages, la presse vit un changement de paradigme qui bouleverse une économie. Michel Françaix, député (PS) de l'Oise, rapporteur des médias, fait un point sur la situation d'un secteur à la croisée des chemins.

 La presse est-elle en crise ?

Michel Françaix : La presse souffre énormément. Mutation numérique inachevée, vieillissement et attrition du lectorat, réduction drastique des investissements publicitaires… les causes de cette crise sont multiples et, pour certaines, installées pour longtemps. En 2014, un rapport relatif à l'avenir de la presse écrite, dont les détails sont demeurés confidentiels, concluait : «avant la fin de la décennie, la distribution de la presse quotidienne nationale va encore diminuer de quarante points, celle de la presse magazine de trente à trente-cinq points». Ce qui n'est guère encourageant

 

 La situation est-elle irréversible ?

MF : Les investissements destinés à la modernisation des structures et des méthodes de travail commencent à porter leurs fruits, le système de distribution retrouve une stabilité à laquelle peu croyaient encore. Parallèlement, le soutien sans faille de l'État, l'effort renforcé en faveur des quotidiens d'opinion, le pari de la modernisation des circuits de la vente au numéro en passe d'être gagné ouvrent des perspectives encourageantes, même si la situation reste très complexe.

 

 Quelles sont les conséquences pour les marchands de journaux ?

MF : L'érosion continue des ventes au numéro (6,6% en 2010, 6,8% en 2011, 8,6% en 2012, 11% en 2013, 7,1% en 2014) se traduit naturellement par des difficultés dans le réseau de diffusion. Et un réseau moins dense a pour conséquence, selon un engrenage aussi logique que dangereux, d'aggraver encore le résultat de la vente au numéro. Entre 2010 et 2014, on a enregistré la disparition de 3.425 établissements, soit 11,7% du nombre de points de vente. Cette érosion engendre un effet de concentration du réseau. Les 1.000 premiers diffuseurs, qui ne représentent plus que 3% du réseau, réalisent désormais 23% du chiffre d'affaires.

 

 Que faut-il faire pour aider les diffuseurs ?

MF : Le phénomène d'appauvrissement du réseau conduit à une réduction du chiffre d'affaires moyen de la filière et, partant, de la rémunération des diffuseurs. Évaluée en moyenne à 17% du chiffre d'affaires, cette rémunération était l'une des plus faibles d'Europe. Depuis le 1er juillet 2014, une revalorisation a été mise en place. La rémunération moyenne des kiosques sera ainsi portée à 23,2% sur les publications et les quotidiens.

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