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Le hardware, berceau des startups françaises

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Robot domestique, drone autonome, papier carbone numérique… dans quelques mois, on s’arrachera les objets futuristes créés par les entrepreneurs du hardware, notamment français. Un marché qui a le vent en poupe et la faveur des investisseurs. 

 

À l’ère d’Internet et du monde virtuel, on pourrait croire que les innovations liées aux objets bien réels sont derrière nous. Grosse erreur ! L’univers du hardware (équipement matériel, mécanique, magnétique, électrique et électronique constituant un objet) n’a jamais eu autant de pépites prometteuses.

 

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50% des jeunes pousses les plus performantes gravitent d’ailleurs dans ce secteur* et donnent lieu à de vraies sucess stories, à l’image du casque de réalité virtuelle Oculus racheté par Facebook pour 2 Mds$ (1,8 Md€), du thermostat Nest acquis par Google pour 3,2 Mds$ (2,8 Mds€) ou du casque Beat cédé à Apple.

 

La matière grise des ingénieurs français

Ces objets innovants, dont on ne pourra bientôt plus se passer, sortent tout droit de l’esprit ingénieux d’entrepreneurs… français. Comme l’a prouvé la dernière édition du CES de Las Vegas, la France est l’un des berceaux les plus prometteurs des pépites du hard.

 

C’est même, de tous les pays européens, le seul à abriter autant de jeunes entreprises de produits électroniques innovants. Un phénomène qui ne doit rien au hasard : «La France témoigne d’une vraie capacité à former de bons ingénieurs dans les logiciels et les systèmes embarqués», commente Alexis Houssou, fondateur du Hardware Club.

 

En effet, beaucoup de ces entrepreneurs ont fait leurs classes chez Aldebaran, qui a lancé le premier robot humanoïde Pepper, Parrot, leader sur le marché des drones, Alcatel-Lucent...

 

Alexis Houssou a bien compris qu’il fallait chouchouter ces matières grises hexagonales. Ce diplômé de l’EM Lyon, qui a créé la première structure mondiale d’accompagnement des jeunes pousses du hardware, vient d’ouvrir des bureaux à Paris, après San Francisco et Taïwan. Logique quand 26 jeunes pousses – sur les 135 sélectionnées – sont françaises, 40 venant des États-Unis.

 

Cette communauté permet aux dirigeants de ces entreprises innovantes d’échanger leurs expériences mais aussi de se regrouper pour négocier des tarifs plus attrayants avec les grands noms de la fabrication et de la distribution mondiales d’appareils électroniques.

 

Ils profitent ainsi «de partenariats avec des géants de la production, comme l’usine de fabrication d’Apple à Taïwan, et une trentaine d’enseignes de la distribution comme Fnac, Boulanger, Colette ou Cytadium», explique Alexis Houssou. Un tremplin qui a déjà permis à une dizaine d’entre elles d’ouvrir un corner un mois dans quelques grandes enseignes pour les fêtes de fin d’année. Un sacré coup de pub qu’elles n’auraient jamais pu s’offrir seules.

 

À la recherche d’investissements

Les pépites du hardware n’ont pas seulement besoin d’être biberonnées à coups de projecteurs et de publicité. Ces jeunes entreprises, aussi innovantes soient-elles, ont surtout besoin d’argent pour financer la fabrication et la commercialisation à l’échelle industrielle de produits de masse.

 

Beaucoup sont d’abord passées par le financement participatif, testant leurs idées auprès des internautes sur les plates-formes de crowdfunding comme Kickstarter. Ainsi, Lima et son boîtier de stockage de données a été l’une des premières pépites hexagonales à y lever 1 M$ (900.000 €).

 

De quoi donner des idées à Alexis Houssou, qui a créé sa société d’investissement pour accorder des fonds aux meilleures innovations pour un ticket moyen de 100.000 € en amorçage et 2 à 3 M€ en développement auprès de fonds européens. À ce jour, le Hardware Club a déjà financé une dizaine de jeunes pousses.

 

Prometteur à ses débuts, le hardware hexagonal risque pourtant d’être stoppé net. «Aucune jeune pousse n’a atteint une taille critique pour devenir un géant de l’industrie, comme c’est le cas aux États-Unis», déplore Alexis Houssou.

 

En cause ? La frilosité des investissements français dans un secteur où la fabrication de produits de masse à l’échelle industrielle requiert des investissements colossaux. «En France, les tickets des levées de fonds sont beaucoup plus petits. L’écosystème du capital-risque hexagonal est dérisoire».

 

Alors qu’outre-Atlantique, les jeunes pousses innovantes lèvent 10 à 15 M€ ; en France, on dépasse rarement 2 à 3 M€, une somme tout juste suffisante pour amener un produit sur le marché. Cherchez l’erreur...

 

«Avec un investissement plus important, ces jeunes pousses pourraient recruter une équipe de R&D, créer un produit plus mature et investir massivement en marketing». Alors qu’ils n’hésitent pas à investir des sommes pharaoniques dans la communication d’une marque, les investisseurs sont réticents à sortir leurs deniers pour les objets connectés et les services Web. Pour combien de temps ?

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