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Mode : pourquoi les PME du cuir ont le vent en poupe

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Le secteur n’a jamais été aussi dynamique ! Son secret ? Sa capacité à se renouveler avec un positionnement haut de gamme qui incarne le style à la française.

Un dynamisme qui fait plaisir à voir ! Alors que le secteur a vécu une crise sans précédent, il y a une vingtaine d'années, obligeant beaucoup d'entreprises à mettre la clé sous la porte, il connaît aujourd’hui un renouveau prometteur.

 

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«Le chiffre d’affaires du secteur industriel du cuir a progressé de 38% depuis les cinq dernières années et il recrute 1.500 personnes par an», confirme Franck Boehly, président du Conseil national du cuir, qui regroupe une vingtaine de fédérations. Avec un CA global de 25 Mds€, les 9.400 entreprises du cuir emploient 130.000 personnes.

 

Mieux encore, les gants, sacs et autres chaussures fabriqués par des PME tricolores s’exportent tellement bien que les ventes à l'international représentent 9 Mds€. La France se positionne ainsi comme 3ème exportateur mondial d'articles de maroquinerie. «La maroquinerie et les chaussures ont vu leur chiffre d'affaires export progresser respectivement de 30 et de 60% en 2016», se réjouit Franck Boehly. Surtout, l'embellie devrait perdurer, avec une progression du secteur de 3% prévue en 2017*.

  

De nombreuses petites entreprises

Si les groupes de luxe comme Chanel ou Hermès tirent une partie de la croissance grâce à une forte demande d’une clientèle haut de gamme internationale, le marché du cuir appartient principalement aux petites entreprises : 65% ont moins de 10 salariés et seulement 4% sont de grosses PME comptant plus de 200 collaborateurs.

 

Pour expliquer ce dynamisme insolent, le président du Conseil national du cuir indique que «cette filière a su être performante en se positionnant sur le haut de gamme. C’est à cela qu’elle doit sa survie» et aujourd'hui, cette belle envolée. Une production, certes plutôt artisanale, mais de qualité, dans l'esprit made in France et art de vivre à la française !

 

Des innovations high tech

Sans projet novateur et différenciant, impossible de tirer son épingle du jeu. Les entreprises du cuir ont donc su innover, à l'image de la tannerie Pechdo (5,4 M€ environ), basée à Millau dans l'Aveyron, spécialiste des cuirs souples destinés à la ganterie, qui vient de présenter le premier cuir lavable, après ses gants en cuirs tactiles.

 

Pour autant, dynamisme ne rime pas avec facilité. «Toute entreprise doit proposer une offre différenciante», confirme Franck Boehly. Ainsi, l'Atelier Chamberlan de Nontron en Dordogne, lancé par 2 entrepreneurs parisiens venus du monde de la finance et du luxe, Franck Le Franc et Sophie Engster, s'est lancé en 2015 sur le marché avec une innovation de taille : la possibilité de réaliser une chaussure sur-mesure grâce à une application 3D.

 

Pour aider de jeunes entrepreneurs à se lancer sur ce secteur difficile, le Conseil national du cuir a ainsi lancé l’association Au-delà du cuir. «Financée par la taxe affectée, ADC permet d’identifier et d'accompagner une vingtaine de créateurs d’entreprise par an», explique Franck Boehly. Tous sont ensuite coachés et guidés dans le choix de leurs prestataires et des matières pendant 3 ans. L’association peut également financer leur participation à des salons, donner un 1er coup de pouce pour démarrer la production… «Il existe un fonds de garantie qui se porte caution au moment de solliciter des prêts».

 

Malgré ce beau dynamisme, le secteur a besoin d’être soutenu. Le Conseil national du cuir profite donc des prochaines élections présidentielles et législatives pour mettre en avant «l’excellence d’une filière qui crée des emplois, exporte et est l’emblème du made in France à l’étranger».

 

Pour soutenir les entreprises du cuir, Franck Boehly propose notamment d’accorder aux investisseurs la possibilité de déduire de la base imposable de l’impôt sur le revenu les pertes subies lors de la phase de lancement de l'entreprise, de renouveler le Crédit impôt métier d’art dès cette année 2017, de protéger l’utilisation du mot «cuir» en application d’un décret paru le 8 janvier 2010… De quoi sauver l’excellence d’un savoir-faire artisanal made in France.

 

* Source Xerfi, étude sur la production du cuir travaillé parue en juillet 2016.

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