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Start-up : comment intégrer un accélérateur pour lever des fonds ?

Entreprendre.fr

Publiques ou privées, les structures d'accompagnement des jeunes pousses se multiplient. Au-delà de l'objectif financier, elles visent avant tout à augmenter les chances de réussite. Mais il faut se poser les bonnes questions en amont.

Dans l'écosystème de l'accompagnement des jeunes entreprises du numérique, les accélérateurs ont une place à part. À la différence des incubateurs, qui visent principalement à fournir des ressources matérielles, il s'agit ici d'aider les créateurs à passer de l'idée au projet, en se confrontant à des professionnels, avec comme objectif une levée de fonds en amorçage.

 

Pour cela, les accélérateurs proposent un programme structuré, pendant une durée déterminée (en moyenne entre 3 et 6 mois), avec l'accès aux conseils de mentors. Les accélérateurs se rémunèrent par une prise de participation dans la start-up, si celle-ci voit le jour...

 

Valider son modèle

Pour rejoindre un accélérateur, le porteur de projet est amené à se poser les bonnes questions. Très sollicitées, ces structures peuvent en effet s'offrir le luxe d'être très sélectives. Les dossiers comportent plusieurs dizaines de questions, qui forcent le candidat à mieux définir son marché, sa cible, son positionnement, ses spécificités.

 

Pourtant, comme l'explique Alain Baritault, créateur du Founder Institute Paris qu'il a dirigé pendant 5 ans, et spécialiste des dispositifs d'accompagnement des start-up, le projet initial est rarement celui qui aboutira à la fin du programme. « Il est très rare que les entrepreneurs ne soient pas amenés à effectuer un ou plusieurs pivots, pour adapter leur idée initiale à la réalité des attentes des clients potentiels. L'une des premières sessions que nous avions mises en place s'appelait justement ''Your idea stinks'', littéralement, votre idée pue, pour amener les créateurs à prendre conscience qu'il était très rare qu'une idée soit à la fois originale et pertinente et les amener à revoir leurs fondamentaux. Nous avons toujours en France une culture d'ingénieurs, où on pense davantage à proposer une solution qu'à résoudre réellement un problème. Une start-up, c'est une machine à tester des business models. » Et un programme d'accélération est un excellent moyen d'effectuer cette démarche dans un cadre adapté et, surtout, dans un temps limité.

 

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Être challengé

Si, pour une entreprise, rejoindre un accélérateur a souvent comme objectif final une première levée de fonds en amorçage, l'objectif des structures est d'offrir un accompagnement intensif pendant la période du programme. Les porteurs de projets ont accès aux conseils des professionnels de l'accélérateur, à ceux d'experts spécialistes de différents domaines et, surtout, de mentors, des entrepreneurs chevronnés qui peuvent également leur ouvrir leurs réseaux.

 

Pour Alain Baritault, c'est sur la qualité du programme et de l'accompagnement que tout se joue : « Un accélérateur doit proposer un programme clair et structuré, en apportant aux participants un véritable savoir-faire de terrain. La clé, c'est la qualité des mentors. Mais il faut que les entrepreneurs soient réellement proactifs, qu'ils posent de vraies questions, qu'ils sollicitent des actions concrètes. Comme dans la vraie vie. »

 

Pendant toute la durée du programme, les porteurs de projets doivent en permanence être évalués, par eux-mêmes, par leurs pairs, par les encadrant de la structure et par les mentors. C'est ce qui leur permettra d'être efficaces quand ils présenteront leurs projets à des investisseurs. Même s'il ne faut pas attendre de miracle. « Les premiers tours de table sont pour des montants de quelques centaines de milliers d'euros. Aujourd'hui, les fonds ont tendance à privilégier des entreprises plus matures et à moins investir en amorçage. »

 

Cela étant, ce premier tour de table est souvent une première étape qui permet de lancer réellement l'activité et d'avoir une crédibilité qui sera déterminante pour convaincre d'autres investisseurs, ou les mêmes, d'aller plus loin.

 

Ambitions internationales

Pour séduire les investisseurs, il faut leur offrir de véritables perspectives de croissance. Et pour cela, il est nécessaire de voir grand. « Les start-up françaises ont une réticence à l'international alors que c'est un impératif. Non seulement pour toucher un marché plus large, mais aussi pour offrir aux investisseurs des perspectives de sorties attractives. En France, le marché est peu fluide, il y a trop peu de rachats industriels, trop peu d'introductions en Bourse. »

 

Face à ce constat, les accélérateurs s'internationalisent. « Il y avait jusqu'à peu un véritable déficit d'internationalisation des entrepreneurs en France. Les start-up françaises n'envisageaient pas de s'attaquer à des marchés internationaux et se retrouvaient de fait contraintes à n'être au mieux que des PME de second rang. Pour exister dans ce milieu, il faut avoir une dimension internationale », affirme Raouti Chehih, CEO d'EuraTechnologies.

 

L'accélérateur lillois a donc mis en place un réseau international, avec des implantations à New York, San Francisco, Shanghai, Dubaï et, plus récemment, Belo Horizonte au Brésil, avec le lancement de programmes sur place, en partenariat avec des acteurs et des experts de l'écosystème entrepreneurial local.

 

Parcours difficile

Si être sélectionné par un accélérateur est une première étape pour laquelle il y a peu d'élus, le programme en lui-même n'est pas une simple formalité. « En 5 ans, nous avons accompagné 350 entrepreneurs. Au final, 90 start-up ont vu le jour, dont 30 ont réussi à lever des fonds et une quarantaine est encore en vie. Il ne faut pas oublier que le but d'une entreprise, c'est de créer de la valeur, pas de lever des fonds. Beaucoup de start-up n'ont pas de réelle activité économique, à part chercher des investisseurs. »

 

Pour réussir, il faut donc une réelle motivation : « Certaines structures sont non seulement gratuites, mais apportent un fonds de roulement pour la durée du programme. Nous avions choisi une autre voie, en demandant un droit d'accès de 1.200 €. Parce que payer, c'est un gage de motivation », explique Alain Baritault, qui ajoute : « Malgré cela, nous avions 50% d'abandon en cours de programme... » Pourtant, le jeu en vaut la chandelle et les accélérateurs français peuvent se targuer de belles réussites. À qui le tour ?

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