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Quand le numérique révolutionne l'agriculture

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La révolution numérique a trouvé un terreau fertile dans l’agriculture. Applications, puces, plates-formes collaboratives… le secteur n’ignore plus ces procédés qui modifient en profondeur les modes d’exploitation.

 

L’agriculteur de demain ? Ses cultures regorgent de capteurs en tout genre. Ses yeux sont rivés sur le tableau de bord qui lui permet de suivre en temps réel l’évolution de ses récoltes. Toutes ces données lui permettent d’adapter son travail grâce à des algorithmes prédictifs pour diriger son exploitation en temps réel, presque sans sortir de chez lui.

 

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«L’utilisation du numérique dans l’agriculture commence à peine et nous n’en n’avons pas encore mesuré toute l’étendue. Ce bouleversement est équivalent à l’arrivée des tracteurs à moteur. C’est une révolution !», commente Arnaud Rousseau, agriculteur et président de la FNSEA de Seine-et-Marne. S’il y a un domaine où le numérique fait sa révolution, c’est bien sur les terres agricoles. Rien d’étonnant à cela puisque les agriculteurs sont particulièrement férus de nouvelles technologies, 45% d’entre eux étant d’ailleurs équipés de smartphones connectés à Internet.

 

Tableaux de bord et drones aiguillent les agriculteurs

La tendance à une agriculture connectée n’est pas nouvelle. Déjà en 2008, au Salon de l’agriculture, les premiers prototypes pour aider l’agriculteur apparaissaient. Aujourd’hui, les procédés de cette nouvelle agriculture connectée se multiplient. Ainsi, depuis 2013, le semencier Dekalb propose des applications mobiles pour calculer le taux de semis optimal du maïs.

 

L’agriculteur d’aujourd’hui profite également de vrais ERP (Enterprise Resource Planning, planification des ressources), avec un tableau de bord lui permettant de suivre l’état des sols, l’irrigation, les conditions météorologiques… Une aide décisive pour améliorer la rentabilité des domaines agricoles, comme le prouvent les résultats d’une expérience pilote menée par le cabinet de conseil Accenture sur 2.000 fermes d’Amérique du Sud.

 

Disposant d’une application numérique permettant de suivre les récoltes, toutes ont augmenté leur productivité entre 15 et 30%. L’INRA (Institut national de la recherche agronomique) a également pris conscience du potentiel numérique. L’Institut utilise par exemple des capteurs pour recueillir des informations sur des plants de vigne. Il dispose ainsi de bases de données étendues pour construire des logiciels d’aide à la décision.

 

Parmi les outils numériques prometteurs, les drones, qui survolent les cultures pour récolter tout un tas de données, comme les différences de température. Les Français Redbird (leader des drones civils en France, 1 M€ de CA attendu en 2015) et Airinov (leader du drone agricole, 2,5 M€ de CA) se sont déjà positionnés sur ce marché. Leurs multicoptères capables de voler à basse altitude et ailes volantes offrent à l’agriculteur des images de haute précision.

 

«Les drones nous permettent de mesurer, à partir des images, la qualité de l’irrigation ou d’évaluer les surfaces détruites par un sanglier par exemple. Ces images étaient auparavant obtenues par le satellite, bien plus coûteux !», explique Arnaud Rousseau.

 

En production animale, les éleveurs laitiers, qui avaient jusqu’à présent une astreinte importante pour la traite (deux fois par jour), n’ont plus aujourd’hui besoin de se déplacer. Le lait est tiré par des robots capables d’en analyser la qualité. Et dans l’agriculture végétale, la pulvérisation des champs se fait grâce à des capteurs qui permettent «à la machine de se repérer dans le champ et de ne pas passer plusieurs fois au même endroit.

 

L’agriculture est devenue une activité de haute précision», note Arnaud Rousseau. Autant d’exemples qui prouvent une vraie révolution grâce au numérique. Surtout, quel que soit le domaine de production, le numérique fait gagner un temps précieux. «Le gain de productivité est de 15% en moyenne avec un outil capable de numériser l’espace».

 

L’effet Big Data

Le nouvel enjeu est de s’approprier ces nouveaux outils sans pour autant en être (trop) dépendant. Car, derrière l’indiscutable utilité pour les agriculteurs de cette révolution se profile la question du Big Data : où vont aller ces données collectées sur plusieurs dizaines de milliers de domaines agricoles ?

 

En l’absence d’une réglementation juridique, la vigilance reste de mise pour le Cercle Prospective des filières agricoles et alimentaires. Les données collectées doivent, en effet, rester dans le domaine agricole et ne pas être exploitées par l’industrie au détriment des agriculteurs.

 

Cette révolution numérique impose donc de sensibiliser les agriculteurs à ces nouveaux enjeux afin de ne pas creuser les inégalités. Sur ce point, une expérience pilote a valeur d’exemple. La Chambre d’agriculture de Dordogne a, en effet, mis en place une formation sur les applications mobiles pour les agriculteurs du département. Une nécessité pour s’approprier ces nouveaux outils.

 

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