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Les indiscrets de Robert Lafont / Novembre 2017

Entreprendre.fr

2 octobre 2017

Valérie Pécresse : « être n°1 partout »

Petit-déjeuner avec la présidente de la région Ile-de-France qui ne veut plus parler de la polémique sur la « race blanche » car elle aurait gagné même sans la bourde de Claude Bartolone... « Je serais passée même si le Bataclan a fait gagner 20% à Hollande et à Bartolone qui, fait inédit, a autorisé un discours du président de la République au Congrès. Une première. » Valérie Pécresse prend son rôle à cœur : « Je veux qu’on devienne n°1 partout : innovation, recherche, transport, création. Je viens de créer 40 bourses pour les artistes... Depuis le Brexit, 50 grandes entreprises étudient leur arrivée sur les bords de Seine. Nous allons créer 40 centres de coworking dans toutes les gares. Dans des immeubles haussmanniens entre la gare du Nord et la gare de l’Est, Anne Hidalgo devrait créer un deuxième incubateur géant pour start- up. Cela aurait eu plus de gueule que d’accueillir des migrants sans- papiers, sans parler des salles de shoot ( sic)... »

 

Celle qui a trouvé, en arrivant, des lycées insalubres, plus de 200, des transports en déliquescence, et pas de Wifi au Conseil Régional, est pressée de faire avancer les dossiers. Tout l’intéresse... Je lui parle de Solex, du made in France, et de la nécessité d’installer des nouvelles usines en « zones franches ». Elle y croit dur comme fer ; comme de faire de Paris la place financière de l’Europe. Quant à Paris-Saclay Silicon Valley... cela avance. Celle qui a arrêté les cours de boxe est remontée sur le ring. En 2022, la créatrice du mouvement Libres! n’aura que 52 ans... « Je n’exclue rien. Il y a peu de femmes, excepté Marion Maréchal... » D’après ce qu’on me dit, elle est très cultivée... La présidente tend l’oreille. On sent que c’est un sujet dont elle ne se désintéresse pas vraiment.

 

6 octobre 2017

Wistiki, la start-up antivol qui réunit Niel, Bouygues et Stéphane Richard

Tout le monde parle de FrenchTech et ce n’est pas du vent. Prenez Bruno Lussato, Edhec de 28 ans, il a créé avec ses deux frères, Théo, 27 ans et Hugo, 25 ans, Wistiki, dans leur salon, un jour où ils avaient peur de perdre leur chat... 3 ans après, Wistiki fait 3M€ de CA avec 8 salariés en produisant des objets connectés reliés au smartphone qui s’adressent aux oublieux. Ceux qui perdent leur portefeuille, égarent leurs clés ou ne retrouvent pas leur voiture. Un procédé de géolocalisation génial avec des débouchés commerciaux énormes, y compris pour le BtoB (SNCF, entrepôts, etc). Les trois frères ont levé 2,8M€ en deux ans auprès d’entrepreneurs dont Xavier Niel, Stéphane Richard et Martin Bouygues ! Authentique ! Détenant 63%, leur boite vaut déjà 25M€. Et en plus, tout est made in France, fabriqué à Bayonne (chez BMS Circuits) ou à Mondeville (14) (Bosch). Difficile de faire mieux...

 

12 octobre 2017

ISF : Macron doit écouter les entrepreneurs immobiliers

Au kiosque de Saint-Tropez, ce chef d’entreprise feuilletait Les Echos pour voir combien l’augmentation de la CSG allait lui coûter. Sans parler de l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) : «N’étant plus salarié de mon entreprise, je vais être fiscalisé sur les locaux loués à l’entreprise sans compter ceux que je loue à d’autres boîtes. Cela n’est pas normal. L’immobilier d’entreprise est un business comme un autre... L’impôt doit se concentrer sur l’immobilier de jouissance, comme les résidences secondaires, mais pas sur l’immobilier d’investissement, locatif ou productif ».

 

De son côté, Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef rapporte que « l’investissement locatif n’échappe à l’IFI que s’il est loué à sa propre entreprise ». Et Gilles Carrez, ancien président de la commission des finances à l’Assemblée, d’en remettre une couche : « Du super riche qui investit dans l’assurance- vie en euros et possède un yacht, deux placements qui échapperont au futur IFI, ou du petit riche qui loue des locaux aux artisans, qui sert le plus l’économie française ?  ». Alain Dinin, le formidable président de Nexity, n’a de cesse de rappeler que l’immobilier est le 2ème employeur du pays, et d’en appeler à des États généraux de toute la profession pour arriver à « se calquer sur la fiscalité allemande ».

 

12 octobre 2017

Zilli : la qualité produit avant la finance

La maison de luxe qu’il a développée et portée au firmament avec le succès que l’on sait, a beau avoir été placée en sauvegarde, c’est plus fort que lui, Alain Schimel, 70 ans, continue de ne parler que produits et créations. Un créateur passionné à qui on a fait vendre son Hôtel particulier de l’avenue François Ier à Paris mais qui continue à rêver de beau cuir ou de blousons en crocodile de premier choix. « Il y a45ans, à Lyon, Zilli était un mauvais tailleur, ajoute-t-il en riant. Avec lui, nous sommes devenus des orfèvres du vêtement de peau. »

 

La maison de luxe pour hommes s’est développée de 15-20% par an, atteignant 90M€ de CA et des boutiques à Paris, Milan, New York ou Monte-Carlo... Avec un tel succès, « on ne change pas une équipe qui gagne mais, en 2016, les attentats, la crise du rouble ont fait le reste... » Arnaud Marion, le redresseur des poulets Doux, venu se pencher sur la belle endormie du vêtement de cuir, m’explique qu’il faut faire de la « chemise à maille » (fabriquée à Bergame), l’emblème de la maison Zilli, son carré Hermès à lui tout seul. «Pour faire rentrer les gens dans les boutiques,il faut un produit phare. » À l’heure où le luxe a tendance à se galvauder, Zilli reste une exception à l’abri des majors (LVMH, Kering). « S’il n’y a plus de produits, il n’y a plus de maisons », rajoute Alain Schimel en me raccompagnant. Trop bien faire et avec une gamme très large peut aussi devenir un problème...

 

13 octobre 2017

La fortune à la portée de tous : tu parles !

Authentique. Un serveur d’une brasserie, Les Fontaines, porte de Saint-Cloud, m’interpelle sur mon dernier livre La fortune à la portée de tous (disponible en kiosque : L’économie n°4). Il me dit l’avoir montré à plusieurs personnes, qui lui ont toutes répondu que ce n’était pas possible... On rêve. Et de lui répondre : «Et Pinault, Afflelou, Altrad, Yves Rocher, Bouygues, Niel, Simoncini, Pierre Hermé ou Le Duff... » Il y a encore pas mal de travail à faire dans les têtes pour faire progresser l’idée du rêve français du self-made-man qui réussit de zéro. Le discours misérabiliste et pseudo marxiste à fait bien des dégâts. Les envolées du Président Macron sur la « start-up nation » tranchent et ne peuvent que faire du bien...

 

20 octobre 2017

Pourquoi de Gaulle n’a jamais pardonné aux Américains...

Le journaliste Eric Branca le révèle dans son dernier livre L’ami américain (Perrin), et c’est presque un scoop. En 1964, le refus du Général de présider les commémorations du vingtième anniversaire du débarquement en Normandie explique à Alain Peyrefitte : « La France a été traitée comme un paillasson !(...) Le débarquement du 6 juin, ça a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer ici comme en territoire ennemi (...) Ils se seraient conduits en pays conquis… Et vous voudriez que j’aille commémorer ce débarquement qui était le prélude à une seconde occupation du pays ? » La colère de De Gaulle alors que les Français libres donnaient leur vie aux côtés des Alliés, ne s’est jamais éteinte.  

 

20 octobre 2017

Tapie me dit n’avoir jamais pris un centime à l’État

Notre article sur Bernard Tapie n’a pas laissé indifférent. À commencer par l’intéressé lui-même qui m’a largement remercié, bien qu’alité, comme on le sait, même s’il a le courage d’aller témoigner à son procès en Belgique. Ce que l’on sait moins, c’est que plusieurs entrepreneurs et non des moindres - Stéphane Français (Thomson), Gregory Trébaol (Solex) ou Jean-Pierre Barjon (Lorina) - ont tenu à me faire savoir qu’ils ne seraient jamais devenus entrepreneurs sans l’épopée d’un certain Tapie.

 

Quant à un certain Jean-Paul Brunel, promoteur immobilier associé, un temps, avec Bernard Laporte, il me dit avoir vécu à moindre échelle les mêmes mésaventures : « Dénonciation, dépôt de bilan, procès avec garde-à-vue prolongée, ruine complète et, pour finir, maladie...  ». Brunel me demande de lui transmettre tout son soutien. Ce n’est qu’un exemple parmi des dizaines qui m’ont été adressés. Quant à Bernard, il prend soin de me préciser « n’avoir jamais touché un seul centime de l’État, sous quelque forme que ce soit... » Tout le monde ne peut pas en dire autant.

 

27 octobre 2017

La belle ambition de Didier Maïsto pour Sud Radio

Le choix du restaurant Le Sud (porte Maillot, Paris 16ème) s’imposait pour déjeuner avec le staff de Sud Radio qui veut jouer dans la cour des grands. Reprise par Fiducial, le géant de l’expertise comptable, le président du magazine Lyon Capitale, Didier Maïsto, accélère. « Avec 70 fréquences contre 400 ou 600 pour Europe1 ou RTL », l’ex-radio toulousaine, désormais généraliste et nationale, dépose plainte contre Médiamétrie, cet institut ne pouvant à la fois être juge et arbitre.

 

À table, Henri Guaino tout sourire « heureux de placer enfin l’actu sous l’angle de l’histoire » côtoie la trépidante Liane Foly, ravie de replacer la bonne humeur du music-hall sur les ondes. Après LCI, Valérie Expert (mariée à Jacques Expert, directeur des programmes de RTL) avoue aimer «retrouver, ici, l’énergie de gens normaux »dans une station où Natacha Polony prétend « infuser des idées » dans un monde qui va trop vite. Une vraie famille à la bonne humeur contagieuse ; la phrase du rédacteur en chef Patrick Roger, « on peut être sérieux sans se prendre au sérieux » semble avoir essaimée. Véronique Jacquier opine du chef, elle qui vient de BFMTV. Philippe David, ancien entrepreneur, anime chaque soir « Prenez la parole ». Cela tombe bien. Chaque mercredi de 19h à 20h, il m’accueille pour parler d’entrepreneurs.

 

Des débuts prometteurs même si le rêve d’André Bercoff de tenir l’antenne 3 heures d’affilé est encore loin. « Comme aux USA, plus l’actu est déviante, plus on a besoin d’espaces de liberté...  », me glisse-t-il entre deux envolées lyriques. À côté de moi, le journaliste média du Figaro, Enguérand Renault, semble découvrir le conflit qui oppose Journal de France à Jours de France, faisant mine d’ignorer que le titre créé par Marcel Dassault était tombé en déchéance et avait disparu des rayons depuis 24 ans.

 

En partant, je tombe sur l’ineffable Jacques Pessis, nouveau Jacques Chancel du 13h qui me raconte que « Philippe Besson lui a révélé qu’à 18ans, Macron voulait être écrivain. » Plus besoin maintenant, le Président écrit l’Histoire.

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