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Qui sont les nouveaux investisseurs du foot français ?

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Ils sont américains, chinois et saoudiens et ils rachètent des clubs historiques mais de second plan. Qu’est-ce qui peut bien motiver ces investissements à la rentabilité aléatoire ?

Coup sur coup, trois clubs français de Ligue 2 (Le Havre et Sochaux) et même de National (Sedan), dont le passé prestigieux ne permet pas – totalement – d’oublier des performances moyennes, ont convaincu des investisseurs aux profils originaux.

 

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Un choix étonnant alors que le football est loin d’être une bonne affaire. Selon le syndicat UCPF, les 40 clubs professionnels (Ligue 1 et Ligue 2) ont atteint un déficit d’exploitation record de 410 M€ en 2014. En Ligue 2, 13 clubs sur 20 sont déficitaires !

 

D’ailleurs, plus de la moitié des clubs pros sont à vendre ou à la recherche d’actionnaires. Et les candidats ne se bousculent pas, les investisseurs préférant des cieux fiscalement plus cléments, comme l’Angleterre.

 

La prudence reste de mise

Il semble pourtant que les industriels des pays émergents misent beaucoup sur le «soft power» pour s’implanter durablement sur le Vieux Continent. Après les Qataris et les Russes, les Chinois (qui bénéficient d’une incitation fiscale pour les acquisitions à l’étranger) ou les Indiens (évoqués pour une éventuelle reprise des Girondins) sont de plus en plus sollicités. Mais les risques actuels d’explosion de bulles financières pourraient mettre un frein à leurs ambitions.

 

Et surtout, la reprise d’un club par un investisseur étranger n’est pas sans risque. Les spécialistes se rappellent de la mésaventure de Grenoble. Racheté en 2004 par Index Corporation, une entreprise japonaise de téléphonie mobile, le GF38 a été le premier club de l’histoire du football français repris par des étrangers.

 

Et après 45 ans d’absence dans l’élite, Grenoble retrouvait la Ligue 1, quatre ans plus tard. Mais, relégué en 2010, le GF38 déposait le bilan en 2011, son actionnaire, déclaré en faillite en 2013, ne pouvant éponger les 2,9 M€ de dettes. Entre les bonnes intentions et la réalité d’une univers où contraintes financières et sportives s’additionnent, réussir dans le foot n’est vraiment pas un jeu.



Vincent Volpé, un Américain au Havre



Alors que l’ancien rugbyman et homme d’affaires Christophe Maillol était annoncé, c’est finalement, à la surprise générale, le patron américain de Dresser-Rand (entreprise de fourniture d’équipements dans le secteur énergétique, 2,65 Mds€ de CA), Vincent Volpé, qui a repris le club de L2.

 

Qu’est-ce qui pousse un industriel américain à investir dans un club de foot français ?

Vincent Volpé : Notre usine du Havre est la plus importante sur le continent européen, et nous y employons 800 collaborateurs sur 8.000 dans le monde. Je suis un Havrais de cœur et d’adoption, je vis ici depuis de nombreuses années, je suis marié à une Dieppoise, qui est d’ailleurs très impliquée à mes côtés dans le projet. En fait, la seule chose qui n’est pas havraise dans cette aventure, c’est mon accent !

 

Quel est le montant de votre investissement ?

Vincent Volpé :  Nous investirons à titre personnel 10 M€ sur 3 ans, dont 3,5 M€ dans le capital du club, immédiatement libéré, pour devenir actionnaire majoritaire, à hauteur de 90%. Les 6,5 M€ restants seront apportés au compte courant, permettant de financer le projet sportif. Notre budget a été validé par la DNCG [Direction nationale du contrôle de gestion, NDLR] et nous avons les moyens de faire une belle saison.

 

Vous êtes-vous fixé des objectifs ?

Vincent Volpé :  J’ai des ambitions élevées ! Nous avons fini la saison dans le milieu du tableau, 7ème de la L2 alors nous devons remonter très rapidement en L1… et y rester. Et je vais m’y impliquer personnellement. Je succède à Jean-Pierre Louvel à la présidence, entouré par un conseil d’administration international. Je vais gérer le club comme je gère mon entreprise. Le dossier de reprise a d’ailleurs été supervisé par le cabinet d’audit Ernst & Young.

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