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Le vignoble viticole français : une valeur sure ?

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Passion pour le vin, reconversion, placement financier... les Français sont de plus en plus nombreux à s’offrir un vignoble.

Les Français sont les premiers investisseurs sur le marché du foncier viticole. Sur les 600.000 hectares de vigne (hors champagne, cognac et armagnac) que compte le territoire, 98% sont détenus par les Français.

 

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Malgré un prix à l’hectare de vigne multiplié par 2 en 20 ans (50.000 à 250.000 €/ha dans le Médoc par exemple), le coût moyen d’une transaction viticole reste un investissement économiquement et fiscalement intéressant.

 

Retrait salvateur

Si les investissements étrangers sont devenus significatifs dans les années 90, c’est entre 2000 et 2010 que le nombre d’acquisitions s’est envolé... dans quasiment toutes les régions. Durant 10 ans, le contexte politique, économique et social est encore favorable et les conditions attractives pour les investissements étrangers, notamment avec l’arrivée de l’euro et un taux de change avantageux.

 

Depuis 8 ans cependant, les choses ont évolué. «Depuis 2008, les Britanniques, qui étaient les plus gros acquéreurs au début des années 2000, ont suspendu quasiment tous leurs investissements. Ainsi, à l’exception des investisseurs chinois, arrivés il y a seulement 5 ans et présents quasi exclusivement dans le Bordelais, le nombre d’acquisitions réalisées par les investisseurs étrangers est en baisse constante.

 

Si la crise n’est évidemment pas étrangère à cette situation, c’est aussi le résultat du “french bashing”, notamment dans la presse anglo-saxonne, et du contexte national social et fiscal instable», commente Michel Veyrier, fondateur de Vinea Transaction. Pourtant, malgré cette baisse des investissements étrangers (5 à 10% aujourd’hui contre 40% au début des années 2000), le volume global des transactions ne diminue pas. On parle même du grand retour des investisseurs français, de plus en plus friands de domaines viticoles à racheter.

 

Le vignoble viticole : une valeur refuge

Outre la belle demeure dans un environnement agréable, acquérir un vignoble reste toujours un placement attractif. «La majorité des Français recherche la sécurité et la vigne est une valeur sûre, un investissement stable, même en temps de crise. On peut également mentionner des raisons fiscales.

 

En tant qu’outil de travail, un domaine viticole est exonéré de l’impôt sur la fortune. De même, les droits de succession sont facilités. C’est également un actif qui sécurise les banques. Ainsi, un banquier accordera plus volontiers un prêt pour l’achat d’un vignoble que pour celui d’un commerce», détaille Michel Veyrier.

 

Qui sont ces Français qui se lancent dans le vin ?

Il y a différents profils selon le spécialiste mais les investisseurs sont «majoritairement des professionnels du vin, notamment les vignerons et négociants qui souhaitent sécuriser leurs approvisionnements en raison de petites récoltes et pour faire face à la demande croissante, ou qui, tout simplement, veulent s’agrandir... pour installer leurs enfants par exemple. On voit aussi d’autres profils : quelques particuliers, en reconversion professionnelle profondément “amoureux” du vin et qui ciblent de petits domaines ; de “jeunes” retraités qui cherchent un beau cadre de vie à défiscaliser ; des hommes d’affaires qui associent leur nom à un domaine prestigieux, des hôteliers qui surfent sur la vague de l’œnotourisme...». Et a priori, tout le monde y trouve son compte.

 

Où acheter ?

Les prix du foncier viticole sont évidemment plus élevés dans les appellations françaises les plus prestigieuses. Pour s’offrir un de ces petits paradis, il faut débourser plus de 9 M€/ha pour les grands crus de Bourgogne, 2 M€ à Pauillac, 1 M€ à Hermitage. Pourtant, même en Bourgogne ou dans le Bordelais, tous les vignobles ne se négocient pas à des prix aussi hauts, il suffit de s’éloigner des AOC mondialement réputées.

 

Ainsi, en Bourgogne, l’hectare d’une appellation régionale se négocie entre 34.000 et 60.000 €. Mieux encore, certaines appellations promues à un bel avenir peuvent se révéler très rentables. Ainsi, le prix du vignoble à Vacqueyras a été multiplié par 3, du Gigondas par 4, de Châteauneuf-du-Pape par 5 et d’Hermitage par 10... Une valorisation fait rêver.

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