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Muriel Pénicaud, la ministre du Travail est une entrepreneuse

Bernard Pace

A 62 ans, celle qui a remplacé Myriam El Khomri au périlleux portefeuille du Travail était la dirigeante de l’agence publique Business France. Avec une longue expérience dans le privé, c’est une spécialiste des ressources humaines, qui allie une bonne connaissance de ce ministère.

A la rue de Grenelle, Muriel Pénicaud retrouvera ses premières amours, après un long intermède dans le monde de l'entreprise. Diplômée d'Histoire et de sciences de l'éducation à l'université de Nanterre, puis de psychologie clinique à Strasbourg, elle a débuté sa carrière à 21 ans dans les collectivités territoriales, dans ce qui deviendra plus tard le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).

 

Elle a ensuite évolué dans diverses structures territoriales en Lorraine où elle fut, notamment, directrice de la Mission locale pour l'insertion des jeunes de Metz et, en Normandie, avant d'être repérée par le ministère du Travail dans les années 1980.

 

Cette diplômée d’histoire, de sciences de l’éducation et de psychologie clinique n’est pas étrangère au ministère du Travail. Avant de partir dans le privé en 1993, elle y commence sa carrière comme administrateur territorial, en conseillant alors Martine Aubry. Là, elle gravira les échelons jusqu'à devenir conseillère pour la formation de Martine Aubry, ministre entre 1991 et 1993.

 

Muriel Pénicaud, passionnée de photographie, rejoint alors le privé, tout d'abord, au sein du groupe Danone, où elle oeuvre pendant près de dix ans comme directrice de la formation et des ressources humaines, puis, chez Dassault Systèmes, jusqu'en 2008.

 

Quelques années après, elle fait un grand retour chez le géant agroalimentaire, cette fois-ci comme directrice générale des ressources humaines. Elle y développe notamment un système de couverture sociale pour les 100.000 salariés du groupe à travers le monde, Dan'Cares.

 

Parallèlement, elle maintient ses attaches avec le monde politique. Elle est notamment membre, entre 2008 et 2014, du Haut conseil pour le dialogue social, et elle est chargée, fin 2009, par François Fillon, alors Premier ministre, d'une mission sur le stress au travail. En 2014, François Hollande lui confie de gérer la fusion entre Ubifrance, en charge du soutien à l'export, et l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII), pour renforcer l'attractivité du territoire.

 

Une mission dont elle s'acquitte avec passion, à la tête de Business France, malgré des crédits qui se réduisent au fil des ans. Elle s'appuie sur son expérience du privé pour convaincre les investisseurs internationaux des atouts de l'Hexagone. Cette blonde aux cheveux bouclés et ébouriffés, est la quatrième femme à devenir ministre du Travail.

 

La ministre sortante, Myriam El Khomri, a salué sur Twitter une «femme de conviction engagée en faveur du dialogue social». Elle qui, enfant, voulait être chef d'orchestre, aura à mettre en musique la réforme du marché du travail et devra puiser dans son sens de la diplomatie pour négocier avec les partenaires sociaux, alors qu'Emmanuel Macron veut procéder par ordonnance pour avancer rapidement.

 

Cette mère de deux enfants, présente aux conseils d'administration de plusieurs entreprises, est aussi très attachée à la promotion des femmes. Elle a notamment cofondé le programme Eve, pour le développement du leadership des femmes.

 

Elle qui, enfant, voulait être chef d’orchestre, aura à mettre en musique la réforme du marché du travail et devra puiser dans son sens de la diplomatie pour négocier avec les partenaires sociaux, alors qu’Emmanuel Macron veut procéder par ordonnance pour avancer rapidement.

 

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