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Vignoble : les investisseurs chinois toujours plus gourmands

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En 2012, rien que dans le Bordelais, 30 transactions de propriétés viticoles ont impliqué un investisseur chinois… sur 8.000 châteaux.

C’est en Bourgogne que les Chinois ont le plus fait parler d’eux, à commencer par le très discret Louis Ng Chi Sing qui a racheté le château de Gevrey-Chambertin. Le syndicat des vignerons de Gevrey-Chambertin, présidé par Jean-Michel Guillon, avait fait une offre de 4 millions d’euros, au niveau de la valeur estimée du domaine.

 

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Mais... «les propriétaires en voulaient 7 millions», déclarait en août, dépité, Jean-Michel Guillon. Louis Ng Chi Sing, propriétaire de salles de jeu à Macao, a mis 8 millions d’euros sur la table pour prendre possession de ce domaine produisant 10.000 à 12.000 bouteilles par an. Et il a emporté la mise.

 

«On commence à se dire que notre patrimoine fout le camp, car ce n’est pas le seul rachat dans le coin», regrette Jean-Michel Guillon. Louis Ng Chi Sing a tenu à rassurer sur ses intentions, affirmant vouloir «rendre à cette propriété enchantée sa gloire passée». Des mains françaises s’occuperont de la production et le château sera rénové par un architecte français, Christian Laporte.

 

Dinghong, un fonds spécialisé dans le vin

«Concernant le phénomène et l’augmentation des rachats de propriétés françaises par des investisseurs chinois, je ne suis pas de ceux qui s’en alarment. On estime que 25 propriétés environ ont été rachetées à ce jour. Il y en a quasiment 10.000 à Bordeaux…», tente de dédramatiser Philippe Larché, négociant chez Vintex et principal fournisseur du fonds d’investissement chinois Dinghong spécialisé dans le vin. «Peut-être devrons-nous nous inquiéter lorsqu’il y en aura 200 ou 300 ? D’autres vont suivre, c’est certain, mais nous n’en sommes pas encore là !».

 

Philippe Larché ne s’occupe pas de foncier mais de bouteilles. Il achète du vin de Bordeaux et de Bourgogne, «les 2 appellations qui font rêver les Chinois», le stocke pendant plusieurs années en France avant de le distribuer en Chine. Le fonds, créé voici 2 ans par la spécialiste de la finance Christie Lang, est composé d’investisseurs privés et institutionnels.

 

«Ces investisseurs sont généralement des amateurs de vin, ou souhaitent le devenir, et ils investissent avant tout par passion», témoigne Philippe Larché.

Face au vin français qu’il exporte en Chine via Dinghong, Philippe Larché craint-il la concurrence des producteurs chinois qui se sont installés en France ?

 

«Non, un vin français produit par un Chinois ne se vendra pas mieux en Chine ! Ce qui va changer, c’est que le propriétaire chinois va clairement adapter son packaging et son marketing au marché chinois, dans le but de quasiment tout y vendre ! Alors que le propriétaire français garde son packaging habituel pour le vendre dans le monde entier, et à ses clients habituels. De même que le propriétaire chinois va “imposer” son vin dans son réseau de distribution (quasiment tous ceux qui achètent une propriété ont un réseau de distribution en Chine) et a ainsi de grandes chances d’en écouler une grande partie».

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