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Pourquoi les entreprises suisses sont-elles plus compétitives que les françaises ?

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Comment expliquer l'excellent niveau de performances des PEM suisses. Explications de Bernardino Regazzoni, ambassadeur de Suisse en France.

Pourquoi les PMI suisses sont-elles plus compétitives que leurs homologues françaises ?


Bernardino Regazzoni, ambassadeur de Suisse en France : La force de la compétitivité suisse réside d’abord dans sa capacité à innover. 3% du PIB du pays est dépensé en R&D, c’est 1 point de plus que la moyenne européenne. Deux tiers de ces dépenses en R&D proviennent du secteur privé lui-même.

Il n’existe, en effet, pas de politique industrielle en Suisse, ce sont les entreprises qui décident des orientations à prendre. La Suisse ne pourrait avoir cette capacité à innover si elle ne disposait pas de son système de formation actuel.

La formation duale garantit un renouvellement continu grâce à des cadres compétents, jeunes, bien formés et opérationnels. Deux tiers des jeunes Suisses passent ainsi par l’apprentissage.

Et s’ils le souhaitent, ils peuvent continuer vers des formations supérieures. Il existe en Suisse deux écoles polytechniques fédérales, toujours très performantes dans les classements internationaux. Ce sont de véritables viviers d’ingénieurs pour les industries suisses.

 

En quoi l’industrie suisse est-elle innovante ?

 

Bernardino Regazzoni : Les entreprises participent à l’innovation, notamment via les centres de recherche qui encouragent une collaboration entre les différents secteurs du marché. Par exemple, la mécanique de précision utilisée dans l’horlogerie a été adaptée aux machines textiles et technologies médicales (prothèses), devenues depuis un secteur de pointe en Suisse.

En 2013, 8.000 brevets ont été déposés, ce qui nous place à la 7ème place mondiale en nombre de brevets, 3ème en Europe et 1ère au monde proportionnellement au nombre d’habitants.

La Suisse attire de nombreux chercheurs étrangers dans ses centres de recherche, institutions d’excellence, à l’image du Centre suisse d’électronique et de micro-technique (CSEM), de l’Institut Paul Scherrer (PSI) ou du Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN).

 

Pour un Français, est-il simple de créer son entreprise en Suisse ? 

 

Bernardino Regazzoni : Il est facile et rapide de créer une entreprise en Suisse, l’enregistrement au registre du commerce se fait en 3 à 5 semaines via le portail Internet du secrétariat d’État à l’Économie.

Les principes de liberté du commerce et de l’industrie permettent à quiconque, notamment aux ressortissants étrangers, d’exercer une activité industrielle en Suisse. Ils peuvent dès lors créer ou participer à la création d’une entreprise librement. Il faut toutefois distinguer les différents types d’établissements.

Le choix d’un établissement dépend du type d’activité, de la durée prévue, des cadres juridiques et fiscales et des objectifs stratégiques de la direction. Au sein de l’ambassade, nous disposons d’un service qui conseille et accompagne les sociétés françaises dans leur projet de création de filiale en Suisse : c’est le Swiss Business Hub.

 

Les entreprises françaises qui ont une filiale en Suisse sont-elles soumises au régime fiscal français ou suisse ?

 

Bernardino Regazzoni : Les entreprises non résidentes doivent uniquement verser un impôt sur les bénéfices de source suisse, c’est-à-dire les bénéfices et gains en capital générés par des activités des établissements stables ou des propriétés immobilières suisses. L’activité de la filiale suisse est donc fiscalisée en Suisse.

Et il existe un accord de double imposition entre la France et la Suisse pour que les entreprises ne soient pas fiscalisées deux fois.

 

Comment les entrepreneurs sont-ils soutenus en Suisse ?

 

Bernardino Regazzoni : Il existe tout un système d’accompagnement par des spécialistes (chambres de commerce, service de développement économique des cantons) qui apportent leurs expériences et ouvrent volontiers leurs carnets d’adresses pour aider les entreprises.

Enfin, dans le cadre d’un projet novateur ou de la création d’une start-up innovante, la Commission pour la technologie et l’innovation peut payer le salaire d’un chercheur dans un centre de recherche suisse.

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