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Les Dîners Décideurs by Entreprendre / Décembre 2017

Entreprendre.fr

Chaque deuxième lundi du mois, « Chez Françoise », nous organisons un dîner-débat avec un ou des leaders d’opinion. En ce lundi 13 novembre 2017, nous avons reçu Thibault Lanxade, vice-président du MEDEF et président de Jouve.

« Contestation ou co-gestion, il va falloir choisir pour évoluer ! »

 

Fort de ses quatre années de Vice-présidence au MEDEF, Thibaut Lanxade ne mâche pas ses mots pour nous proposer un constat, non sans espérance sur l’avenir, mais quelque peu pessimiste sur l’état actuel de la représentation syndicale en France.

Quelques rappels sur les chiffres qui caractérisent le MEDEF : 80 fédérations et MEDEF territoriaux, 150 000 adhérents représentant 9 millions de salariés (sur 14 millions dans le secteur privé) et 800 000 entreprises concernées. « Vaste programme !» comme disait le Général de Gaulle, par ailleurs inventeur en 1945 du « paritarisme », outil de gestion de la Sécurité Sociale.

Un moyen de faire venir à ce moment les communistes dans la cause après qu’ils aient, il est vrai, largement contribué à la Libération de la France.

 

La CGT ne reconnaîtra toutefois l’utilité de l’entreprise qu’en 1996, soit cinquante ans plus tard ! Posture quand tu nous tiens…

« Si l’on veut faire les syndicats, il faut d’abord faire évoluer la représentation patronale ». C’est le postulat de Thibault Lanxade  qui égratigne au passage les « hommes politiques » trop tournés selon lui vers le social et non le business, contrairement aux anglo-saxons et aux allemands. Ces derniers sont d’ailleurs des chauds partisans de la cogestion, alors que nous ne bougeons et évoluons que par la contestation. Il s’étonne même que, pour l’instant, la rue n’ait pas trop bougée depuis les ordonnances. Emmanuel Macron, qu’il soutient sans s’en cacher, n’est sans doute pas pour rien dans cette évolution.

 

Le Président semble effectivement reprendre la main sur l’Administration à qui il demande des comptes et la diminution drastique des conseillers dans les Ministères a eu pour effet collatéral de densifier les rapports avec les directeurs d’administration centrale. On exige d’eux qu’ils « produisent », respectent des échéances et atteignent les objectifs que le politique leur fixe. Ça, c’est le changement !

 

Et le changement souhaité par Thibault Lanxade c’est que l’on s’attaque enfin à ce scandale français du chômage qui stagne, bon an mal an autour de 10 % alors que la Grande Bretagne et l’Allemagne, nos compétiteurs directs, sont à 5 %. Le pin’s de « 1 million d’emplois » de Pierre Gattaz n’était pas une utopie. Si cet objectif est atteint, il ramènera le taux de chômage à 7 %, ce qui reste élevé.

 

Et que dire des 400 000 emplois non pourvus, des 30 milliards de déficit de l’assurance chômage, des 30 000 jeunes que l’on forme encore, par exemple, pour le secteur bancaire alors que l’on sait que l’emploi dans les banques va fondre comme naguère ceux de la sidérurgie ?

 

Que dire des cinq années nécessaires à la création d’une filière d’enseignement alors que le chômage des jeunes atteint 23 %.

 

Des signes d’espoirs ? Ils se multiplient. La ministre Murielle Pénicaud veut valoriser l’apprentissage et c’est la première fois que Thibault Lanxade constate que le Ministère du Travail, celui de l’Education Nationale et des Université se coordonnent pour apporter des réponses concrètes et adaptées aux attentes des entreprises et se focalisent sur « l’employabilité ». Un progrès qui se heurtera à la sacro-sainte position du corps professoral qui, dans sa majorité, a souvent du mal à se remettre en cause : « l’échec est toujours de la faute des autres »...

 

Autre signe favorable : la marge des entreprises s’est reconstituée en passant de 27 à 32 %, la suppression (d’une partie) de l’ISF est un signal positif et l’on commence à s’attaquer à de vrais dossiers : la parité hommes femmes, encore un sujet délicat pour les anciennes générations mais un non-sujet pour celles qui viennent et qui apporte quand même 0, 4 % de croissance pour les entreprises qui la respectent.

 

Cela n’empêche pas de balayer devant la porte du patronat français !

 

Là encore, la comparaison avec les patrons anglo-saxons n’est pas à notre avantage. A part quelques patrons qui se mettent en scène (avec les limites que l’on sait) comme Bernard Tapie, qui connaît Pierre Bellon, Président fondateur de Sodexo, véritable star aux Etats-Unis et créateur du premier groupe mondial de restauration ? En dehors de la famille Bouygues et de quelques patrons qui ont fait une marque de leur nom comme Alain Afflelou, Guy Degrenne ou Franck Provost, on entend peu parler le patronat Français, comme s’il appliquait cette vieille maxime : « pour vivre heureux, vivons cachés » !

 

Il ne prend que trop rarement position sur des sujets politiques et les passerelles entre les deux mondes sont rares et souvent peu appréciées à leur juste valeur. Ce sera sans doute l’un des enjeux du prochain Président du MEDEF. Thibaud Lanxade ne sera pas candidat et Pierre Gattaz confirme (il a modifié les statuts en ce sens) qu’il ne se représentera pas. Geoffroy Roux de Bézieux (reçu au Dîner Décideurs du 11 janvier 2016) est sur la liste des prétendants, ainsi que d’autres valeureux candidats et notamment, bien qu’il s’en défende compte tenu de la limite d’âge souhaitée au MEDEF (65 ans), Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin depuis 2012 dont le charisme n’est plus à démontrer.

 

Quelle que soit l’évolution à la tête du Medef, Thibault Lanxade, à 46 ans, gardera un œil ouvert sur le syndicat patronal et l’ampleur des tâches qui lui incombent encore, mais ses nouveaux mandats dans Jouve et Flatirons Jouve, expert de la transformation digitale et les services numériques (170 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, 2500 experts dans le monde en traitement de l’information complexe et 34 implantations réparties sur 3 continents) devraient largement employer sa puissance de travail.

On lui souhaite pleine réussite dans ce nouveau chalenge.

 

 

Hervé & Laurence Lassalas

Président et Vice-présidente de Pluriclub

 

Merci à David Marmier (marmier.david@wanadoo.fr) qui a pris les magnifiques photos de cette soirée, n’hésitez pas à le solliciter pour vos besoins professionnels ou personnels en matière de reportage.

 

 

Comment participer aux Dîners Décideurs avec Entreprendre organisés par Pluriclub ?

S’inscrire par mail sur herve.lassalas@gmail.com 

 

Prochains Dîners Décideurs tous les deuxièmes lundis du mois de 20h à 22h30 (en prévision) :

 

11 décembre               : Yann Queffelec, écrivain

 

- 2018

15 janvier : Babette de Rozières, chef cuisinier, animatrice de télévision et femme politique

12 février : Philippe Dessertine, économiste, Directeur de l’Institut des Hautes Finances

12 mars : Thomas Saunier, directeur général de Malakoff Médéric

9 avril : Agnès Verdier-Molinié, directeur de la Fondation IFRAP

14 mai : Jean-Claude Girot, commissaire général du Mondial de l’Automobile

11 juin : Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain

2 juillet : la réussite des femmes africaines

10 septembre : Christian de Boissieu, président délégué du Conseil d’Analyse Economique

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