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Start-up : comment Canberra surfe sur le crowdfunding immobilier

Entreprendre.fr

Avec un ancrage sur les marchés de l’Île-de-France et des Alpes-Maritimes, cette jeune start-up mise sur le crowdfunding et une approche innovante de la promotion immobilière.

Ils sont ambitieux ! Caroline Courvoisier, 33 ans, et Olivier Albert, 32 ans, fondateurs du groupe Canberra, espèrent 5 M€ de CA pour leur première année d’existence.

 

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Leur start-up, basée dans le VIIème arrondissement de Paris, œuvre dans la promotion immobilière, notamment un nouveau segment porteur : le crowdfunding immobilier. «Caroline et moi avions envie de créer notre entreprise afin de mettre en action nos idées. Nous sommes jeunes et nous avons envie d’entreprendre et d’innover», témoigne ainsi Olivier Albert.

 

Promotion immobilière et métiers d’art

«Nous faisons le même métier que Bouygues Immobilier ou Vinci Immobilier. C’est pourquoi nous avons souhaité d’emblée nous différencier, d’abord par la taille des propriétés que nous souhaitons construire, en privilégiant les copropriétés à taille humaine, d’une vingtaine de logements, davantage dans l’air du temps», affirme le jeune entrepreneur.

«Nous mettons également l’accent sur les métiers d’art, enchaîne Caroline Courvoisier. Les bâtiments d’habitation restent dans le paysage urbain 10, 20, 50 ans, voire plus ! Nous souhaitons donc que les nôtres puissent s’inscrire dans le patrimoine français. C’est pourquoi nous voulons intégrer des savoir-faire ancestraux dans nos constructions, pour mettre en avant le patrimoine français via des artisans de la construction. Par exemple, nous souhaitons faire appel à un maître-verrier pour réaliser les fenêtres et donner du cachet à nos bâtis».

Le groupe Canberra travaille actuellement sur un programme d’une vingtaine de logements à Nice, dans le quartier Valrose. «Pour ce programme, nous cherchons du côté de l’Histoire du quartier, l’un des premiers à avoir été libéré en 1944. À partir de ces recherches historiques, nous démarcherons des artisans afin que le bâtiment soit en lien avec cette Histoire et s’inscrive au mieux dans son quartier. Créer un lieu unique en quelque sorte», précise la jeune femme.

Autres programme en préparation pour Canberra, cette fois en région parisienne, à Issy-les-Moulineaux, Clamart et Bagnolet. «Pour l’instant, nous souhaitons rester sur nos zones géographiques de prédilection : l’Île-de-France et les Alpes-Maritimes, indique cette diplômée de l’ESG. L’immobilier est un métier qui nécessite de connaître des entreprises fiables et les spécificités du marché local. Nous travaillons uniquement sur ces deux zones car nous y avons un réseau et une expertise».

 

Le boom du crowdfunding immobilier

Le groupe Canberra a une autre corde à son arc, le crowdfunding immobilier, un créneau en plein essor qui permet de financer des projets immobiliers par l’épargne d’investisseurs particuliers. «Pour réaliser des projets immobiliers, il faut de l’argent, ce qui demande une levée de fonds», explique Olivier Albert.

«Les particuliers ont une vraie appétence pour la pierre et les entreprises de notre taille ont besoin de fonds : le développement du crowdfunding nous semble donc être la solution idéale», poursuit Caroline Courvoisier. Son compère de conclure : «Cela connecte les investisseurs intéressés et les entreprises en recherche de fonds. Les entrepreneurs porteurs de projets immobiliers trouvent ainsi des financements plus facilement que via les banques. Quant aux investisseurs, ils bénéficient d’un rendement plus élevé que par une méthode classique, entre 5 et 10% par an».

Chaque projet sera étudié en fonction du business plan et du potentiel, précisent les deux fondateurs. «La seule condition ? Qu’il soit à dominante immobilière. Il peut donc s’agir d’un cabinet d’architectes, d’un projet de promotion immobilière...». Sur canberra-immo.fr, la partie consacrée au crowdfunding est d’ailleurs déjà opérationnelle : les entrepreneurs peuvent déposer leurs projets et les investisseurs s’inscrire.

En revanche, l’activité n’a pas encore débuté. «Toute plate-forme de crowdfunding doit avoir le statut de Conseiller en investissement participatif (CIP). Nous avons déposé notre dossier auprès de l’Autorité des marchés financiers et attendons leur feu vert d’ici mai. Cela prend du temps car l’AMF est très exigeante, ce qui n’est pas un mal», indique Olivier Albert.

 

Levée de fonds et réhabilitation

Le groupe Canberra, qui n’emploie que 3 personnes, compte recruter des bras supplémentaires d’ici la fin de l’année. «À moyen terme, nous allons nous lancer dans l’achat de petits immeubles pour les revendre en lots, en nous concentrant sur la réhabilitation d’immeubles existants et la transformation d’immeubles de bureaux en logements», explique Olivier Albert.

 

Pour cela, le groupe mise sur une levée de fonds. «Nous augmentons notre capital via un cercle restreint d’investisseurs, et comptons lever 2,5 M€», commente Caroline Courvoisier. Optimiste, le duo croit dans le renouveau de l’immobilier français : «Nous croyons beaucoup au développement de l’investissement locatif grâce à la loi Pinel, de bonnes mesures de relance relancer, contrairement à la loi Alur qui avait mis un coup de frein», analyse Olivier Albert.

 

«En revanche, nous pensons que les grandes copropriétés n’ont plus d’avenir. Si les Français désirent toujours devenir propriétaires, ils ne veulent pas investir dans de grands ensembles, et se tournent davantage vers des programmes plus humains et des biens qui ne sont pas standardisés», poursuit Caroline Courvoisier. Très au fait d’un secteur en pleine mutation, les dirigeants de Canberra comptent bien tirer leur épingle du jeu en proposant leurs projets immobiliers novateurs.

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