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Le Slip Français, une vraie réussite industrielle

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Fabriquer des slips en France : l'idée avait de quoi faire naître une moue perplexe chez les investisseurs... Pourtant, à coup de bonnes idées et d'innovations, le Slip Français cartoinne. Interview de Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français.

Fabriquer des slips en France, quelle idée ! C’est pourtant le pari un peu fou que fait Guillaume Gibault (31 ans) en 2011, sur un coin de table. Et pourtant, ce «Slip Français» voit le jour quelques mois plus tard dans un atelier au bord de la Drôme, garant d’un savoir-faire traditionnel et artisanal dans le slip depuis plus de 60 ans.

 

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Saint-Antoine en Dordogne était loin d’imaginer qu’elle allait redevenir capitale du slip en France ! Quatre ans plus tard, après 4 coups de buzz réussis (le «Changement de Slip c’est maintenant» durant la campagne présidentielle de 2012, «La Surprise du Chef» vue plus de 950.000 fois sur YouTube, la «Révolution du Slip Qui Sent Bon» et la campagne «Bouge ton Pompon»), des partenariats avec des marques établies (Princesse tamtam, Claudie Pierlot, agnès b., Saint James), 1 boutique à Paris, 2 pop up store, 2 campagnes de crowdfunding, 120 produits différents et 15 ateliers à travers la France, Le Slip Français (1,5 M€ de CA), qui a déjà vendu plus de 60.000 slips, part à la conquête du monde (Asie, États-Unis...) pour faire rayonner le savoir-faire tricolore.

 

Comment vous êtes-vous lancé ?

Guillaume Gibault : Un pari avec des amis de HEC ! À l’époque, je cherchais à créer une entreprise, sans idée précise... Mes amis m’ont lancé que je n’étais pas capable de “créer ma marque de slip”. J’ai pris leur provocation au pied de la lettre... Cela dit, en matière de sous-vêtements masculins, non seulement il existait un marché important, mais aussi il était possible de créer et d’imposer une nouvelle marque, à condition de proposer quelque chose de décalé.

 

Comment vous différenciez-vous de la concurrence ?

D’abord, par l’innovation ! Ensuite, par la façon de vendre nos produits. Enfin, par notre communication décalée, sans doute notre plus grande force, très axée sur les réseaux sociaux. D’emblée, nous avons misé sur les outils que nous avions sous la main pour nous faire connaître.

 

Vous mettez en avant le «made in France». Comment avez-vous trouvé vos sous-traitants ?

En tapant sur Google “sous-vêtements français”, 3 usines sont ressorties. L’une d’elles, Moulin neuf textile dans la Drôme affichait son slogan : “Le rêve du savoir-faire Français”. Il n’en a pas fallu plus pour me convaincre. Cet atelier est majoritairement féminin, le personnel a une grande et longue expérience... donc un incroyable savoir-faire. Et tous nos produits y sont fabriqués.

 

Votre dernier projet, vous lancer aux États-Unis grâce au financement participatif...

Nous nous sommes, en effet, lancés aux États-Unis grâce au site de crowdfounding Kickstarter, un excellent moyen de faire parler de nous et de nous internationaliser en faisant participer les “adeptes du Slip Français”. Dans l’ADN de notre marque, il y a cette idée de contenu, de notoriété, de réseaux sociaux et d’engagement envers notre communauté. Le crowdfounding est donc idéal pour nous. Mais nous avons ensuite lancé un Kickstarter principalement américain, en utilisant ce que l’on sait de mieux : raconter une histoire pour donner envie. Ainsi a commencé l’histoire d’amour entre Leo et Sherry. Notre objectif : la conquête de l’Ouest, le rêve américain !

 

Comment expliquez-vous que le sous-vêtement masculin soit un secteur porteur ?

D’abord, parce qu’il n’y a pas tant que marques que cela ! Surtout, en apportant la touche “made in France”, nous avons pu proposer un vrai produit mode de qualité. Mais, il reste encore beaucoup à faire dans ce secteur, beaucoup plus développé chez la femme que chez l’homme.

 

Peut-on innover dans un secteur aussi traditionnel ?

Oui... avec une bonne histoire et de bons produits.

 

Avez-vous un management de start-up ?

C’est indispensable, même si le management d’une start-up de 3 personnes n’est plus le même avec 30 collaborateurs. Il faut s’adapter au fur et a mesure que l’entreprise grandit...

 

Pouvez-vous être compétitif en termes de coût ?

Nous nous efforçons de produire les meilleurs produits à des prix compétitifs tout en respectant notre charte “made in France”. À chaque saison, c’est un pari difficile : trouver les solutions les plus adaptées et, parfois, les meilleurs compromis, afin de proposer des produits de qualité à un prix raisonnable.

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