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Peut-on faire carrière en prenant des chemins parallèles ?

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Faire carrière n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Dans le privé, la vie est sans doute moins facile que dans le secteur public, surtout si l’on décide de se lancer sans suivre l’une des voies royales habituelles. Cependant, tout un chacun n’est pas fait pour faire de longues études en devenant major de promotion. Prendre ces chemins de traverse n’est pas aisé pour autant.

Tout le monde n’a pas toujours le choix, à chacun sa façon d’avancer dans la vie, parfois il faut du temps avant de trouver le bon job, parfois le manque de maturité se fait sentir, l’hésitation est présente et l’on ne sait pas vraiment par quel bout prendre son lancement dans la vie professionnelle.

 

Heureusement, il existe des issues de secours pour ceux qui ne prennent pas la voie traditionnelle. Après tout, à chacun son profil, et c’est tant mieux si les individus ne sont pas aussi lisses les uns que les autres.

 

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Quand une faiblesse devient un atout

Lors d’un entretien d’embauche, les questions sont souvent assez classiques. L’une d’entre elles est supposée faire le point sur les points forts, les points faibles ou les qualités/défauts. Les candidats se préparent à cette éventualité et il est vrai qu’il est intéressant de réfléchir à sa propre personnalité et s’interroger sur ce qui pourrait soudainement devenir un atout.

 

Il suffit souvent d’un petit rien pour que le négatif ne se transforme en positif. Par exemple, si l’on vous reproche souvent d’être individualiste, voire solitaire, s’agit-il d’une qualité ou d’un défaut ?

 

Le sens des responsabilités

En réalité, tout dépend de l’emploi pour lequel on postule. Si vous êtes appelé à être un commercial qui va se retrouver seul sur le terrain, cela sera considéré comme une marque d’autonomie. Si au contraire, il va falloir travailler en équipe, mieux vaut mettre en avant un élément qui puisse renverser la vapeur en votre faveur : « Je n’ai pas peur de travailler seul, je n’ai pas besoin des autres pour chercher à me dépasser, je parviens à m’auto-motiver, une force que j’ai acquise par l’expérience. »

 

Autre cas de figure : vous êtes adepte des sports extrêmes, et l’on vous traite souvent de tête brûlée. « J’ai fait de la spéléologie et de l’alpinisme, si j’aime les sensations fortes, je n’oublie jamais les règles et consignes de sécurité ».

 

Mieux vaut ne pas sortir du cadre en entretien

Voici qui va tempérer l’impression première et au contraire donner un sentiment que le sens de responsabilité, cela vous connaît. Il est aussi possible d’inclure un autre volet : « je suis sportif et je prête attention à rester en pleine forme » donc pas d’arrêt maladie. Attention cependant, car certains sports sont plus accidentogènes que d’autres et cela peut un peu effrayer. Ceux qui ont déjà passé des entretiens de recrutement le savent, mieux vaut ne pas trop sortir du cadre, du moins dans la plupart des secteurs.

 

Le manque d’expérience est aussi souvent un problème pour le recruteur, dans ce cas, il est toujours possible de forcer sur le côté malléable : l’entreprise pourra vous former absolument comme elle l’entend, vous n’avez peut-être pas beaucoup de recul sur la situation, mais au moins vous n’avez pris aucune mauvaise habitude de travail.

 

Dans le secteur artisanal, l’habitude de l’apprentissage joue en ce sens. Les tuteurs le mettent souvent en avant, ils apprécient de « former à leur main » les jeunes qui sont chez eux. En bref, la tactique est claire : vous avez plusieurs fois changé de travail, vous faites preuve d’adaptation, vous êtes plutôt timide, pas tant que cela vous jouez à un sport collectif depuis des lustres…

 

A chaque défaut sa qualité, une façon de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. L’important est de démontrer au recruteur que vous êtes bel et bien la perle rare.

 

Postuler à un poste sans avoir le bon profil
 Si un élément dans la fiche de recrutement ou de poste pose problème par rapport à son profil personnel, il convient de l’étudier et voir s’il peut être contourné. Ainsi, lorsque le recruteur veut une personne bilingue et que l’on est encore balbutiant ou débutant, difficile de faire l’affaire. On le sait l’apprentissage d’une langue ne se fait pas en un jour et il est difficile d’être opérationnel. Il peut aussi arriver que vous ne soyez pas vraiment dans le créneau en matière de CV.

 

Une personne qui a toujours évolué dans des services marketing et veut postuler en formation par exemple peut présenter son CV en mettant en avant les expériences liées à ce secteur par le passé : les formations suivies à titre personnel, celles que l’on a pu faire auprès de ses collaborateurs, etc. Enfin, la loi interdit aujourd’hui de spécifier le sexe ou l’âge dans un processus de recrutement, cependant on ne peut empêcher les décideurs de l’embauche d’avoir une idée en tête. On le sait, certains postes sont traditionnellement occupés par des hommes, d’autres par des femmes et il est parfois difficile de lutter contre les statistiques.

 

De même, en fonction de la pyramide des âges de l’entreprise, ou de l’évolution espérée du poste, on pourra préférer une personne jeune ou au contraire expérimentée. Mieux vaut le savoir, pourtant rien n’est jamais joué d’avance, les personnes qui décident d’un recrutement ne sont pas toujours convaincues par avance par un critère en particulier et il est toujours possible de changer la donne.

 

Le diplôme ? Je l’ai… ou je l’aurai

C’est raté, vous n’avez pas eu le bon diplôme, voire vous n’en avez passé aucun, car vraiment ce n’est pas votre tasse de thé. Mais il arrive parfois que l’on s’aperçoive le temps passant que l’on a fait une erreur et que le manque de diplôme ne devienne véritablement, non seulement frustrant, mais nocif pour sa carrière. Il peut aussi s’agir d’une démarche toute personnelle, une façon de s’assurer soi-même que l’on est à la hauteur et que si l’on n’a pas fait d’études jeune, ce n’est pas par manque de capacité intellectuelle, mais parfois par manque de moyens ou de maturité à l’époque. Heureusement, tout n’est pas fini.

 

Il est possible d’obtenir ce fameux sésame, et ce à tout âge. La première voie est de suivre une formation dans le cadre de l’entreprise où l’on travaille. Si l’on a du potentiel, et le courage d’étudier, utiliser les moyens à sa disposition dans le cadre légal peut mener loin. L’idéal est bien entendu de faire cela sous l’impulsion de sa hiérarchie, car dans ce cas tout devient plus facile. Si c’est l’entreprise qui est à l’origine de cette démarche, cela signifie sans aucun doute une promotion à la clé et donc une motivation supplémentaire. Il existe aussi d’autres témoignages pour dire que lorsque l’on a réussi à décrocher un diplôme y compris à un âge relativement avancé, et surtout s’il s’agit d’un troisième cycle, il est assez courant de se faire chasser, une solution pour faire un vrai bond dans sa carrière.

 

Une autre voie pour les Grandes Ecoles

De plus en plus de jeunes n’osent pas tenter les prépas tant cela est difficile et stressant. Heureusement, ces classes ne sont plus la seule solution pour entrer dans les grandes écoles. Il y a toujours la solution de la fac. Toutes les grandes écoles sont aujourd’hui prêtes à accueillir des étudiants en provenance d’horizons différents : de l’université, voire des entreprises. Les personnes expérimentées sont appréciées même si elles ne sont pas diplômées, ainsi que les jeunes qui ont mis un peu de temps à trouver leur voie. La sélection existe bien entendu, il convient de passer à travers certains filtres, mais il y a de nombreuses possibilités pour passer des diplômes prestigieux en formation continue. Il y en a même de plus en plus. Le principal est de ne pas avoir de complexe, ni de se dire sans même étudier le sujet, « non ce n’est pas pour moi ».

 

Des secteurs en demande

 Il existe plusieurs écoles pour chercher un emploi, que l’on soit jeune ou moins jeune. L’une d’entre elles consiste à se concentrer sur des secteurs précis. D’autant que les dernières études mettent en avant que presque 30% des employeurs français ne parviennent à pourvoir un poste faute d’avoir les bonnes compétences. Les constats sont d’ailleurs inquiétants. Si l’on n’a donc pas de vocation particulière, pourquoi ne pas étudier les secteurs en demande et s’orienter délibérément vers l’un d’entre eux ?

 

Des opportunités existent
Un rapport publié récemment par McKinsey met en avant le fait que la France a quasiment un million d’emplois sous le pied à condition de se concentrer sur des secteurs précis. La distribution, la construction sont ainsi deux secteurs anciens toujours pleins d’avenir. D’autres sont plus récents, la crise a engendré des cost killers, internet et les réseaux sociaux ont permis la naissance des community managers, des gestionnaires de e-reputation ou des spécialistes du référencement. Et que dire des développeurs en matière d’applications mobiles, les techniciens en cloud computing. Au-delà de tout cela, il y a également les métiers liés au vieillissement de la population. La liste de ces métiers signifie que les emplois du futur seront plutôt qualifiés, et que les postes seront a priori du type technicien et cadre en grande partie. Des professions intermédiaires à la pelle, voici le futur.

 

Facile de changer de secteur ?
 Les témoignages concrets sur ce point diffèrent, cependant on peut constater aujourd’hui que globalement, il est effectivement possible et même de plus en plus facile de changer de secteur. Un élément positif dans une carrière qui permet ainsi de s’orienter sur des entreprises qui évoluent dans des domaines d’avenir pour en quitter d’autres, plutôt en régression. Il est vrai que les cabinets de recrutement ont plutôt tendance à aller piocher leurs candidats chez les concurrents et non pas dans des entreprises diversifiées.

 

Mais cela fonctionne quand même, car les recruteurs s’aperçoivent à présent que choisir une personne qui vient d’un autre domaine enrichit l’entreprise. Les méthodes de travail sont différentes, l’approche également et c’est le brassage qui permet parfois de remettre en cause des habitudes sur lesquelles on ne s’interroge même plus. De même, vouloir changer d’air pour un salarié n’est plus considéré comme par le passé comme une démarche plus ou moins louche. Au contraire, cela signifie que la personne continue à vouloir avancer, n’a pas peur de se remettre en cause et d’aller vers la nouveauté. Evidemment pour y parvenir, il convient qu’il y ait cependant certaines analogies entre les deux postes qui permettent au recruteur de considérer le candidat avec une certaine confiance pour la prise de poste. Il en va autrement lorsque l’on souhaite changer de filière en matière de carrière, en passant par exemple du commercial aux relations humaines.

 

Les carrières se construisent toujours sur le mode vertical, très rarement sur le mode horizontal. C’est un peu comme prendre le train Marseille- Paris ou Marseille-Bordeaux, on s’aperçoit rapidement que l’un prend beaucoup moins de temps que l’autre ! Il ne faut cependant pas nier qu’il est parfois plus difficile de changer dans certains cas. La banque par exemple est un milieu où il est difficile de changer de voie, les spécialistes le savent, une personne qui est restée dans la banque pendant plus de dix ans aura du mal à en sortir et de même il est assez difficile de se faire embaucher après quarante ans sauf à des postes très élevés, et encore.

 

Autodidactes : oui, c’est possible !
 Les diplômes facilitent la vie de ceux qui recherchent un emploi ou de ceux qui souhaitent être promus, en dépit de ce que l’on entend en cette période de crise. Le marché est plus difficile pour les autodidactes en matière de premier emploi, sauf sur les jobs non qualifiés. Et si l’on parle souvent du plafond de verre en ce qui concerne la promotion des femmes, il faut bien reconnaître que celui-ci existe également dans le cadre de la concurrence entre diplômés - non diplômés. Il y a cependant des points forts sur lesquels l’autodidacte peut s’appuyer pour prouver qu’il est la bonne personne : - Sa capacité d’adaptation : pour réussir, cette qualité est indispensable pour l’autodidacte encore plus que pour le diplômé.

 

On lui reconnaît aussi une grande facilité de contact souvent grâce à une première expérience terrain.

 

- Il a souvent le sens du détail dans un projet, ce qui est relativement sécurisant.

 

- La ténacité est également une qualité reconnue dans le monde des recrutements.  Si l’on cherche un meilleur poste à l’extérieur, en tant qu’autodidacte, mieux vaut éviter la sacro- sainte division Diplômes/Expérience dans son CV et mettre une rubrique globale comme « Acquis » ce qui permet de mettre en avant les maitrises métier apprises au fil du temps. On peut aussi spécifier dans l’entretien que l’on a atteint par la formation par exemple un niveau X ou Y, mais attention en étant toujours d’une parfaite sincérité et en étant à même de le justifier.


Autre conseil important : passer par un cabinet de recrutement n’est pas la bonne solution, celui-ci est à même de venir chasser en entreprise si cela l’intéresse, mais sinon, il n’est pas la voie royale en ce qui concerne les autodidactes. La candidature spontanée a plus de chance d’aboutir. Le principal est de parvenir à décrocher un entretien, car l’autodidacte est souvent plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit où il est à même de séduire

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