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Les dessous de l'économie / Février 2017

Robert Lafont

Construction

 

Après une période de transition de 16 mois, Jean-Marc et Catherine Guillet passent définitivement la main, leur société, Guillet Production (2,8 M€ de CA), spécialiste de la construction bois, intégrant le groupe Cougnaud (250 M€ de CA) sous la direction de Jean-Christophe Dubiez.

 

 

 Automobile

 

Le groupe Autodistribution (1,1 Md€ de CA), leader de la distribution indépendante de pièces détachées automobile et poids lourds en France, a annoncé l’acquisition de 100% des parts de Mondial Pare-Brise (27 M€ de CA) auprès de son actuel actionnaire, Feu Vert.

 

 

 Financement

 

Créée en 2008 par Patrick Patras et Sébastien Luyat, Axialease, spécialiste en solutions de financement de matériel IT, hôtelier et médical avec environ 3.000 clients en France, veut faire passer son chiffre d’affaires de 40 M€ aujourd’hui à 60 M€ d’ici à 2020.

 

 

Administration

 

L’État a fait appel à MyJob.Company et Monkey Tie, pour co-développer la plate-forme du Compte Personnel d'Activité. Les 2 start-up ont créé ensemble le Lab RH, association française regroupant plus de 370 start-up de l'innovation RH et de l'emploi.

 

 

Simplifier c’est gagner ! 

 

Le patron de Campanile expliquait récemment que là où il fallait 9 mois d’attente pour l’autorisation d’un hôtel en France, il ne fallait que 3 mois en Allemagne … Avec l’envahissement de l’administration, nous avons oublié que dans la bataille économique mondiale, le temps et la rapidité de réaction reste un facteur clé de réussite. Notre pays ne compte-t-il pas 58 codes, 2 000 lois, 26 000 décrets et 40 000 normes ? En Italie, Mario Monti a abrogé 330 lois et pas moins de 430 000 normes, sans parler de ce que Trump est en train de réaliser.

C’est aussi un travail à réaliser à l’intérieur de nos entreprises. Nos chefs d’entreprise doivent exiger de leurs salariés qu’ils répondent dans les 24 heures et même quasi immédiatement pour les clients.

 

 

Le jour où Laurent Hénart a laissé Macron

 

 Ce matin, à L’Esplanade, place des Invalides, Laurent Hénart, le dynamique président du Parti Radical (plus vieux parti de France, 10 députés,…).me révèle le dilettantisme d’un certain Macron. « Il y a 15 jours, il me fait appeler à la mairie de Nancy, pour dire vouloir me rencontrer. Pourtant, on se connait, il a mon portable… Et depuis, plus aucun signe. Fillon, lui, nous a déjà reçus longuement… Comment voulez-vous que je le juge… » Le maire de Nancy n’a rien contre l’ancien jeune ministre de l’Economie mais il ne comprend pas son mode de fonctionnement fait de coups de communication et de réseaux internet… Et puis, cette phrase : « Que retient-on de son passage à Bercy ? » Silence lourd ! Mais pas de triomphalisme. « Vous imaginez une alliance Valls-Macron, cela aurait de la gueule… »

La longue marche de François Fillon vers l’Elysée est décidément semée d’embuches.

 

 

Raphaël Forgione, l’outsider de la distribution du bricolage

 

Raphaël Forgione, l’outsider de la distribution du bricolage en centre-ville  a trouvé la bonne astuce pour être accompagné de managers de qualité. Avant de recruter son Directeur des achats ou de la Franchise, il les fait investir dans son groupe (Bricodistribution, Les Comptoirs du Bricolage, Méséo.fr, 3,5 M€ de CA), un montant qui paye leur salaire de l’année. « Comme cela, ils deviennent associés et ils vont au charbon avec à la clé une belle plus-value si l’entreprise se développe. » Cela tombe bien, Bricodistribution, coté sur le marché Euronext, et, ce qui ne gâche rien, est soutenu par Entreprendre Incubateur et est en train de racheter 15 magasins.

 

Présidentielles, halte à la désinformation 

 

Je ne me lasse pas de le répéter. Face aux échéances électorales, nos confrères, au-delà de leurs opinions, ont un rôle éminent à jouer … Nous ne devons pas, comme en 2012, accepter qu’un programme économique inepte et à rebours des économies développées (celui de François Hollande) soit  médiatisé comme si de rien n’était … Alors, je sais bien qu’on peut toujours se retrancher en disant que ce n’est pas grave que les politiques n’appliquent par leur programme. Il n’empêche ! D’ailleurs, ce n’est pas toujours vrai et puis, laisser s’installer dans l’esprit du public des contre-vérités n’est jamais sans conséquences … Le Président du Cercle des Économistes, l’estimable Jean-Hervé Lorenzi a beau jeu de retourner casaque aujourd’hui ; il a bel et bien crédibilisé avec ses confrères une démarche à contre-courant, au moins celle du début du quinquennat, celle qui nous a mené dans l’impasse actuelle. Son excuse : « J’ai sous-estimé la faiblesse de l’entourage à l’Élysée » est une défense habile mais un peu courte.

On a revu récemment le même phénomène avec le débat des primaires de la gauche, où un candidat, Benoît Hamon, a pu, sans coup férir, avancer une mesure (le Revenu Universel), qui dans sa première mouture coûterait 300 milliards au budget de l’État. Surréaliste ou indécent comme on veut. Sur un autre registre, l’indignation d’une partie des commentateurs vis-à-vis d’une mesure telle que le non remplacement de 500.000 fonctionnaires, propose par François Fillon, s’apparente à une palinodie. Qui peut croire que dans un pays comme le nôtre, où la dépense publique atteint 57% du PIB (contre 44% en Allemagne, est 43% Royaume-Uni) L’État ne puisse pas être réformé ; d’autant que nous comptons 5,6 millions d’agents publics (84 fonctionnaires pour 1 000 habitants, contre 60 en Allemagne et 45 au Royaume-Uni).

 

Dans un autre registre, Serge Dassault a raison de rappeler que « le passage aux 35 heures payées 39 coûte chaque année 21 Milliards (merci Martine), mais aussi 3 milliards pour les emplois aidés, et encore 4 milliards pour la prime d’activité, qui remplace le RSA… Au total, les niches fiscales et sociales, dont 60% sont dépourvues de toute utilité, se traduisent par un manque à gagner (en allégements de charges ou d’impôts) de 100 milliards pour les finances publiques. Sans parler, en matière de santé, des fraudes à la carte vitale ou de l’AME pour les étrangers (1 milliard). Et l’on ose prétendre qu’il n’y aurait rien à économiser ? » (Sic)

Mais comme il s’appelle Dassault, on ne l’écoute pas, c’est un riche et il n’a donc pas le droit à la parole. On préfère entendre un manant, à l’instar d’un Gérard Filoche, sympathique au demeurant, qui a le mérite d’avoir été Inspecteur du Travail. Donc, d’être insoupçonnable… Voilà pourquoi dans le débat public qui s’ouvre, il est si important qu’il soit de qualité et donc honnête…Le chemin est long …

 

 

Il n'en revient pas 

 

Il n’en revient pas. Il a beau avoir été conseiller de Jospin à Matignon entre 1997 et 2002, Aquilino Morelle n’en revient pas de la façon dont il a été éconduit en 2014 à l’Élysée par Hollande. « Ils ont appuyé sur le bouton… Et la presse a été rameutée… Sur l’affaire du cireur… Je ne l’ai fait venir qu’une fois en tout et pour tout à l’Élysée… Les registres peuvent le prouver… Et on a raconté n’importe quoi… Le Président, au lieu de me convoquer et de me punir, a mis cette affaire de côté pour s’en servir après… la meute médiatique a été lancée. Et on n’arrête pas les chutes du Niagara. »

« J’étais le tenant de la ligne volontariste, après l’affaire Florange de décembre 2012, j’ai compris. Il a fallu m’éliminer. Hollande ne prend pas de  décisions ou trop tardivement. »

 

Henri de Castries renvoie Macron à son passage à l’Elysée 

 

« L’ex-Pdg d’Axa, président de l’Institut Montaigne et nouveau venu en politique aux cotés de François Fillon, renvoit la coqueluche des médias, Emmanuel Macron, a son rôle durant le quinquennat Hollande.

«Il est  comptable du bilan des cinq dernières années et de sa première phase, que je l’ai vu, en son temps, défendre avec ardeur. J’entends ses discours très généraux. Quand ses propositions sont précises, elles vont dans le sens de dépenses supplémentaires. Peut être est-ce à cause d’une expérience limitée, ou d’une volonté délibérée de rester dans le flou car, on ne sort de l’ambiguÏté qu’à son détriment. » On ne se fait pas de cadeaux entre anciens de la Banque-Assurance !

 

Discrimination des quartiers : le premier ghetto c'est la culture générale  

 

Le porte-parole de la Fondation Concorde, Olivier Barbeau,  a raison de tirer la sonnette d’alarme. Oui, la culture générale est bien le premier principe d’exclusion. Ecoutons-le.

« Aujourd'hui, en entreprise, une fois arrivé à un certain niveau de responsabilité, ce sont moins les compétences métiers ou techniques qui fondent le succès  qu'un ensemble de compétences invisible. Posséder un savoir-être spécifique ; être à l'aise et intéressant à l'oral lors d'un dîner avec un client ; savoir débattre avec des interlocuteurs de haut niveau... telles sont par exemple des qualités qui font toute la différence entre deux collaborateurs.

La maîtrise des codes sociaux est un plafond de verre dont on ne parle jamais. La culture est l'un des facteurs discriminants les plus redoutables : difficilement quantifiable et aux frontières floues, elle n'est pas évaluée puisqu'elle n'occupe aucune place officielle dans le monde de l'entreprise, censé être celui de la rationalité économique. Pourtant, elle confère à celui qui la possède une précieuse confiance en soi. Comme l'avait montré Bourdieu, la culture est un outil essentiel de distinction (dans les deux sens du terme), discriminant de façon d'autant plus insidieuse que ceux qui ne la possèdent pas sont inconscients du subtil classement qu'elle opère.

On le sait, notre bagage culturel dépend du cadre socio-économique dans lequel nous évoluons et avons grandi. Les différences qui en résultent peuvent jouer dès l'entretien d'embauche (par exemple, remarquer et commenter l'œuvre qui trône dans le bureau de son futur employeur), essentiellement, il est vrai, pour l'accès à des fonctions élevées de direction. Avec la digitalisation de la société, la culture générale va devenir plus cruciale que jamais. »

Un discours qui met à mal le discours actuel sur les discriminations liées à la peau ou à l’origine sociale mais qui met le doigt sur une vraie inégalité : celle du niveau culturel. Heureusement, celle-ci se comble par le travail et la curiosité. Elle reste donc ouverte à tous.

 

 

6 Jeunes sur 10 veulent créer leur affaire 

 

C’est une formidable nouvelle passée presqu’inaperçue et qui pourtant conditionne une large partie de notre essor économique. L’idée d’entreprendre s’enracine de plus en plus chez les jeunes. Selon le baromètre OpinionWay réalisé pour l’Union des autoentrepreneurs et la Fondation Le Roch Les Mousquetaires à l’occasion du Salon des entrepreneurs, 60% des jeunes de 18 à 29 ans se disent prêtes à créer une entreprise ou à en reprendre une. Un chiffre qui confirme une tendance déjà à l’œuvre depuis quelques années.

Cette « Génération Entreprendre », poussée par la mutation digitale et le vent du grand large cultive l’esprit d’ambition pour ne plus « travailler idiot ». Elle n’a qu’une idée en tête – Réaliser son rêve et ses projets. On est loin du Revenu universel mais c’est très prometteur pour notre avenir économique.

 

 

Aquilino Morelle assassine Hollande explique en creux ce qui fait un dirigeant.

 

Exercer le pouvoir exige des qualités souvent inverses à celles nécessaires à sa conquête. C’est le constat désabusé que fait l’ancien Conseiller du Chef de l’Etat Aquilino Morelle dans son livre réquisitoire « L’Abdication » (Grasset). « Toutes les qualités de l’homme, celles lui ont permis à Hollande de conquérir le pouvoir se sont retournées contre lui, une fois à l’Elysée. Ce qui faisait la force du candidat a signé l’échec du président. Son intelligence ? A force de tout comprendre, il lui est arrivé trop souvent de ne rien décider. Son habileté ? La ruse ne sert plus au pouvoir, il faut alors la force, celle de s’imposer aux autres et aux évènements. Son art de « la synthèse » ? Vain et illusoire quand on est aux commandes, et qu’il faut trancher ». A méditer… A rapprocher des confidences de Donald Trump, qui racontait avoir recruté un manager brillantissime bardé de diplômes… mais qui, dans sa vie, n’avait jamais entrepris ou pris de vrais risques… Un jour, il acheta à crédit une maison… et n’en dormait plus… Décidément, le pouvoir n’est pas fait pour tout le monde, mais tout le monde peut chercher à l’exercer… Avec Entreprendre, depuis 30 ans, nous sommes les premiers militants de la réussite pour tous !

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