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Whyers, l'arme anti-disruption des grands groupes

Thibaut Duluoz

Imaginez le fondateur de Blablacar coachant la direction de l’innovation d’une grande banque pour y développer un projet d’économie collaborative. Fondée en 2014, la start-up Whyers propose une approche révolutionnaire en se focalisant non pas sur la start-up mais sur le savoir-faire et le retour d'expérience d’entrepreneurs dont les compétences sont mises à profit pour construire et accélérer des projets sur-mesure au sein des grands groupes. Rencontre avec Julien Masson, CEO de Whyers.

 Whyers permet aux grands groupes de bénéficier des compétences d’entrepreneurs à succès dans leur secteur. Concrètement, qu’apportez-vous aux entreprises ?

 

Nous donnons vie à leurs projets en leur ouvrant l'accès à des retours d’expérience d’entrepreneurs ayant réussi. Prenons le cas d’un porteur de projet au sein d’une entreprise. Il a une « brique » d'idées, identifié une vague problématique, mais la conduite du projet lui semble insurmontable. Avec l'intervention de nos entrepreneurs, il est capable de lancer une expérimentation, financer un pilote au sein de son groupe et l'industrialiser dans la foulée. Nous sommes un accélérateur de projets. Notre mantra est « make (big) things possible », comme disent les Anglo-Saxons. Cette méthode accélère l’exécution de projets en interne, mais à la vitesse start-up, avec souplesse, agilité et à moindre coût.

 

 Whyers propose des projets sur-mesure et coordonne l’offre, l'ambiton ultime étant de convaincre la hiérarchie de lancer la phase d'industrialisation. Comment un entrepreneur modifie-t-il la perception d’un projet porté par un grand groupe ?

Collaborer avec de supers entrepreneurs permet de mettre le doigt sur des opportunités imperceptibles au départ. L'exemple du projet Mister Asphalt (http://www.misterasphalt.fr) en est une très bonne illustration. Ils avaient l'idée d'une solution purement « techno », l'entrepreneur a amené la vision « service ». La combinaison de ces deux approches a donné une autre dimension au projet.

 

 

« Nous sommes des partenaires de la croissance des grands entreprises »

 

 

 L’ensemble des projets accélérés par les entrepreneurs de Whyers représente plus d’un million d’euros d’investissement. Quels bénéfices des sociétés comme Total, Air France, Airbus, BNP peuvent-elles tirer d’un partenariat de ce type ?


Ces partenariats sont générateurs de chiffre d'affaires. Nos entrepreneurs sont avant tout des experts business : nous sommes donc des partenaires de la croissance des grandes entreprises. Plus ils expérimenteront, plus ils mettront le doigt sur de nouvelles pistes et de nouvelles innovations. Ils vont ainsi ouvrir le champ des possibles. Pour eux, c'est très pertinent.

 

 

 En quoi le partage de compétences est-il un levier pertinent pour la direction de l’Innovation de ces groupes ?

 

Nous sommes une arme anti-disruption pour ces grands groupes. Ils sont confrontés à des problématiques liées aux innovations technologiques, comportementales (économie collaborative, par exemple) et sociétales qui bouleversent le paradigme de leur secteur. Nous leur apportons cette nouvelle intelligence contenue dans le savoir-faire d’entrepreneurs. Les startupers se trouvent aux avant-postes des nouvelles tendances, des nouveaux métiers et des nouveaux modèles économiques. C’est cette expertise en matière d’innovation que Whyers offre aux grandes entreprises. Nous versons en quelque sorte une dose d’innovation et de disruption au cœur de projets très concrets. La multiplication de ces projets peut donner un résultat impressionnant en termes de croissance.

 

 

 Quelle est la différence entre un partenariat classique et le partage de compétences proposé par Whyers ?

 

Nous ne présenterons, par exemple, jamais une start-up de la Fintech à une banque. Le partage de compétences ne recèle aucun enjeu de concurrence. Plus largement, notre projet ne consiste pas à « brancher » des start-up avec des grands groupes. Ce qui nous intéresse, c’est la compétence que l’entrepreneur a développé pour créer sa success story. Parce qu’il a une maîtrise totale du sujet, le patron de Blablacar pourrait, par exemple, contribuer à un projet d’économie collaborative au sein d’une banque. De même, un entrepreneur ayant prototypé un objet connecté pour sa start-up pourra reproduire ses compétences en prototypage dans d’autres domaines. Le partenariat et le partage de compétences sont deux approches totalement différentes.

 

 

« Nous offrons une solution à des opérationnels qui veulent aller vite »

 

 

 Qu’est-ce qui convainc les porteurs de projet des grands groupes de faire appel à un startuper de la communauté Whyers ?

 

Le mort d’ordre que nous souhaitons transmettre aux grands groupes est d’abord une invitation à s’ouvrir à l’externe, à des entrepreneurs talentueux aux compétences exceptionnelles. Ils ont tout à y gagner. Nous offrons une solution à des opérationnels qui veulent aller vite et qui souhaitent convaincre leur hiérarchie de financer le projet.

 

 

 Qu’est-ce qui pousse un entrepreneur à succès à prendre part à un projet au sein d’une grande entreprise ?

 

Ils ont le goût du partage. Beaucoup d'entrepreneurs sont de la génération Facebook, habitués à évoluer dans un climat de collaboration. C’est un état d’esprit. Ensuite, ils aiment les challenges intellectuels. D’abord et avant tout parce que les projets que nous leur soumettons ne correspondent pas forcément à leur domaine : nous partons du principe que leur compétence est transposable à un autre secteur. Intellectuellement, c'est stimulant.

 

 

 En quoi consiste la collaboration des entrepreneurs ?

 

Ces projets s’étalent en général sur quelques mois. L'entrepreneur ou l’équipe d’entrepreneurs intervient entre une et trois journées pour donner sa vision du projet, mais il n’exécute pas le projet : il ouvre son savoir-faire à un grand groupe. En enrichissant ces projets, on leur donne vie et, in fine, cela génère de la croissance.

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